I.f.c de Brazzaville (Institut français du Congo)

Projection de deux films documentaires sur la guerre d’agression russe en Ukraine

L’ambassadeur de France, François Barateau, a ouvert, mardi 15 novembre 2022, dans la salle André Gide de l’I.f.c (Institut français du Congo), la première séance de projection de deux films documentaires sur la guerre d’agression russe en Ukraine. C’était en présence du ministre de la communication et des médias, Thierry Lézin Moungalla, des journalistes et des étudiants. Déclenchée sur ordre du Président russe, Vladimir Poutine, le 24 février 2022, la guerre d’invasion de l’Ukraine par l’armée russe est d’une gravité inédite au 21ème siècle. Ces deux films documentaires ont été projetés au public à l’I.f.c, mardi 22 novembre, avec entrée gratuite.

Le premier documentaire, «Moscou, l’info dans la tourmente», est une immersion exceptionnelle dans les studios de Dojd, le principal média d’opposition en Russie. Suivi par dix millions de spectateurs, ce média refuse le discours de propagande imposé par le Kremlin et propose des informations alternatives qui gênent le pouvoir russe, au point de devenir la cible de ses pressions financières et morales.

François Barateau
François Barateau

Le second film documentaire est intitulé «Crimes de guerre: le visage des bourreaux». Il reflète la terreur de la guerre vécue au quotidien par les populations ukrainiennes et met en lumière les crimes qui ont eu lieu dans les territoires occupés par les troupes de l’agresseur russe. De Boutcha à Marioupol, en passant par Irpin, les exactions, les viols, les massacres de civils ont été légion. Dans l’optique de documenter ces crimes de guerre et d’enquêter sur les atrocités en toute indépendance, les équipes du film ont recueilli des dizaines de témoignages de rescapés ou de proches de victimes. Ces équipes ont filmé le visage de plusieurs soldats russes recherchés pour ces exactions.

Le diplomate français a salué «le courage et la détermination de ces journalistes». Dans son discours du 14 juillet dernier, à l’occasion de la célébration de la fête nationale française, il avait critiqué «la décision irresponsable du Président de la Russie de déclencher, au mépris de ses propres engagements et de tous les efforts de conciliation menés par les uns et les autres, une guerre d’invasion dévastatrice en Ukraine, rallumant ainsi, au cœur de l’Europe, le souvenir d’horreurs que l’on croyait appartenir au passé et foulant au pied les fondements mêmes de l’ordre international, certes perfectibles, mais laborieusement élaborés au sortir du second conflit mondial précisément pour éviter la réapparition de tels cauchemars».

François Barateau a pris le contre-pied de ceux qui pensent que ces responsabilités sont partagées. «Alors, j’entends dire, ici ou là, que la responsabilité de ces immenses destructions humaines et matérielles serait finalement, à bien y regarder, partagée entre toutes les parties impliquées de force par Moscou dans ce conflit d’un autre âge», a-t-il poursuivi. «Fallait-il pour l’Europe ne rien faire et laisser ainsi triompher cette manifestation délirante d’une logique de puissance effrénée, fondée sur un révisionnisme historique ravageur? Bien évidemment non! Sous la présidence française, l’Union européenne s’est donc mobilisée, comme jamais, pour faire front à cette terrible épreuve», a-t-il déclaré.

«Alors, soutenir le peuple ukrainien et défendre la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues, ce n’est donc, pas seulement, venir en aide à une Nation agressée, c’est aussi sauvegarder le droit international et les principes de la coexistence pacifique qui sont les fondements mêmes de la Charte des Nations unies à laquelle nous avons tous adhéré», a-t-il poursuivi.

Du côté français l’on pense que «la Russie a le pouvoir d’arrêter tout cela, maintenant. Il lui suffit de faire taire les armes et retirer ses troupes d’Ukraine pour laisser, enfin, place à un dialogue dans l’horreur et la raison, issue inéluctable du conflit».

«L’ambassade de France à Brazzaville a choisi de projeter ces deux documentaires, parce qu’il n’est pas possible de fermer les yeux sur les souffrances endurées par le peuple ukrainien. L’information sur le conflit est cruciale pour nous rappeler le quotidien vécu par les soldats, les civils, les hommes et les femmes meurtris et endeuillés par des mois de barbarie. Nous ne devons pas nous y habituer. Si ces films répondent ainsi à la nécessité de dire l’horreur de la guerre qui sévit dans l’Est européen, ils veulent aussi montrer l’envers du décor, celui de la guerre de l’information», a-t-il expliqué.

Chrysostome FOUCK ZONZEKA