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sam 3 décembre 2022
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François Barateau : «La démocratie est un processus très sensible, compliqué et délicat»

Conférence de presse de l’ambassadeur de France

«La démocratie est un processus très sensible, compliqué et délicat»

A l’occasion de la fête nationale de la République Française, le 14 juillet 2022, l’ambassadeur de France, François Barateau, a donné une conférence de presse, dans la matinée, à sa résidence officielle, la Case De Gaulle, à Bacongo, le deuxième arrondissement de Brazzaville. Au cours de ce rendez-vous appelé «café-presse», il a échangé avec les journalistes congolais sur les questions relatives aux relations entre son pays et le Congo, l’avenir de la relation franco-africaine et dressé le bilan de l’Equipe France au Congo.

François Barateau pendant la conférence de presse.
François Barateau pendant la conférence de presse.

Actualité nationale oblige, le diplomate français ne pouvait pas échapper à être questionné sur le processus électoral qui se déroule dans le pays et dont on attend d’ailleurs les résultats. A ce propos, François Barateau s’est montré très prudent et a objectivement reconnu qu’il n’était pas observateur des élections. Il ne peut donc pas donner d’appréciation. Par contre, il s’est félicité du calme qui a régné pendant le vote. «La démocratie est un processus très sensible, compliqué et délicat. Chacun le fait progresser à sa façon. Les Congolais le font à leur manière. J’observe une chose: cela s’est passé dans le calme. Ce qui est déjà bien et il faut s’en féliciter. On attend les résultats, on les analysera pour voir quel est le nouveau visage de l’Assemblée nationale», a-t-il déclaré.
La question qui lui a été posée est celle-ci:
«Sur le processus électoral en cours (au Congo), en votre qualité de partenaire, quelle est l’observation que vous faites entre l’organisation l’année dernière de la présidentielle et ces législatives?».
Voici sa réponse: «Je n’ai pas observé les élections ni celles-ci, ni les précédentes. Certains ambassadeurs l’ont fait. C’est le choix qui leur a été offert par les autorités congolaises. Moi-même, je ne l’ai pas fait. En terme juridique international, observer une élection, c’est quelque chose de complexe, qui commence bien avant, pendant tout le processus électoral, et s’achève bien après. Si seulement, c’est le jour du scrutin, techniquement, cela n’a pas de sens et d’intérêt. Moi, en tant qu’observateur de la scène politique, social et économique du pays, j’ai observé. Mais techniquement parlant, je n’étais pas un observateur. L’essentiel sur ce sujet est de rappeler que la démocratie est un processus qui s’améliore au fur et à mesure. Un cheminement qui n’est jamais achevé et en France non plus. Aujourd’hui, il y a le désintérêt démocratique qui est perceptible en France, qui se traduit notamment dans les moments des élections. Moins de la moitié des Français se déplacent pour élire leur Président. C’est préoccupant. Je me garderais de donner une leçon à qui que ce soit. La démocratie est un processus compliqué et délicat, très sensible. Chacun le fait progresser à sa façon. Les Congolais le font à leur manière. J’observe une chose: cela s’est passé dans le calme. Ce qui est déjà bien et il faut s’en féliciter. On attend les résultats, on les analysera pour voir quel est le nouveau visage de l’Assemblée nationale».

Le journaliste Chrysostome Fouck Zonzeka (au milieu).
Le journaliste Chrysostome Fouck Zonzeka (au milieu).

Beaucoup d’autres points ont été abordés, dans l’introduction et dans les réponses aux questions des journalistes. François Barateau a saisi l’opportunité pour rappeler, dans son mot introductif, le sens de la date du 14 juillet: «Juste un mot sur l’événement du 14 juillet: la prise de la Bastille que vous connaissez tous. Comme tout événement historique, celui-ci a fait des débats entre historiens sur la réalité de l’événement, parce qu’il y avait beaucoup de fantasmes et de fausses informations. Après le recul, on se rend compte qu’il ne s’est pas passé grand-chose. Mais, le symbole est là. Ce qui est important dans l’histoire, c’est le symbole. On ne sait pas ce qui s’est réellement passé: bataille ou pas bataille; libération des prisonniers ou pas. Les experts sont là pour en parler. A la chute d’un système monarchique absolue et à la passation du pouvoir à quelque chose qui allait ressembler à une République, avec des heurts que vous connaissez. C’est un bouleversement historique important. C’est ce que nous fêtons. Je vous rappelle que la France et le Congo, c’est une affaire de liens humains et d’histoire d’une profondeur exceptionnelle. Et plusieurs entreprises françaises sont au Congo».

Les échanges culturels

«Aujourd’hui, on a la chance d’avoir des outils efficaces en ce qui concerne la culture. C’est l’Institut français du Congo avec deux antennes à Brazzaville et à Pointe-Noire, qui travaillent beaucoup et qui font beaucoup de choses. Je m’en félicite. C’est leur vocation d’aider à la valorisation de la culture locale. La culture, elle n’est rien et elle est tout, essentielle pour l’épanouissement des hommes. Nous avons joué un rôle dans le processus de l’inscription de la rumba au patrimoine immatériel de l’humanité. Nous avons appuyé les efforts qui étaient menés par les autres. Nous avons fait des choses avant le 14 décembre 2021, le jour de la décision de l’Unesco et nous avons fait des choses après, avec une série de concerts à l’Institut français à Pointe-Noire, avec des artistes de renom comme Sam Mangwana. Ce soir, nous aurons de la musique rumba dans le jardin de la Case De Gaulle. C’est une dimension intrinsèque de notre présence ici, pour la promotion culturelle et l’échange entre les hommes. Nous allons également travailler dans la politique muséale et mémorielle, à la demande du Ministère de la culture».

Ukraine: la faute à la Russie, pas aux pays qui ont pris des sanctions

«La guerre de la Russie en Ukraine est un sujet d’actualité. Il n’y aurait pas ces difficultés s’il n’y avait pas la guerre. Les sanctions qui ont été prises par certains pays, elles sont dictées par la guerre voulue par Moscou. La responsabilité est du côté de Moscou, pas des pays ayant pris des sanctions. Ces sanctions n’ont pas inclus les denrées alimentaires et les engrais. La Russie, par sa politique de la terre brulée et de son agression militaire, par sa destruction volontaire de stock de céréale et sa politique de blocage des ports d’exportation des céréales ukrainiens, est en train de déclarer la guerre à la sécurité mondiale alimentaire».

Photo de famille de François Barateau et des journalistes congolais conviés à son café-presse.
Photo de famille de François Barateau et des journalistes congolais conviés à son café-presse.

Relations bilatérales: au beau fixe

Concernant les relations entre la France et le Congo, François Barateau s’est félicité des échanges entre les deux pays. De nos jours, il y a 42.000 Congolais résidant en France dont 6.000 étudiants. De 2019 à nos jours, l’Ambassade de France a reçu 15.000 dossiers de demande de visas et accordé 11.000 visas, un niveau de pourcentage important.

Propos recueillis par Chrysostome FOUCK ZONZEKA

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