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Eric-Patrick Mampouya, chargé de la communication à la Fédération de l’opposition congolaise : «Le dialogue est la seule manière civilisée de régler les problèmes dans un pays»

Eric-Patrick Mampouya, chargé de la communication à la Fédération de l’opposition congolaise : «Le dialogue est la seule manière civilisée de régler les problèmes dans un pays»

Chargé de la communication à la Fédération de l’opposition congolaise, plateforme que dirige Claudine Munari, Eric-Patrick Mampouya est préoccupé par la question du dialogue au sein de la classe politique, car c’est le meilleur moyen, selon lui, d’évacuer la méfiance et la violence d’essence politique. Raison pour laquelle il invite le parti au pouvoir, le P.c.t, à assainir l’environnement politique, en organisant un véritable dialogue, afin de rassurer les uns et les autres, dans la perspective de la tenue de l’élection présidentielle, rendez-vous politique majeur qui va passionner le pays.

Dans l’interview qu’il nous a accordée, il confie que «le dialogue est la seule manière civilisée de régler les problèmes dans un pays». Interview!

*Monsieur Mampouya, dans neuf mois, le peuple congolais sera appelé aux urnes pour élire le prochain Président de la République. Dans cette attente, la classe politique souhaite que le pouvoir puisse organiser un dialogue pour échanger sur l’essentiel. Croyez-vous à l’organisation de cette messe avant 2021?
** A ce que je sache, il n’y aura pas un dialogue avant cette élection. Parce que, jusque-là, rien ne bouge et on ne voit rien à l’horizon en ce qui concerne la question du dialogue. Pour la simple raison que le parti Etat, le P.c.t, ne veut pas du dialogue. Nous avons entendu son secrétaire général et son porte-parole dire que le dialogue est permanent au Congo. Avec qui dialoguent-ils en permanence? Eux-mêmes peuvent répondre à cette question. Ils ne dialoguent pas avec les syndicats, ni les organisations de la société civile, ni les partis de l’opposition… En tout cas, dans les derniers six mois, le parti au pouvoir n’a échangé avec aucune composante que je viens de citer. Si les partis de l’opposition expriment le souhait de discuter avec le pouvoir sur des questions majeures qui touchent à la gouvernance de notre pays, pour le P.c.t, non, le dialogue serait permanent, mais on n’a pas vu, ces derniers temps, avec qui il discute en permanence de ces questions.

* C’est cela qui vous empêche de mettre de l’ordre dans vos rangs et vous vous contentez d’un silence de carpe, au moment où le P.c.t s’est lancé dans la restructuration de ses instances intermédiaires et de base?
** Nous avons une mosaïque de points de vue, parce que l’opposition est plurielle et nous sommes inconciliables entre nous. La violence politique qu’il y a dans notre pays a atteint un niveau qui nous pousse à nous méfier les uns des autres. Au niveau de l’opposition, nous considérons certains acteurs comme des infiltrés. Des gens qui nous fréquentent et nous empêchent d’avancer.

*Monsieur Mampouya, pensez-vous que quelque chose de consistant se fasse à l’opposition et ne pas être infiltré, alors que cela est logique?
** Si l’opposition n’était pas infiltrée et si les opposants n’avaient pas les postures que nous voyons, on aurait pu s’organiser. Il s’avère que certains amis qui se disent de l’opposition soutiennent à cor et à cri l’action de nos adversaires politiques. Nous vous le répétons que nous avons des amis qui, pour certaines raisons, soutiennent les positions de ceux qu’ils sont censés combattre. Dans cette embrouille, que faisons-nous? Nous continuons à nous méfier les uns des autres. Nous ne pouvons pas nous asseoir sur la même table, pour discuter entre nous, à cause de cette violence politique. C’est pour cela que nous voudrions que le pouvoir organise un dialogue, afin d’assainir nos rapports entre politiques et sortir de là avec une même appréciation des faits politiques et des réponses que nous aurons trouvées sur certaines questions.

