Le gouvernement s’est déjà bien lancé dans la préparation des élections législatives et locales devant se tenir au mois de juillet 2022. Parmi les événements qui concourent à la tenue de ce scrutin, il y a la concertation nationale politique qui va se tenir du 3 au 6 mars 2022, à Owando, chef-lieu du Département de la Cuvette. Parmi les sujets à l’ordre du jour, il y a «la situation du Conseil départemental du Pool où le vote n’avait pas pu avoir lieu dans une partie du département, lors des dernières élections locales, et où les conseillers élus n’ont jamais pu siéger». Or, dans le Pool, il n’y a pas que la situation des élus locaux de 2017, qui n’ont jamais été investis. Il y a, malheureusement aussi, la situation sécuritaire qui n’est pas encore entièrement réglée.

On ne sait pas si c’est pour se faire bonne conscience, que le gouvernement a relégué au second plan, la question de la sécurité publique dans le Département du Pool, depuis que, après la signature de l’accord de paix du 23 décembre 2017, la Camp (Commission ad hoc mixte paritaire), composée des représentants du pasteur Ntumi et du gouvernement, a cessé son travail de pacification du Pool, faute de moyens financiers.
Après l’élection présidentielle de mars 2021 qui s’est bien déroulée sur l’ensemble du territoire national, le Pool y compris, cap aujourd’hui sur les élections législatives et locales. Peut-on dire que le Pool est prêt à accueillir ce scrutin à plusieurs circonscriptions?
Il y a de quoi en douter. Et ce n’est pas retourner le couteau dans la plaie que de le dire. En effet, le manque de réalisation du P.d.d.r (Programme désarmement, démobilisation et réintégration), dont le haut-commissaire Euloge Landry Kolélas est encore à la recherche de la contre-partie budgétaire congolaise, expose ce département à des risques évidents de rechute de violences armées, à cause de la présence d’ex-combattants toujours actifs, dans l’attente de leur réinsertion. Le ramassage des armes n’ayant pas été effectif. Dans le District de Vindza par exemple, le nouveau sous-préfet nommé le 19.janvier 2020, n’est toujours pas autorisé à s’installer au siège du district, pour des raisons administratives et sécuritaires. En effet, les ex-ninjas continuent de régenter cette zone, allant jusqu’à prélever des taxes sur les commerçants transporteurs, régler les litiges en infligeant de lourdes amendes, en espèce et en nature, notamment des bœufs, à des populations déjà appauvries par les effets des conflits armés qui ont ravagé les villages du département. Même dans les districts voisins, en dehors des chefs-lieux, les hommes de Ntumi dictent leur loi dans les villages. Dans ces conditions, comment peut-on espérer un scrutin en sécurité, dans de telles circonscriptions où les services d’Etat n’ont pas la main-mise partout? C’est autant dire que la question de la sécurité publique dans le Pool, pour garantir la libre circulation des personnes et des biens et surtout des candidats en période électorale demeure une préoccupation majeure. La Camp est encore un instrument qui devrait faciliter la réinstauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire du Pool, pour que les élections se tiennent dans la quiétude et que les électeurs accomplissent leur devoir civique, sans hantise.

C.F.Z

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