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Habib Tolokoum, ancien agent de la Société forestière Sefyd, dans la Sangha : «Dans l’exercice de mon travail, j’étais incapable de faire respecter la loi forestière»

Habib Tolokoum, ancien agent de la Société forestière Sefyd, dans la Sangha : «Dans l’exercice de mon travail, j’étais incapable de faire respecter la loi forestière»

Ancien agent de la Société forestière Yan Dong (Sefyd), installée depuis 2007 au village Cabosse, à 30 Kms de Souanké, sous-préfecture se trouvant à 280 km de Ouesso, dans le Département de Sangha, Habib Tolokoum, leader communautaire, se dit offusqué par le non-respect des normes instaurées par la loi, dans l’exploitation forestière pratiquée par la société chinoise. Nous l’avons rencontré dans son village Dia, situé dans la sous-préfecture de Sembé. Dans l’entretien avec lui, il a déclaré que «dans l’exercice» de son travail, il était «incapable de faire respecter la loi forestière». Voici ce qu’il révèle.

*Monsieur Habib Tolokoum, pourquoi avez-vous quitté la société Sefyd?

** J’étais embauché à la Sefyd comme responsable social à la cellule d’aménagement. J’assurais la courroie de transmission entre la population et la société. J’ai trouvé que par rapport au poste que j’occupais, j’étais mal rémunéré,avec une somme dérisoire de 100.000 francs Cfa par mois. Certains collègues, qui n’occupaient pas des postes comme moi, étaient mieux rémunérés. La société n’ayant pas accepté de revaloriser ma rémunération, j’ai pris la décision de démissionner et je suis parti.

*Est-ce que vous aviez soumis vos doléances aux responsables de la société?

** J’avais soumis mes doléances, à plusieurs reprises, à Mme Tchen, la directrice générale de la société. Malheureusement, aucune satisfaction n’avait été apportée à ma revendication. La Sefyd est une société, je peux dire, qui vit à sa manière.Elle impose les salaires à sa façon aux employés. La preuve, on peut trouver un ramasseur de bois à la scierie qui est mieux payé qu’un responsable à la conception et à la production des données qui servent au Ministère de l’économie forestière. Les catégories règlementaires ne sont pas respectées. Il y a aussi une absence de contrats. Durant les 39 mois où j’ai travaillé dans cette société, je n’ai jamais vu un contrat signé par un travailleur.

*Est-ce que vos collègues ne vous ont pas soutenu?
** Ils m’ont soutenu. Certains me proposaient même de revenir. Personnellement, je ne compte plus repartir. Je suis fils de planteur. J’avais abandonné mon champ de cacao. Je croyais que le travail à l’entreprise pouvait me donner un plus. Mais avec ma famille, surtout les enfants qui sont à l’école, je n’ai pas pu m’en sortir avec un salaire minable. J’ai préféré regagner mes travaux champêtres et abandonner le travail à l’entreprise.

* Quel rapport aviez-vous avec l’administration de l’économie forestière pour parler des coupes de bois, si elles sont respectées par la Sefyd?
** Les coupes de bois ne sont pas respectées par la Sefyd. Je suis un enfant de cette zone. Si on est venu me chercher pour travailler à la Sefyd, c’est pour apaiser les tensions qui existaient entre la population et la société. Dans l’exercice de mon travail, j’étais incapable de faire respecter la loi forestière. Les conventions que l’Etat a signées ne comptent pas pour la Sefyd. Même le plan d’aménagement élaboré par la société elle-même n’est pas respecté dans ses aspects sociaux. Le plan a été adopté depuis le 28 juillet 2017, à Ouesso, en présence de la ministre de l’économie forestière, Mme Rosalie Matondo. C’est même moi qui l’interprétait en langue vernaculaire. Une disposition du plan d’aménagement stipule que les populations doivent bénéficier du Fonds de développement local (F.d.l), les 200 francs Cfa par mètre-cube de bois exploité, qui sont passés maintenant à 1000 francs Cfa, avec le nouveau code forestier promulgué en juillet dernier.
De 2017 jusqu’aujourd’hui, ce fonds n’a jamais vu le jour. C’est beaucoup de millions que la société devait verser à ce fonds. Jusqu’aujourd’hui, on ne parle pas de ce fonds. L’administration ne réagit pas. Au contraire, on accorde seulement des avantages à la société.

*Y a-t-il des conflits entre les Bantous et les populations autochtones?

** J’ai créé une association à but non lucratif appelée «Idoua Bola», qui veut dire, en langue baaka, des Autochtones: ‘‘Venez nous aider, nous souffrons’’. Dans la plupart des villages, les Bantous font travailler les populations autochtones, mal récompensées. Cela devient comme l’exploitation de l’homme par l’homme. Ces populations n’ont vraiment pas la parole devant les Bantous. Il faut que les organisations non-gouvernementales puissent se lever, pour mieux les orienter et les accompagner, pour leur épanouissement.
Propos recueillis par Martin

BALOUATA-MALEKA

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23 octobre 2020, 03: 13

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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