Le taux de mortalité générale est de 11,25 pour mille en 2012. La mortalité est légèrement plus élevée chez les femmes comparée aux hommes: 4,4 pour mille chez les hommes et 5,4 pour mille chez les femmes âgées de 15 à 49 ans en 2012. Ces chiffres ne diffèrent pas significativement des moyennes de la région Afrique. Cependant, les moins âgés meurent moins que les plus âgés.

L’espérance de vie des Congolais a connu une augmentation au cours des deux dernières  décennies.
L’espérance de vie des Congolais a connu une augmentation au cours des deux dernières
décennies.

L’espérance de vie des Congolais a connu une augmentation au cours des deux dernières décennies. En effet, l’espérance de vie à la naissance, qui était de 55,1 ans en 1990 est passée à 61,7 ans en 2013, soit une augmentation de 6,6 ans en 23 ans. L’espérance de vie à la naissance était de 58 ans chez les hommes et 60 ans chez les femmes en 2013. Ces chiffres sont à considérer en parallèle de la réduction globale du nombre de décès aussi bien chez les adultes que chez les enfants. Ainsi, dans les conditions de mortalité actuelle, un nouveau-né de sexe féminin né en 2017 peut espérer vivre en moyenne 60 ans et un nouveau-né de sexe masculin, 58 ans.
À 60 ans, ce sont 17 années de vie supplémentaires qui pourraient être escomptées au Congo avec un léger avantage pour les femmes comparées aux hommes, soit 18 ans pour les femmes et 17 ans pour les hommes. Ces chiffres ne diffèrent pas significativement des moyennes de la région Afrique.

La santé de la mère

Comme le montre le Graphique n°2, le ratio de mortalité maternelle a connu une baisse considérable au cours des deux dernières décennies, passant de 890 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes en 1990 à 781 en 2005 puis à 436 en 2015.
Dans la période couvrant le PNDS 2011-2016, cette mortalité maternelle a connu une légère remontée allant de 426 à 433 décès pour 100.000 NV. Aussi, on peut consta¬ter que le Congo n’a pas atteint la cible de la feuille de route nationale en 2015 (390 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes) ni celle de l’OMD5 (223 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes).
Il en ressort que le fardeau de la mortalité maternelle reste important. Comme le montre le Graphique 3, les causes des décès maternels sont dominées par les causes directes à savoir les hémorragies post-par¬tum avec 40,9% suivies de l’éclampsie avec 22,7%, les infections du post-partum et du post-abortum avec 11,7%. Les causes indirectes représentent 15% des décès dont les plus fréquentes sont les anémies (5,6%), les complications anesthésiques (3,4%) et l’insuffisance cardiaque (2,4%). La tranche d’âge la plus affectée est celle des femmes âgées de 20 à 34 ans, correspondant à la tranche d’âge la plus active sur le plan sexuel. Ces décès augmentent avec l’âge à partir de l’adolescence jusqu’à 25-34 ans pour régresser progressive¬ment après l’âge de 45 ans. Les décès maternels sont survenus essentiellement (72%) dans le post-partum immédiat, faisant de cette période, la plus critique. Le troisième retard dans les soins obstétricaux (retard aux soins) a été incriminé dans 89% des cas en 2016, ce qui pose le problème de la qualité des soins obs¬tétricaux d’urgence.
La couverture en CPN4 connaît une nette amélioration passant de 75% en 2005 à 78,9% en 2011 puis 83,7% en 2016 avec 84,9% en milieu urbain et 68,5% en milieu rural. Environ une femme enceinte sur 5 n’a pu atteindre les 4 visites recommandées par l’OMS. La forte déperdition des femmes entre les CPN1 et CPN-4 hypothèque l’offre complète du paquet CPNr. Il faut noter que les CPN sont essentiellement réalisées par des IDE et ATS qui n’ont pas tous la formation requise en CPNr. Ceci pourrait poser un problème de qualité des soins et contribuer à expliquer pourquoi avec des taux de CPN élevés, la mortalité maternelle continue à être importante.
La couverture des femmes enceintes en VAT-2, estimée à 94% selon la revue PEV 2014 est de 75,1% selon le MICS 2014-2015. Le TPI-3 d’introduction récente, avec une faible couverture de 12,2% selon le MICS 2014-2015, n’est pas encore suffisamment administré dans tous les départements. Seulement 60,2% des femmes enceintes ont dormi sous MII entre 2014 et 2015.
Selon le rapport de surveillance de l’ONDMNI de 2016, le troisième retard ayant un lien avec l’offre des soins obs¬tétricaux a été incriminé dans 89% des décès, montrant ainsi la faible qualité des SONU dans les formations sanitaires congolaises.
La prévalence contraceptive au Congo est faible. Selon le MICS 2014-2015, 30,1% des femmes de 15 à 49 ans mariées ou en union libre utilisent une méthode contraceptive contre 22% en 2012, soit une augmentation de 8 points. Le planning familial fait partie du paquet d’activités des FOSA à tous les niveaux du système.
L’accès des femmes enceintes du milieu rural à la consultation prénatale est quelque peu limité, du fait de l’éloignement de certains centres de santé. La proportion de femmes recevant ces soins prénatals est plus élevée en milieu urbain que rural (95,9% contre 86,8%). Le système actuel n’exploite pas de consultations en stratégie avancée sauf dans le cadre des structures sanitaires qui ont exploité le financement basé sur la performance.
93% des femmes de 15 à 49 ans avaient reçu des soins prénatals par un personnel formé en 2012, contre 88% en 2005, traduisant une éventuelle amélioration de la qualité des prestations. Toutefois, ce personnel qualifié (sages-femmes et médecins) est concentré dans les deux principales villes du pays (Brazzaville et Pointe-Noire).

(Extrait du Rapport de la revue du secteur de la santé août 2018)