Les peuples se battent pour acquérir la liberté. Il y en a qui l’ont acquise au prix de lourds sacrifices, des années voire des décennies et peut-être mêmes des siècles de lutte. C’est autant dire que la liberté, c’est-à-dire le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, appelé aussi droit à l’auto-détermination des peuples, est le principe fondamental de la souveraineté.
Pour garantir cette liberté, le peuple s’organise à l’intérieur, pour mettre en place les institutions qui gouvernent à sa souveraineté, sur la base de l’état de droit, dans un contexte de démocratie pluraliste. L’état de droit se vit pleinement à travers trois principes: le respect de la hiérarchie des normes juridiques; l’égalité des sujets de droit (citoyens «personnes physiques» comme institutions «personnes morales»), et l’indépendance de la Justice, émanant du principe de la séparation des pouvoirs, propre à une République, mode d’organisation d’un Etat où le pouvoir est exercé par les représentants élus du peuple.
Voilà qu’on tombe dans les élections, car dans une démocratie, le pouvoir appartient au peuple qui l’exerce par l’intermédiaire des représentants qu’il élit pour un temps limité. Les Congolais étaient à cet exercice la semaine dernière, pour renouveler leurs représentants à l’assemblée nationale. Au regard de la foire d’empoigne à laquelle on a assisté pendant la campagne électorale et le déroulement des opérations de vote, il y a de quoi dire que la culture démocratique n’est pas la chose la mieux partagée chez eux. Comment des citoyens appelés à aller voter les lois de leur pays et à contrôler l’action du gouvernement s’illustrent par des comportements de tricherie, de fraude, de trafic d’influence, d’achat de conscience, de cafouillage et de confusion pour être choisis comme élus du peuple? Dans quelle loi électorale il est dit que la distribution des cartes d’électeurs est l’affaire des candidats? Quelle est cette loi qui prescrit à un sous-préfet et son secrétaire général de travailler pour un candidat? Quel type de parlement peut-on avoir avec des élus qui auront brillé, pendant les élections, par les anti-valeurs? La concurrence politique dans une élection exonère-t-elle du respect du droit et de l’éthique? Nos acteurs politiques sont-ils des citoyens sérieux et respectueux des valeurs juridiques et morales de leur pays? Quel est l’honneur des partis dont les élus sont de vulgaires tricheurs? Pourquoi instrumentaliser la misère du peuple pendant les élections?
Comme on peut le constater, le spectacle des dons traduit nettement que l’élection est devenue un business pour trafiquant de tout poil: dons contre voix. Et la victoire aux plus offrant. Mais, cela ne suffit même pas. C’est au plus tricheur, au plus influenceur que sourit la victoire. Chacun se sert de sa position sociale (fils de) ou politico-administrative pour influencer et se frayer le chemin vers la victoire.
Tout donne à penser que cette histoire d’élections, en raison de la concurrence politique, est devenue un affairisme immoral et sordide pour acteurs politiques protégés. C’est la promotion de la délinquance. Les compatriotes qui arrivent dans cette foire d’empoigne avec leur bonne foi en sortent éreintés, moralement bousculés de voir que notre pays, de par sa classe politique, n’avance pas sur le chemin de la lutte contre les anti-valeurs.
Il est clair qu’on peut mieux faire. Il y a eu des exemples de candidats qui se sont bien comportés et ce qui marche bien ne fait pas de bruit. Quoiqu’il en soit, élu ou non, ce n’est pas la fin du monde. Les élus sont pour rendre un service à la communauté nationale. Ceux qui ne sont pas élus doivent se féliciter d’avoir essayé. La prochaine fois peut être la bonne pour eux et de toute façon, il faut savoir trouver ce qui sied pour rendre service à la communauté. Ceux qui ne voient que le pouvoir pour écraser les autres, laissons-les rêver. Il y a une fin à tout. C’est dans l’ordre de la nature. Hitler et Ghandi ont un point commun, comme à tous les êtres humains: ils ont chacun rêvé. Le premier a rêvé faire disparaître les autres races de la terre. Le second a rêvé de la liberté. Ils ont eu une fin. L’histoire a fait le reste. Et c’est l’histoire que nous retenons.

L’HORIZON AFRICAIN.