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Ephrem Dave Mafoula, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2021 : «Mon opposition est constructive, elle doit rassembler pour un Congo uni et réconcilié»

Ephrem Dave Mafoula, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2021 : «Mon opposition est constructive, elle doit rassembler pour un Congo uni et réconcilié»

Président du parti «Les souverainistes», Ephrem Dave Mafoula annonçait, le 7 juillet 2020, au cours d’une conférence de presse à Brazzaville, son intention d’être candidat à l’élection présidentielle de 2021. Afin de connaître sa pensée politique, nous nous sommes rapproché de lui et dans l’interview qu’il nous a accordée, il explique le fondement de sa lutte politique qui vise le changement ou l’alternance au pouvoir. «Mon opposition est constructive, elle doit rassembler les gens du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, pour un Congo uni et réconcilié», déclare-t-il. Interview!

* Vous êtes candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2021 et le peuple congolais voudrait bien vous connaître. Qui êtes-vous, Monsieur le président?
** Je suis un Congolais audacieux, parce que la situation dans laquelle se trouve notre pays est très grave. Il faut le reconnaître et il manque aux acteurs politiques congolais l’audace d’affronter ceux qui sont à l’origine de notre misère. Economiste, j’ai aussi fait des études relatives à la gestion des ressources humaines. Ma vision politique s’inscrit dans la défense des valeurs. Des valeurs qui tournent essentiellement autour de l’homme et de ses responsabilités. Je défends les valeurs de liberté, de travail, de famille…

* L’environnement politique est plein des acteurs jeunes, majeurs, que sais-je encore. Que comptez-vous apporter de nouveau. Parce que souvent, c’est du déjà entendu?
** Avant que j’apporte ce que je peux, il faudrait que chacun de nous, là où il se trouve, fasse le bilan de ce qu’il a apporté à la République. Comme à l’opposition, il y a bien des amis qui sont là-bas, mais la misère est toujours présente, les difficultés sont palpables à l’œil nu. Evidemment, aujourd’hui, je me suis mis dans le peuple, je vis avec lui pour l’écouter, afin de connaître ses problèmes. La première des choses auxquelles je m’attache, c’est l’écoute, pour connaître les besoins du peuple. J’échange quotidiennement avec lui et j’ai compris qu’il a besoin d’une nouvelle approche.
Moi, j’ai décidé d’incarner cette nouvelle approche. Pour solutionner ces problèmes, il faut une nouvelle vision, un nouveau visage par rapport aux valeurs que j’ai évoquées tout à l’heure, pour que demain, nous soyons dans une société de mérite des travailleurs et de liberté. Quand une personne défend une valeur telle que le travail, il faut voir, avec un regard simple, que le travail n’existe plus dans notre pays. De même pour la liberté, elle n’existe que de nom. Sur le terrain, c’est le contraire qui se fait.

* En 2015, vous avez pris part au dialogue alternatif de Diata, organisé par l’opposition et certaines forces sociales. Plus tard, vous avez créé un parti politique appelé «Les Souverainistes». Où vous situez-vous, puisque vous avez même été membre d’un cabinet ministériel, avec un titre de conseiller?
** Mon parti n’est ni de l’opposition, ni de la majorité, moins encore du centre gauche ou du centre droit. En 2015, je faisais partie des forces politiques qui s’opposaient au changement de la Constitution. C’était une exigence du peuple, un combat qui répondait aux attentes du peuple. Quand nous regardons l’opposition congolaise, il y a beaucoup à dire: elle est plurielle et moins constructive et manque même de vision. Au lieu de s’opposer à la pratique du système de gestion du pays, elle préfère s’opposer à la personne de Sassou-Nguesso.
Mon combat politique, c’est le changement et non la personne de Sassou-Nguesso. Il s’agit de changer les personnes qui incarnent les antivaleurs dans notre pays, pour permettre un développement intégral. Mon combat ne peut pas se résumer à la personne de Sassou-Nguesso, cela n’est pas mon problème. Mon problème à moi, c’est la gestion de Sassou-Nguesso. Mon opposition est constructive, elle doit rassembler les gens du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, pour un Congo uni et réconcilié. Parce que demain, elle doit être réconciliatrice.

* Que reprochez-vous à la gestion du pouvoir actuel?
** La gestion publique par ce pouvoir est chaotique. Il y a près d’un demi-siècle que ce système commande ce pays. Regardez les Congolais, comment vivent-ils? Nous sommes loin d’être appelés un Etat. La misère est dans toutes les maisons. Les retraités n’ont pas de pension, alors qu’ils ont cotisé. Et ceux qui travaillent ne savent pas s’ils auront leur retraite. Les lendemains pour tout le monde sont incertains et la précarité gagne tous les citoyens. Aujourd’hui, le Président de la République doit regarder le peuple et prendre son courage pour aller s’asseoir, en disant: «J’ai mal fait».

* En politique, les alliances sont nécessaires. Comment comptez-vous gagner le pouvoir, si vous ne travaillez pas avec les autres forces politiques et sociales, parce qu’il y a des milliers de Congolais à convaincre?
** En politique, les alliances sont nécessaires et c’est une vérité. Je sors des sentiers battus et des vieux schémas que les hommes politiques ont toujours utilisés. Je me dis: pour être dans une alliance, il faudrait que la vision soit la même. C’est cela la nouvelle approche et il ne faut pas l’oublier. Je reprécise que ma vision, ce n’est pas combattre la personne de Sassou-Nguesso. Si c’est cela une alliance politique, c’est décevant et moi je ne pourrai pas faire partie d’une telle alliance. Il faut plutôt des gens qui veulent le changement, dans une nouvelle approche avec des arguments nouveaux. A ce moment-là, nous pouvons faire chemin ensemble. J’ai un parti, «Les Souverainistes». Je ne suis pas le candidat de mon parti. Je suis plutôt un candidat indépendant et j’ai mis en place une coopérative citoyenne où j’appelle de nouveaux visages, des acteurs qui veulent du changement à venir travailler, pour créer un leadership. Pour cela, je ne ferme pas la porte à d’autres acteurs politiques. Il faut, simplement, être porteur de nouvelles idées, pour avoir un nouveau regard. Le combat politique, ce n’est pas Sassou-Nguesso et ses enfants, mais plutôt, il se résume à ce que nous devrons faire pour arrêter les mauvaises pratiques qui détruisent la République, réorienter l’économie, utiliser les talents que nous avons, pour le développement de notre pays.

* Certains acteurs politiques réclament, à cor et cri, l’organisation d’un dialogue ou d’une concertation politique. Au regard de l’agenda qui a été bouleversé par la pandémie de la covid-19. Cet événement est-il toujours d’actualité?
** Nous sommes dans un pays où nous avons des références en ce qui concerne l’organisation des dialogues. Nous avons eu beaucoup de dialogues. Qu’est-ce-que ces dialogues ont donné? Je suis pour le dialogue et c’est nécessaire en démocratie. La question que nous devons nous poser, c’est: quel interlocuteur pour le dialogue? Lorsque vous voulez faire quelque chose, le dialogue s’impose. Vous demandez le dialogue, alors qu’il y a très longtemps que ce dialogue est réclamé et c’est en 2020 que vous le réclamez, alors que le Président de la République est à la fin de son mandat. Pour moi, le dialogue était nécessaire entre 2016 et 2019. C’est là où le Président Denis Sassou-Nguesso devait organiser les acteurs politiques, pour échanger sur ce qui n’allaient pas. Maintenant, c’est pour quoi faire. En tout cas, moi, je n’en vois pas l’opportunité. De tous les dialogues organisés dans ce pays, Sassou-Nguesso n’est jamais sorti déplumé ou affaibli. Alors que le stratagème politique qui consiste à demander l’impossible pour fléchir un pouvoir ne marche pas dans le contexte actuel. Parce que ce n’est pas lui qui demande le dialogue, c’est l’opposition qui le demande. Celui qui demande est toujours vu comme le faible. Si vous demandez, lui, il joue et vous impose sa volonté. C’est tout le contraire du stratagème de demander l’impossible.

* Une dernière préoccupation que vous voulez aborder?
** Le pouvoir en place est maintenant face à un peuple congolais très en colère, très exigeant de l’alternance. Le Président Sassou-Nguesso doit regarder la réalité en face et en tirer les conséquences qui s’imposent. Le seul conseil que je peux lui donner, c’est d’avoir le courage de passer à la vitesse point mort, d’arrêter le moteur et enfin, sortir de la voiture, pour céder la place à un autre.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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28 octobre 2020, 00: 07

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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