Dans le cadre du Projet femmes et sciences que pilote la Fondation congolaise pour la recherche médicale, que dirige la pro­fesseure Francine Ntoumi, une séance de projection du film documentaire intitulé: «Femmes et sciences en Afrique: une révo­lution silencieuse», suivie d’échanges, a été organisée, mercredi 30 mars 2022, à l’Insti­tut français du Congo, à Brazzaville, en pré­sence de Mme Kate Thompson-Gorry, la ré­alisatrice, Michel Werterlin, le producteur, et la professeure Francine Ntoumi, l’une des trois actrices du documentaire.

D’une durée de 51 minutes, le film documentaire, ré­alisé pendant six semaines et sorti en 2019, retrace le parcours de trois femmes scientifiques africaines d’ex­ception, dont la professeure Francine Ntoumi du Congo (biologiste moléculaire), la Sud-africaine Tebello Nvkong (chimiste) et la Malgache Zara Randriamanakoto (as­trophysicienne).

Grâce à leurs travaux de recherches, elles sont par­venues à émerger dans le monde très concurrentiel de la recherche scientifique. La grande salle Pierre Savorgan de Brazza de l’Institut fran­çais du Congo était pleine de monde, notamment des élèves et des étudiants, avec une prédominance des filles et des femmes, à l’occasion de cette soirée.

Après la projection du film documentaire, une séance d’échanges a eu lieu avec les participants, pour mieux faire comprendre au public l’engagement des trois Afri­caines dans le monde des sciences. Le panel face au public était composé de Mme Francine Ntoumi, Mme Justel Pianda, manager générale de la société Lamuka, une agence de communication évènementielle, Mme Kate Thompson-Gorry et Michel Werterlin.

Répondant aux préoccupa­tions des participants, au re­gard des conditions d’études, notamment des étudiants, la professeure Ntoumi a d’abord relevé que «la langue de la science, c’est l’anglais. Si, on veut faire de la science, il faut apprendre l’anglais, pour pouvoir com­muniquer avec les scienti­fiques du monde entier». Elle a expliqué que la science est faite pour être partagée. Il n’y a pas de science africaine ou européenne. «Nos gouverne­ments doivent mettre assez de financements pour déve­lopper à fond les recherches scientifiques menées sur le continent, pour être en compétition avec les autres. Sinon, on sera hors-jeu», a-t-elle dit.

Pour elle, le film documen­taire représente un bel outil de plaidoyer pour montrer l’importance des femmes scientifiques africaines sur le continent. «L’important est que les jeunes Congolais s’approprient ces exemples, pour se rendre compte qu’il est possible d’exceller dans les sciences, en étant en Afrique avec des conditions modestes, parce que les trois exemples sont les femmes qui se sont forgées un destin à force de travail», a-t-elle précisé.

Pour sa part, Michel Werter­lin a fait savoir que «l’ambi­tion de ce film est de montrer les femmes d’exception en Afrique, des chercheuses, des scientifiques et mettre en lumière les jeunes talents».

«A travers ce film, j’ai vou­lu donner une voix à ces femmes et faire connaître cette révolution. Mon métier de réalisatrice est, avant tout, de raconter des histoires qui peuvent porter, inspirer et faire découvrir des choses et des personnes qu’on ne connait pas forcément», a confié, pour sa part, Mme Kate Thompson-Gorry, la réalisatrice, qui est partie découvrir les trois femmes scientifiques durant le tour­nage du film documentaire qui a remporté les prix du meilleur documentaire, du meilleur film sur l’autonomi­sation des femmes et celui du grand prix du Festival «Africa film for impact-2020».

Martin BALOUATA-MALEKA

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