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Election présidentielle aux Etats-Unis d’Amérique : Battu par Joe Biden, Donald Trump refuse d’admettre le verdict des urnes

Election présidentielle aux Etats-Unis d’Amérique : Battu par Joe Biden, Donald Trump refuse d’admettre le verdict des urnes

La première démocratie moderne tousse et suscite la curiosité du monde entier. Qui oserait croire qu’un Président américain sortant refuse de reconnaître sa défaite et de féliciter le vainqueur qu’il accuse plutôt d’avoir volé sa victoire? C’est le scénario que le républicain Donald Trump (74 ans), 45ème Président américain, déroule aux Etats-Unis, après l’élection présidentielle du mardi 3 novembre 2020 où il a été battu par le démocrate Joe Biden (78 ans), après quatre jours de suspense dû au comptage des bulletins dans 6 derniers Etats. Du coup, le Président sortant a déclenché des procédures judiciaires pour contester les résultats.

Les sondages avaient prédit une vague bleue (le bleu étant la couleur symbolisant le Parti démocrate) se déferlant sur les Etats-Unis. Donc, une victoire démocrate écrasante. La réalité a montré que le rouge (la couleur symbolisant le Parti républicain) a plutôt résisté et même bien résisté au point que dans plusieurs Etats, les démocrates ne l’ont emporté que par quelques milliers de voix, donc sur le fil du rasoir. Etant entendu l’enjeu de cette élection, la participation a atteint un niveau historique, s’établissant à 66,9%. Près de 100 millions d’électeurs ont voté par anticipation et par correspondance.
Au finish, le ticket démocrate, formé par Joe Biden et sa colistière Kamala Harris, est crédité de 76.166.191 voix, soit 50,60%, contre 71.534.093 voix au Président sortant Donald Trump et son Vice-Président Mike Pence du camp républicain. Etant entendu que dans le système américain de l’élection indirecte, c’est le nombre de grands électeurs qui est déterminant, le candidat démocrate a remporté 279 grands électeurs contre 214 au républicain. La moyenne pour être élu étant de 270 des 538 grands électeurs. Il ne faut pas oublier que dans cette élection, il y a eu aussi trois autres candidats dont un ticket représentant les verts.
Au soir de la journée de vote, le mardi 3 novembre, le comptage des voix traduisait une bataille serrée entre Joe Biden et Donald Trump. Le suspense était à son comble. Généralement, dès le soir du jour de vote, le vainqueur est annoncé par les médias au regard des tendances qui se confirment. Mais là, aucun des deux candidats ne se détachait même si Joe Biden était en avance. Alors que le décompte des voix se poursuivait dans plusieurs Etats pouvant faire basculer l’avantage dans un camp comme dans un autre, le Président Trump s’est précipité, dès le lendemain du vote, le mercredi 4 novembre, à revendiquer sa victoire, en accusant son adversaire de fraudes électorales, à travers les bulletins par correspondance, sans fournir de preuve. «Honnêtement, nous avons gagné l’élection», avait-il lancé dès le mercredi, en demandant même de stopper le comptage des bulletins par correspondance. Ses bouts de déclarations fracassantes sur twitter et dans ses interventions vont plonger la démocratie américaine dans l’incertitude, faisant redouter le pire des scénarios, c’est-à-dire une dégénérescence de la situation pouvant aller jusqu’aux violences par ses partisans ultra-radicaux. Dans certains Etats, on a enregistré des mouvements de ses électeurs mécontents devant des centres de compilation pour exiger l’arrêt du décompte des bulletins. La tension était telle que Joe Biden a appelé ses partisans au calme, dans la nuit du mercredi 4 novembre. «Gardez la foi, nous allons gagner cette élection», avait-il lancé depuis le Delaware. Et Trump de répliquer depuis la Maison Blanche: «Nous sommes très en avance, mais ils essaient de voler les élections. Nous ne les laisserons jamais faire».
Le manque de fair-play du Président américain lui a valu des critiques de la part des médias américains et un recadrage des majors des réseaux sociaux. C’est dans un climat d’incertitudes que pendant quatre jours, les Américains ont attendu de connaître le nom du vainqueur du scrutin.
Le dénouement s’est produit le samedi 7 novembre, en début d’après-midi aux Etats-Unis, soit un peu plus de 19h chez nous, lorsque la chaîne américaine d’informations continues, C.n.n, a annoncé la victoire de Joe Biden, après avoir remporté l’Etat-clé de Pennsylvanie. La victoire annoncée du candidat démocrate a suscité des scènes d’explosions de joie dans son pays. Le suspense était tellement angoissant pour tous ceux qui rêvaient d’une alternance à l’autoritarisme de Trump dans le pays de l’Oncle Sam. A travers le monde, la victoire de Joe Biden est aussi saluée, même si certains Chefs d’Etat et pas des moindres, à l’image du russe Vladimir Poutine ou du chinois Xi Jiping, sont restés jusque-là silencieux.
Le philosophe français, Alexis de Tocqueville (1805-1859), avait raison de dire que la démocratie américaine, qui fait figure de modèle à travers le monde a aussi clairement des limites et présente même des risques, entre autres sur la question de la légitimité du choix du peuple et de ses conséquences. En plein 21ème siècle, cette démocratie prouve tout de même ses faiblesses, même si ses fondements sont loin de s’ébranler. Pour l’instant, Trump a déclenché les procédures judiciaires de contestation des résultats. Mais, il devra céder le pouvoir à son successeur, le 20 janvier prochain, les institutions étant plus fortes que les hommes.

Jean-Claude DIATOU

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L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

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03 décembre 2020, 10: 53

L’editorial de la redaction

LES CÔTÉS AMERS DE LA DÉMOCRATIE!

Des milliers de supporters du Président Donald Trump ont manifesté, samedi 14 novembre dernier, à Washington, pour protester, une fois de plus, contre la présumée «fraude électorale» qui aurait privé leur champion de sa victoire à l’élection présidentielle du 3 novembre. Ils sont allés manifester leur colère jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, dans le quartier du Capitol Hill, comme pour appuyer les recours en justice introduits par les avocats du Président Trump. C’est la démocratie, peut-on dire! Mais, la démocratie a ses côtés amers et on l’oublie souvent.

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