Just Made, c’est son nom d’artiste, styliste-modéliste, peintre, elle est une artiste de grand talent en pleine exposition-vente sur l’allée piétonne Charles Ebina, à côté de l’Hôtel Saphir, au centre-ville de Brazzaville. Par son talent artistique, elle valorise tout ce qui est négligé et abandonné par l’homme: noix de palme; raphia; cire; feuilles, etc, pour en faire des objets d’art décoratifs, d’une part, et des boubous mélangés avec le raphia pour homme et femme, sacs, cravates…Une technique qui sort de l’ordinaire. «C’est pour moi une vocation. Je l’ai héritée de ma mère. Je crée depuis l’âge de cinq ans. Mais au fur et à mesure, je découvre même que je crée beaucoup de choses. C’est la raison de cette exposition-vente, pour montrer mes créations», déclare-t-elle.

Au milieu de ses créations.
Au milieu de ses créations.

Le raphia est son tissu de prédilection. Elle l’associe parfois à d’autres tissus africains, pour faire la promotion de la culture africaine en matière d’habillement. «L’Europe, sinon l’Occident a son tissu. L’Afrique aussi à son tissu avec plusieurs motifs qui symbolisent la diversité culturelle africaine», insiste-t-elle. «Avec le raphia, je fabrique des chapeaux, des sacs et des tenues de scène», rapporte-t-elle.
Avec du matériel de récupération, Just Made fabrique des perles comme des pierres à feu. Elle transforme les noix de palme pour en faire des bracelets. «J’ai d’abord fait des recherches, pour fabriquer ce que vous voyez. Tout le monde se pose la question de savoir comment peut-on fabriquer des bracelets avec des noix de palme. C’est extraordinaire», disent-ils.
«Les gens qui passent par l’allée piétonne sont émus de voir une femme qui fait la promotion de l’artisanat congolais. Ils pensaient que c’était du fétichisme, comme on le voit sous d’autres cieux. Après mes explications, je les vois venir acheter. Tous nos articles sont fabriqués sur place et le matériel, nous le trouvons dans nos forêts», explique-t-elle.
Il y a quelques années, à Pointe-Noire, Just Made perdait sa galerie et son village artisanal dans un incendie dont l’origine n’a jamais été identifiée. «Cet épisode est rentré dans la mer de l’oubli», fait-elle savoir. «Maintenant, il faut caresser des nouveaux rêves», affirme-t-elle.
«La promotion de nos traditions ne dépend que de nous-mêmes. Personne ne viendra mettre en valeur ce que nous avons, nos richesses ancestrales. Il est temps de montrer au monde que nous avons un tissu appelé raphia. Le tissu que nos grands-parents utilisaient. La promotion de l’art et de l’artisanat doit commencer chez nous. Ce n’est pas en allant chez les autres que notre art et notre artisanat seront connus. Les amis ouest-africains, camerounais et gabonais ont compris cela. Ils créent des villages artisanaux pour promouvoir leurs cultures. J’ai choisi Kinkala, dans le Département du Pool, pour créer un village artisanal et culturel», raconte-t-elle.
Just Made appelle ses compatriotes à découvrir son exposition-vente sur l’allée piétonne Charles Ebina et à acheter ce que les artisans sont capables de faire.

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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