Dans la fièvre de la bataille électorale relative aux élections législatives et locales, scrutins des 4 et 10 juillet 2022, les partis politiques sont à pied d’œuvre pour désigner leurs candidats, alors que d’autres ont déjà annoncé la couleur. La clôture de l’enregistrement des dossiers de candidature étant fixée à la fin de ce mois. C’est dans ce contexte que Clotaire Mboussa-Ellah, président du C.a.r (Comité d’action pour le renouveau), un parti de l’opposition, s’est déclaré candidat dans la première circonscription de Gamboma (Département des Plateaux). L’annonce de sa candidature a été faite lors d’une conférence de presse qu’il a tenue, samedi 14 mai 2022, au siège du journal La Semaine Africaine, à Brazzaville, en présence de deux leaders de partis alliés et d’un grand nombre de ses cadres et militants. Pour sa conférence de presse, Clotaire Mboussa-Ellah s’est assuré du soutien de sa famille politique de l’opposition.
Dans la salle, il y avait, en effet, deux grandes figures de la scène politique congolaise, à savoir: Jean-Jacques Yhombi-Opango, président du R.d.d (Rassemblement pour le développement et la démocratie), Guy-Romain Kinfoussia, président de l’U.d.r-Mwinda, des cadres de sa famille politique et bien d’autres invités.
Dans son mot liminaire, Clotaire Mboussa-Ellah a rappelé que c’est pratiquement depuis 1991 qu’il se bat pour l’approfondissement de la démocratie au Congo. «Dans cette lancée, j’ai participé activement pour son enracinement et travaillé pour la cohésion nationale, l’unité, la paix et j’en passe», a-t-il déclaré. «D’ailleurs, fort de cette expérience qui est reconnue par tous et après de nombreux appels», qu’il a décidé de se présenter aux élections législatives et locales, scrutins de juillet 2022, en annonçant: «Je suis candidat dans la première circonscription électorale de Gamboma, pour répondre particulièrement aux attentes des populations».
Pour lui, c’est la concrétisation de la promesse qu’il avait faite depuis janvier 2021 de s’engager aux élections de 2022. Il a dit placer sa campagne électorale sous le signe du «rassemblement», au regard des maux qui freinent le développement socio-économique de Gamboma.
Le président du Car s’est, ensuite, tourné vers l’organisation des élections. Il a dénoncé les irrégularités dans le processus de révision des listes électorales dans les circonscriptions de Mbon, Makotipoko et Abala où, selon lui, les membres des commissions locales, issus de l’opposition, ont été chassés par les sous-préfets, au mépris de l’arrêté ministériel qui associe la représentation des partis politiques. «Il n’y a aucun doute que ces listes ne soient pas confirmées et certifiées. Le cas de Gamboma 1, qui se caractérise par l’effet déformant du corps électoral sur les majorations des électeurs dans certains quartiers et l’inscription de non-résidents sur les listes électorales», a-t-il déclaré.
S’agissant du vote par procuration, le président du C.a.r a attiré l’attention de l’administration électorale, notamment de la C.n.e.i (Commission nationale électorale indépendante) qui peine à définir clairement les modalités d’exercice de ce vote, malgré l’existence d’une loi qui autorise toute personne inscrite sur une liste électorale, porteuse d’une carte d’électeur et d’une pièce d’identité, de voter. «La procuration ne doit pas être une pièce de tricherie», a indiqué Clotaire Mboussa-Ellah.
Dans ses réponses aux questions des journalistes, qui cherchaient à savoir comment il comptait rassembler les populations de Gamboma au regard des guéguerres intestines qui minent cette partie du territoire national, Clotaire Mboussa-Ellah a déclaré: «Quand vous avez des brebis perdues, qui ne s’entendent plus, même pour construire ensemble, alors il faut se gagner un rassembleur et je remplis cet avis de par mon expérience».
Parlant de la décision prise par certains partis de l’opposition de ne pas se présenter à ces élections et la motivation dont fait preuve son parti pour s’affirmer aux urnes, malgré les irrégularités signalées, le président du C.a.r a indiqué que chaque groupement a sa pratique de la politique. En ce qui le concerne, il n’est pas question de s’abstenir et de crier à la fraude avant la tenue des prochaines élections. D’autres aspects ont été soulevés par les journalistes, comme l’éviction puis la reconduction de l’administrateur-maire de Gamboma, le choix de cette circonscription, alors que le Congo compte plusieurs localités, et ses perspectives d’avenir. Pour lui, c’est à la suite d’un sondage qu’il a fait le choix de Gamboma.
A propos de la conduction de l’administrateur-maire, il s’est étonné du fait qu’un décret présidentiel nommant une autorité puisse être aboli, sans explication. Pour le reste, il fait confiance à son expérience du terrain.

Roland KOULOUNGOU

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