La F.a.f.a (Fédération des architectes francophones d’Afrique), en collaboration avec l’O.a.c (Ordre des architectes congolais), a organisé, le 26 novembre 2022, à l’Hôtel Radisson Blu, à Brazzaville, ses assemblées générales ordinaire et extraordinaire, sous le thème: «L’architecture pour le bien-être: réparer la ville». C’était sous le patronage de son président, José-Luis Cortes Delgado, en présence du président de l’Union internationale des architectes, Fodé Diop, de la présidente de l’Alliance des architectes francophones, Sehinabou Yolande Doukouré, du président de l’O.a.c, le député Antoine Béli Bokolojoue, et des étudiants de l’Université Denis Sassou-Nguesso inscrits en urbanisme et en architecture.

Les assemblées générales de la Fafa ont permis de mettre en place les nouvelles instances dirigeantes. Ainsi, la présidente sortante, l’Ivoirienne Sehinabou Yolande Doukouré, a été confirmée à la tête du conseil d’administration de sept membres pour un nouveau mandat de trois ans. La vice-présidence chargée du genre et de l’insertion des jeunes architectes a été confiée au Congolais Gervais Aurélien Dibantsa et le siège de cette organisation a quitté la Tunisie pour le Benin.
A la cérémonie d’ouverture présidée par le député maire de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, cinq allocutions ont été prononcées. Pour Antoine Béli Bokoloujoué qui s’est réjoui de la tenue de cet événement dans la capitale congolaise, «Brazzaville, comme d’autres villes de la sous-région, fait face à un double défi, celui de maîtriser l’extension de l’espace urbain, lié à la croissance démographique».
José-Luis Cortes Delgado a réaffirmé le thème des assemblées générales. «Nous avons besoin des architectures pour rebâtir nos villes», comme après la Seconde guerre mondiale, quand en 1948 fut créée l’Union internationale des architectes, a-t-il fait savoir.
«La F.a.f.a a été créée pour faire la promotion de l’architecture et des architectes utilisant le français comme langue de travail. Elle compte aujourd’hui 18 pays membres, ce qui lui confère une envergure crédible, au service de la communauté, des architectes et de leurs ordres et associations, avec pour ambition de s’assurer de la qualité de nos villes et de la formation initiale à travers des mises à niveau perpétuelles à caractère scientifique, à travers nos assemblées générales», a rappelé Fodé Diop.
«L’architecte est une profession ressource, une compétence reconnue par des textes. Il travaille avec des ingénieurs, des urbanistes, des écologistes, des juristes et des médecins, pour trouver des solutions et des méthodes d’analyse. Le dérèglement climatique a entraîné plusieurs dommages. L’urbanisme et l’architecture sont deux métiers qui doivent nous permettre de repenser nos villes», a déclaré Mme Sehinabou Yolande Doukouré.
«Le choix du thème du forum n’est pas fortuit. Il répond non seulement au cadre général des O.d.d, mais aussi à la politique générale d’urbanisme pour laquelle le Président de la République Denis Sassou-Nguesso s’emploie, pour améliorer l’attractivité de nos villes et le bien-être des populations congolaises». «C’est dans cette perspective que nous avons décidé de confier la réflexion sur nos cités urbaines aux professionnels de la ville», a déclaré le maire Dieudonné Bantsimba dans son allocution d’ouverture.
Le thème de la rencontre était développé par Fodé Diop, Sehinabou Yolande, Antoine Béli Bokolojoue, Jean-Philippe Badinga, Leyla Ben Jeddou et Mohammed Abdelh Halim Faidi, dans une modération d’Aimé Césaire Mbra. Le principe étant que c’est l’homme qui gâte la ville, c’est donc lui qui doit la réparer.
Si le travail des architectes n’est pas valorisé, la ville ne sera pas réparée. La ville est un milieu physique, une cité. Pour les architectes, il la faut conceptualiser pour qu’il y fasse beau vivre. Il faut cesser avec l’occupation anarchique des terrains dans les villes. Les pouvoirs publics doivent y veiller, afin d’éviter les catastrophes naturelles comme les éboulements de terrain, les érosions et les inondations.
Lorsqu’on observe une ville, il y a une question liée au choix des matériaux et une inadéquation de la ville avec notre mode de vie actuel. Donc, il faut adapter la ville aux défis actuels et ceux du futur. Il faut diversifier les activités des habitants dans une ville. Des conseils ont été aussi aux architectes par rapport à leur métier, dans le développement des villes. Bref, le rendez-vous de Brazzaville a été un grand moment de réflexion sur le rôle de l’architecte sur l’avenir des cités urbaines africaines.

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA