La Relico (Rentrée littéraire du Congo) a consacré l’une de ses tables-rondes sur le journaliste, homme politique et écrivain, Dr Mfumu Fylla, décédé le 23 juin 2020, sous le sous-thème: «Mfumu, toujours présent dans nos pensées». Dans l’entretien qu’il nous a accordé à l’issue de cette table-ronde, Emma Mireille Opa Elion, ancienne directrice générale du livre et de la lecture publique et l’initiatrice du Carnaval du livre, qui l’a eu comme enseignant en journalisme à l’Université Marien Ngouabi, reconnaît que Mfumu était une personnalité qui avait tout et tout pour se faire connaître.

* Mfumu, l’altruiste Kitoko, le vieux Beaud, nous l’avons eu comme professeur en Troisième année, à l’Université Marien Ngouabi. Vous, par rapport à vos fonctions, vous vous êtes plus rapprochée de lui. Que peut-on retenir du patron de presse, écrivain, musicologue… qu’il était?
** Je commencerai par remercier les organisateurs de la 5ème édition de la Relico, qui nous ont donné l’opportunité de nous exprimer, à travers une table-ronde sur «Mfumu toujours présent dans nos pensées». J’ai apprécié ce thème, parce que Mfumu est un homme-orchestre. Tout simplement, dans sa vie, il a eu plusieurs vies. Il est docteur en sciences de la communication, éditeur, musicien, écrivain et homme politique. N’oublions pas qu’il avait créé un parti, le Pareco.
Mfumu, c’est cet homme qui n’a pas voulu mourir, dans ce sens qu’il a toujours écrit sur l’histoire et la mémoire du Congo et toutes les fois que nous parlerons de l’histoire de Brazzaville, nous penserons à lui. Vous savez qu’un artiste ne meurt pas, il continue à vivre avec nous et au milieu de nous, par ses œuvres. Il est le seul journaliste de notre pays à avoir réussi à faire des compilations des documents historiques des événements que nous avons connus depuis l’indépendance jusqu’à nos jours, entre autres les Constitutions, les gouvernements… Il a aussi écrit sur la musique des deux Congo, avec un point d’honneur sur le mythique orchestre les «Bantous de la Capitale».
Mfumu, c’est un citoyen du monde, parce qu’il a écrit sur la République Centrafricaine: «Bangui la coquette». En lisant ce livre, Mfumu m’a donné l’envie d’aller visiter la ville de Bangui. A côté, nous pouvons lire ses œuvres sur la RD Congo et le Bénin. C’est un homme qui avait horreur de la médiocrité, de l’anarchie et des personnes «imbéciles et idiotes», comme il aimait à le dire. Il conseillait tout le temps les jeunes de Poto-Poto à s’instruire, à se cultiver et à l’amour des choses bien faites. Je pense qu’il restera présent dans nos esprits.

* Que pouvons-nous faire pour capitaliser l’héritage du vieux Beaud, son héritage culturel et surtout le sens du devoir qu’il avait vis-à-vis de la Nation?
** Capitaliser l’héritage du «vieux Beaud», comme nous l’avons dit, c’est aussi capitaliser l’héritage du Congo. En sa qualité d’archiviste, il a fait des compilations de textes fondant la République du Congo et leurs Constitutions. C’est un travail fastidieux et un repère pour les jeunes générations qui tomberaient sur ces documents qui méritent d’être réimprimés. Nous devons, également, voir comment capitaliser toutes les chroniques qu’il a écrites dans le quotidien «Les Dépêches de Brazzaville». Il faut que nous voyions ce qu’il a laissé dans ses ateliers pour que ces manuscrits soient édités à titre posthume. Déjà, une participante a émis l’idée qu’un film soit produit sur la vie de Mfumu. Cela serait une très bonne chose.

Propos recueillis par
Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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