A quelques jours du lancement de la campagne électorale pour les législatives et locales, scrutin du 4 et 10 juillet 2022, les femmes candidates à ces élections ont bénéficié d’une session de renforcement des capacités managériales et organisationnelles dans la conduite d’une campagne électorale. L’organisation de cette session de formation traduit la volonté du gouvernement d’inverser la tendance des dernières échéances où le pourcentage de la participation des femmes s’est avéré négligeable. Regards sur les performances féminines réalisées aux législatives et locales de 2017. 

L’exigence de la loi électorale faite aux partis et groupements politiques de réserver au moins 30% des candidatures aux femmes est un moyen pour les pouvoirs publics d’accroître les possibilités des femmes à être élues dans les institutions de décision comme le parlement et les conseils départementaux et locaux, afin de participer activement à la vie publique. En dépit de l’existence de cette loi, la participation des femmes aux échéances électorales demeure marginale aussi bien lors du dépôt des candidatures qu’au niveau des résultats.
Pour les législatives de 2017, sur 719 candidatures enregistrées au niveau national, 69 seulement sont déposées par des femmes, soit une représentativité de 9,5%. Aucun parti n’a atteint le seuil minimal de 30% dans les listes aux locales. Le Codema (Congrès des démocrates africains) et le M.a.r (Mouvement action et renouveau) sont les seuls partis à s’être approchés du seuil avec respectivement 28% (2 candidates pour 7 candidatures) et 20% (3 femmes sur 15 candidatures). Le P.c.t (Parti congolais du travail), qui avait le plus grand nombre de candidatures, 126 au total, n’a réservé que 17 places aux femmes, soit 13%.
Sur les 69 candidatures féminines, 10 ont des femmes à la suppléance. Les indépendants ont fait mieux que les partis politiques, en réalisant 17% de candidatures représentant 100% de femmes.
Quant aux résultats, ils ne sont pas élogieux. Sur 69 candidatures, seules 15 femmes ont accédé à l’hémicycle. Le plus grand nombre se trouve au P.c.t, avec 12 élues, dont une par département soit 70,50% de succès.
A la différence des législatives, la représentativité des femmes aux locales est acceptable. Avec 13.022 personnes inscrites sur les 1.169 listes, 4.536 sont des femmes soit 34,83%. 119 sur les 1.169 listes sont conduites par des femmes soit 10,18% de femmes têtes de liste. A cet effet, le P.c.t et le groupe des indépendants ont enregistré des pourcentages similaires, respectivement 11,73% et 11,71%.
Quant aux résultats, sur 1.114 sièges à pourvoir, les femmes ont obtenu 248 sièges soit 22,26% de succès. Aussi, 64 listes sur les 119 conduites par des femmes ont enregistré au moins un élu, soit un taux de succès de 55,7%. Dans l’ensemble des assemblées locales élues en 2017, 51% des conseillères appartiennent au P.c.t, 25% sont des indépendantes, 5%à l’U.p.a.d.s. (Union panafricaine pour la démocratie sociale) et 5% issus de 46 autres partis. Les regards sont désormais tournés sur les résultats des élections de cette année. On va voir si les femmes vont améliorer le taux de leur participation dans les institutions.

                                                                                                             Urbain NZABANI