*Qui violente qui?
** Attendez, nous vivons dans ce pays! Qui ne sait pas que le P.c.t, le parti au pouvoir, détient le monopole de la violence politique dans notre pays? C’est le parti au pouvoir qui triche pendant les élections, ce n’est pas l’opposition qui met les gens en prison. Ce sont les membres du P.c.t qui instrumentalisent la violence, pour garder le pouvoir. A quelle occasion le parti au pouvoir a demandé aux autres acteurs politiques de se retrouver, pour un échange responsable sur ce que traverse le pays? Le porte-parole du P.c.t a-t-il appelé au dialogue? Nous disons que le dialogue est la seule manière civilisée de régler les problèmes dans un pays.
Avons-nous des problèmes dans ce pays ou pas? Telle est la seule question qui vaille la peine d’être posée et j’aimerais entendre la réponse du P.c.t. Des militants de l’opposition ont été enlevés, torturés ou tués. Ce sont là des faits et je ne citerai que deux exemples pour illustrer la violence politique dans notre pays. Souvenez-vous de Bruno Ossébi, brûlé vif avec femme et enfant dans sa maison à Talangaï. Augustin Kala-Kala, enlevé et torturé pendant plusieurs jours et abandonné devant la morgue de Brazzaville. Aucune enquête, aucun procès-verbal!

*Pour assainir ce climat, le président du Conseil supérieur de la liberté de communication entend échanger avec les acteurs politiques de tous bords. Etes-vous prêts à répondre à cette invitation?
** Nous avons déjà été convoqués au Palais des congrès par le président du conseil, Philippe Mvouo, pour ramener à l’ordre les acteurs politiques, parce qu’il avait constaté, à travers nos deux grandes villes, l’affichage des panneaux publicitaires politiques. Ce jour-là, il nous avait demandé d’attendre, parce que la campagne n’a pas encore commencé. Il l’avait dit. Pour nous, il n’y a qu’un seul parti qui est en campagne permanente et tout le monde le sait. De janvier à décembre, le P.c.t est toujours présent sur le terrain et utilise l’espace public, la télévision et la radio nationales, pour faire passer ses messages. Même lorsqu’il enterre un camarade, le P.c.t s’arroge aussi les services des médias d’Etat.

*Pourquoi ne feriez-vous pas autant?
** Mais, on nous l’interdit et la loi ne le permet pas! Nous pouvons aller avec vous au Palais des congrès remettre une lettre de demande d’organisation d’un meeting en salle, vous verrez que nous allons essuyer un refus. De la même manière, lorsque nous adressons une demande à la préfecture, pour l’organisation d’une activité à titre d’information, cette administration également ne nous accorde pas l’espace et parfois, elle nous fait promener. Même placer une affiche de l’opposition ou une banderole dans un carrefour, cela nous attire des ennuis. Tout est fait pour que le P.c.t, seul, soit maître du terrain. Aujourd’hui, vous voyez que l’Association Pona Ekolo est en train d’organiser des réunions dans tout le pays, avec une grande effigie de son candidat derrière et personne ne trouve rien à redire. Si c’était l’opposition, on aurait déployé des cordons de sécurité pour l’empêcher.

*Vous aussi, vous pouvez demander au Mouvement citoyen d’organiser des réunions de sensibilisation en vue de l’élection présidentielle?
** Mais, nous ne sommes pas en campagne électorale, pour que nous puissions suivre des gens qui ne comprennent pas la loi! Ils sont en campagne permanente, parce qu’ils n’ont pas de bilan à défendre. Ils n’ont rien à proposer aux Congolais. Nous ne pouvons pas faire comme eux. Nous avons une éthique. Faire comme eux, c’est ne pas respecter la loi fondamentale de notre pays. Ils veulent aller à l’élection présidentielle en 2021 avec les mêmes paramètres, tout en sachant que ces paramètres nous ont conduits à la guerre, en 2016. Vous vous souvenez que la guerre du Pool est née du fait qu’il y avait une mauvaise gouvernance électorale. Donc, il faut que cela soit corrigé, parce qu’avec les mêmes paramètres, nous arriverons au même résultat. C’est ce que nous ne voulons pas.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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20 octobre 2020, 12: 41

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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