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Europe orientale : Vladimir Poutine a lancé son armée envahir l’Ukraine

Depuis jeudi 24 février 2022, vers 4h du matin, l’armée russe a lancé une grande offensive pour envahir l’Ukraine, un pays voisin de la Russie, aussitôt après une déclaration surprise à la télévision du Président russe, Vladimir Poutine.

Le Président russe, Vladimir Poutine.
Le Président russe, Vladimir Poutine.

«J’ai décidé de mener une opération militaire spéciale. Son objectif est de protéger les personnes qui, pendant huit ans, ont été victimes d’abus et de génocide de la part du régime de Kiev», a-t-il déclaré, pour défendre les séparatistes russophones de la région du Donbass en proie, depuis 2014, à un conflit armé contre Kiev. Au pouvoir depuis mai 2019, le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky (44 ans), qui se dit être «la cible numéro un» des Russes, a appelé son peuple à la lutte armée, tout en appelant les Occidentaux à aider son pays.

La guerre fait désormais rage en Ukraine! Le pays subit les bombardements de l’armée russe qui n’épargnent pas les cibles civiles et dont l’offensive rencontre une farouche résistance de l’armée ukrainienne, aidée par des civils encouragés par le Président Zelinsky à prendre les armes. Le bilan est en train de s’aggraver jour après jour. Le Ministère ukrainien de la santé a évoqué 352 civils tués, dont 14 enfants et 2.040 blessés, au quatrième jour de guerre. Sur une population ukrainienne de près de 44 millions d’habitants, plus de 700.000 Ukrainiens et des ressortissants étrangers vivant dans ce pays bombardé ont déjà fui pour se réfugier dans les pays voisins, en Roumanie et en Pologne. 16.000 étudiants africains tentent d’échapper aussi aux bombardements en gagnant les pays voisins et disent être victimes de racisme. «Les rapports selon lesquels les Africains sont l’objet d’un traitement différent inacceptable seraient choquants et racistes et violeraient le droit international», a réagi l’Union africaine, dans une déclaration, le 28 février.
L’invasion russe de l’Ukraine est sévèrement condamnée par les Nations unies et les capitales occidentales qui ont, cependant, renoncé à envoyer leurs soldats sur le champ de bataille, préférant soutenir l’Ukraine par l’aide militaire et humanitaire et par une batterie de rudes sanctions (politiques, économiques, financières, aériennes et même culturelles et sportives) contre la Russie. Vladimir Poutine, traité comme un dictateur par le Président américain Jo Biden, est visé par ces sanctions occidentales de nature à l’isoler sur la scène internationale comme une paria.
L’Union africaine a fait entendre sa voix dès le début de l’invasion. En effet, son Président en exercice, le Sénégalais Macky Sall, et le président de la commission, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, ont exprimé «leur extrême préoccupation face à la très grave et dangereuse situation créée en Ukraine». Ils ont appelé «la Fédération de Russie et tout autre acteur régional ou international au respect impératif du droit international, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale de l’Ukraine» et exhorté «les deux parties à l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu et à l’ouverture sans délai de négociations politiques sous l’égide des Nations Unies, afin de préserver le monde des conséquences d’un conflit planétaire, pour la paix et la stabilité dans les relations internationales au service de tous les peuples du monde». Le Royaume du Maroc a rappelé «son soutien à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de tous les Etats membres des Nations unies» et «son attachement au principe de non-recours à la force, pour le règlement des différends entre Etats», tout en «encourageant toutes les initiatives et actions favorisant un règlement pacifique des conflits». Si quelques pays africains ont adopté la même attitude, beaucoup d’autres comme le Congo-Brazzaville demeurent silencieux face à cette guerre impliquant la Russie qui entretient de bonnes relations diplomatiques avec de nombreuses capitales africaines. Les deux parties en conflit ont effectivement ouvert des négociations, lundi 28 février, à la frontière avec la Biélorussie, à l’appel du Président Poutine. Mais, le premier round de pourparlers n’est pas concluant. Le Président russe réclame la reconnaissance de la Crimée en tant que territoire russe, un «statut neutre» de Kiev et la «dénazification» de l’Ukraine. Ce que rejette évidemment le Président ukrainien. Pays faisant partie de l’ex République Soviétique, l’Ukraine est écartelée entre les influences de l’Union européenne et de la Russie. En 2005, une «révolution orange», portée par les populations de l’Ouest (catholique et pro-occidentale) survient pour réclamer l’adhésion à l’Union européenne et à l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique Nord). Mais, les populations de l’Est du pays, en majorité russophones, s’y opposent. Un Président pro-occidental, Viktor Louchtchenko, est élu et commence les négociations pour l’adhésion de son pays à l’U.E. En 2010, l’élection de Viktor Ianoukovitch, Président pro-russe, met un coup de frein à ce processus et c’est le feu aux poudres qui se traduit par des rébellions dans le Donbass.
L’élection de Volodymyr Zelensky, un Président prooccidental, en mai 2019, redonne l’espoir au courant favorable à l’Union européenne. Le 24 février 2022, Vladimir Poutine, qui a reconnu l’indépendance de la Crimée et des deux provinces du Donbass, réagit en envahissant l’Ukraine, sous prétexte de protéger les populations des deux provinces du Donbass. Mais, sa guerre d’invasion est une vraie menace à la paix en Europe, d’autant plus que le Président russe est tenté de recourir à sa puissance nucléaire, alors que les Occidentaux se sont engagés à soutenir l’Ukraine, même si pour l’instant il n’est pas question d’envoyer des soldats.

Jean-Clotaire DIATOU

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