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Edouard Denis Okouya, préfet de la Cuvette-Ouest : «La lutte contre la covid-19 se passe bien, malgré nos maigres moyens du moment»

Edouard Denis Okouya, préfet de la Cuvette-Ouest : «La lutte contre la covid-19 se passe bien, malgré nos maigres moyens du moment»

En sa qualité de coordonnateur du comité de gestion de la covid-19 du Département de la Cuvette-Ouest, le préfet Edouard Denis Okouya, dans l’entretien que nous avons eu avec lui le samedi 19 septembre 2020, à son domicile, à Ewo, chef-lieu dudit département, rassure que la lutte contre la covid-19 se passe bien. Toutefois, il compte sur sa tutelle, afin de mettre cette pandémiehors d’état de nuire. Interview.

* Monsieur le préfet, comment se passe la lutte contre la covid-19 dans la Cuvette-Ouest?

** Tout se passe assez bien. Depuis le 14 mars 2020 que cette épidémie a été déclarée, nous sommes le premier département à faire des tests avec des appareils dont nous avons bénéficié à l’époque de la lutte contre le virus Ebola. On a placédes bouchons sur les principaux axes routiers du département, pour dénicher les éventuels cas suspects. En tout cas, tout se passe bien, malgré la persistance de la maladie et nos maigres moyens. Nous nous retrouvons chaque vendredi, de 10h à 12h, pour faire le point de nos activités.

*Pendant qu’ailleurs dans le pays, ça grogne en ce qui concerne la rémunération des équipes de prise en charge des malades de covid-19, vous déclarez que chez-vous, tout va bien. Comment vous vous en sortez?

** Non, les difficultés ne manquent pas. Car, si on envoie des agents de santé en mission, il faut assurer leur prise en charge. C’est vrai qu’on avait eu un peu de moyens, mais ils se sont épuisés. Et le département est assez vaste, on était dernièrement à Mbama, là où s’est déclenchée la pandémie. Mais, il faut aussi aller dans d’autres districts commeKellé, Mbomo, pour réaliser les tests.Malheureusement, il nous manque des moyens conséquents. Donc, on attend toujours que la tutelle nous envoie les moyens qu’il faut. Je dois aussi vous avouer qu’il s’agit d’une situation générale qui ne concerne pas seulement la Cuvette-Ouest.
Malgré cela,on continue, tant bien que mal, à motiver les équipes qui vont sur le terrain. Il s’agit de leur fournir, notamment, l’argent du carburantet de quoi se nourrir. Il faut aussi reconnaître qu’il y a un petit relâchement au seindes équipes, mais ça va aller.

*Selon les informations glanées sur place, l’effectif du comité départemental de gestion de la covid-19 sera revu à la baisse, de 65 à 25 membres. Confirmez-vous cela?
** Au départ, on avait fait un comité départemental de 65 membres, y compris les districts. Malheureusement, avec les effets de la conjoncture, Brazzaville nous a demandé de réduire à 25 personnes. Une décision difficile à mettre en œuvre: qui maintenir, qui écarter?Mais, en ce qui concerne la rémunération, le moment venu, je compte penser à tout le monde. En tant que père de famille, j’ai décidé de donner un peu, un peu à tous ceux qui ont travaillépendant les trois mois, donc d’avril à juin. C’est-à-dire même à ceux qui ne seront pas retenus.

* Combien de cas positifs de covid-19compte actuellement votre département?

** Officiellement, on nous parle de 54 ou 55 cas positifs. Au départ, il y en avait trois, des ressortissants chinois exerçant dans une société forestière basée dans le District de Mbama. Après, on est passé à six cas. Mais, je pense que les trois premiers cas sont soignés et sont guéris. Les 42 autresderniers cas positifs que nous considérons comme des indécis seront soumis à de nouveaux tests, afin de confirmer ou de dire que ce n’était pas de bons tests.

*Monsieur le préfet, les cas dont on parle, sont-ils mis en quarantaine ou regroupés dans un site quelque part?

** On attend toujours que Brazzaville puisse donner le top pour un deuxième test, afin de décider clairement de leur statut sanitaire. Ils ne sont pas encore placés en quarantaine, parce qu’il n’y a pas encore assez de moyens pour cela. Car il s’agit de les contrôler et les prendre en charge. Comme cela n’est pas possible pour le moment, on s’est contenté de donner à chacun son état sanitaire.

*Qu’en est-il de la mise en œuvre des mesures édictées par le gouvernement dans la lutte contre la propagation de la covid-19?

** Il y en a qui n’acceptent pas l’existence de cette maladie. Et cela concerne quasiment tous les départements. Pour cela, nous avons mené une vaste campagne de sensibilisation, surtout au niveau des localités frontalières du Gabon,lequel avait fait des tests généralisés. On est allé expliquer aux populations l’importance des mesures barrières. Malgré la réticence decertains, on est optimiste, car au fur et à mesure que la sensibilisation se fait, les populations prennent conscience de l’existence de la maladie et savent qu’il faut y prendre garde. Pour mieux dynamiser notre action, on est en train de réaliser un film qui sera projetédans les villages, question de montrer aux populations la réalité de la maladie. Le but est d’inciter davantage les populations à accepter les mesures barrières comme principal moyen efficace de lutte contre la pandémie decovid-19.

*Monsieur le préfet, on vous qualifie de pragmatique, car vous vous engagez souvent à faire beaucoup avec peu. Qu’est-ce qui vous motive, êtes-vous à la quête d’un électorat?

** C’est parce qu’on est des patriotes, on est ici pour assurer une mission d’Etat. Nous sommes au total douze préfets à travers le pays. Nous ne sommes pas les meilleurs cadres du Congo. Mais, si le choix du Président de la République est porté sur vous, vous ne pouvez que mouiller le maillot, pour rendre l’ascenseur à celui qui vous a fait confiance. Ça fait plus de trois ans que je suis ici, le budget de fonctionnement, il n’y en a pas, tout le monde le sait. Mais, on est obligé de travailler. Vous êtes venu me voir, c’est samedi, je suis en train de travailler. Je ne suis pas à la quête d’un quelconque électorat, mais il s’agit simplement, pour moi, d’être en symbiose et en harmonie avec les populations de mon département. Pour preuve, j’ai passé deux nuits dans un village, Endeké, dont la présence d’un préfet date de 40ans. Il faut donc matérialiser les directives du Président de la République, celle d’une administration de proximité.

*Un mot à l’endroit des populations de la Cuvette-Ouest?

** Oui, c’est leur rappeler que les temps sont durs. Ce n’est pas que je refuse volontairement de les visiter, mais qu’elles continuent à garder espoir.

Propos recueillis par
Hervé EKIRONO

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23 octobre 2020, 03: 11

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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