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I.f.c (Institut français du Congo) : Une table-ronde sur la scolarisation des filles

L’I.f.c (Institut français du Congo), à Brazzaville, a saisi l’occasion de la tenue de la 7ème édition de la nuit des idées, une initiative lancée depuis 2016 sur le plan international, pour organiser, jeudi 27 janvier 2022, une table-ronde sur le thème: «Scolarisation des filles au Congo-Brazzaville, vers une société plus égalitaire?».

A l’ouverture de cette table-ronde, Regis Segala, directeur adjoint de l’I.f.c, faisant le rappel de l’évènement, a dégagé son intérêt: «Chaque année, l’Institut français invite tous les lieux de culture et de savoir en France et sur les cinq continents à célébrer, ensemble, la libre circulation des idées et des savoirs, en proposant des conférences, rencontres, forums et tables-rondes, mais aussi des projections, des performances artistiques et des ateliers de jeunesse autour d’un thème, pour explorer la résilience et la construction des sociétés à des défis singuliers, les solidarités et les coopérations entre les individus, les groupes et les Etats, la mobilisation des sociétés civiles».
Quatre éminentes femmes ont animé la table-ronde consacrée à la thématique de la scolarisation des filles au Congo-Brazzaville: les professeures Yolande Berton Ofouémé, vice-présidente, chargée des affaires académiques de l’Université Marien Ngouabi, et Scholastique Dianzinga, historienne; la philosophe docteure Justine Martin, cheffe de projet Appui à la modernisation de l’enseignement supérieur (Ames) à l’A.f.d (Agence française de développement) Congo, et la magistrate Lenda Sitou Milandou, substitut du procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Brazzaville.
La modération était assurée par Mme Lisa Leroy, étudiante en master de recherche en histoire contemporaine de l’Afrique, à l’Université de Lyon II, en France.
Dans l’assistance, il y avait quelques personnalités, dont François Barateau, ambassadeur de France, et Lionel Vignacq, conseiller de coopération et d’action culturelle, directeur de l’I.f.c.
Le constat qui s’est dégagé de ce débat est que le niveau d’instruction est intimement lié à l’émancipation des femmes. On ne peut pas construire une société plus égalitaire, sans mettre en exergue cette question de l’accès des filles à l’éducation. L’école est le lieu où se façonnent les sociétés. Au Congo, les femmes, qui représentent 52% de la population, sont concernées par les défis auxquels le pays doit faire face. Il est donc juste et nécessaire qu’elles participent à la prise des décisions dans tous les domaines. Mais, la femme n’est pas encore suffisamment prise en compte. Quelques pistes de réflexion ont été dégagées, pour tendre à une société plus égalitaire.
«Les derniers chiffres ont montré que le taux de scolarisation au niveau primaire en 2012 était environ à 90% et en 2018, ce taux était autour de 80%». Il faut refaire des études pour 2022, a relevé Mme Lisa Leroy, sur la régression du taux de scolarisation des filles au Congo.
Pour Mme Yolande Berton Ofouémé, «de façon globale, le taux de scolarisation des filles n’est pas en régression, dans la mesure où au niveau de l’enseignement primaire et secondaire, le taux a été significativement amélioré. Le problème se pose au niveau de l’enseignement supérieur. A ce niveau, les effectifs des filles restent faibles. Sur près de 60.000 étudiants que nous avons à l’Université Marien Ngouabi, il n’y a que 6% de filles. Si nous avons 100 étudiants ou 100 doctorants qui présentent leur thèse, sur ce nombre, nous n’avons que 3% de filles. C’est encore faible. Aujourd’hui, nous, femmes, nous nous battons pour que les femmes occupent des postes de responsabilité. Dans le domaine de l’enseignement supérieur, il y a des critères de recrutement. Si, les femmes ne soutiennent pas leurs thèses, elles ne pourront pas postuler à des postes au niveau de l’enseignement supérieur. Cela veut dire qu’à un certain moment, les femmes risquent de disparaître de l’enseignement supérieur à l’Université Marien Ngouabi. Il faut que les jeunes filles d’aujourd’hui prennent conscience du fait qu’elles soient les femmes de demain. Elles doivent travailler et persévérer dans leurs études universitaires, pour pouvoir nous remplacer demain».

Martin
BALOUATA-MALEKA

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