Publié en 2015, aux Editions des Syrtes (Suisse), par l’ancien journaliste Guy Mettan, de nationalité suisse, le livre intitulé, «Russie-Occident: une guerre de mille ans» et sous-titré: «La russophobie de Charlemagne à la crise ukrainienne», d’un volume de 479 pages, était au centre d’une conférence, le mercredi 20 avril 2022, à l’E.n.s (Ecole normale supérieure) de l’Université Marien Ngouabi, à Brazzaville. La rencontre s’est déroulée en présence de la directrice de la Maison russe, Mme Maria Fakhrutdinova, et de Dominique Oba, chef du Département des formations doctorales, coordonnateur de la chaire Unesco Afrique centrale, ainsi que d’une centaine d’étudiants et enseignants.Intervenu par visioconférence, Guy Mettan a relevé que la guerre en Ukraine a propulsé son livre et la russophobie en pleine actualité. Il a avoué subir des pressions presque tous les jours, notamment sur les réseaux sociaux et dans les journaux.
Selon Mme Maria Fakhrutdinova, le livre de Guy Mettan «est devenu très à la une maintenant, parce que le sujet qu’il traite est d’actualité. Aujourd’hui, la culture a été trop politisée, le sport aussi. On a enregistré des appels à éliminer la culture russe. C’est un aspect culturel important pour toucher ce sujet… On a vu que beaucoup d’artistes et acteurs du monde culturel se sont prononcés contre ce phénomène. Donc, on voudrait aborder aujourd’hui l’aspect culturel, l’aspect historique de la russophobie. Ce n’est pas normal que la culture serve pour des raisons politiques».
De quoi parle donc le livre de Guy Mettan? «Pourquoi les Etats-Unis et l’Europe détestent-ils tant la Russie? Alors que la Russie ne représente plus une menace; que ses missiles ne sont plus pointés sur Berlin; que, fait sans précédent dans l’histoire, elle a dissous son empire sans effusion de sang, rendu leur liberté aux pays occupés d’Europe centrale et permis l’indépendance pacifique de quinze nouveaux Etats, la haine et le dénigrement de la Russie atteignent des proportions inouïes dans les médias, les cercles académiques et les milieux dirigeants occidentaux».
Pour comprendre cet acharnement, devenu hystérique avec la crise ukrainienne, Guy Mettan remonte loin dans l’histoire, jusqu’à l’empereur Charlemagne. Il examine, sans tabou ni a priori, les lignes de forces religieuses, géopolitiques et idéologiques dont se nourrit la russophobie occidentale. Il démontre les ressorts du discours anti-russe et anti-Poutine qui ont pour effet de repousser toujours plus loin les chances d’une vraie réconciliation», est-il écrit, à la quatrième de couverture.
La langue et la culture peuvent-elles contribuer à surmonter cette crise? «Oui, moi je reste quand même optimiste… Je pense que la culture constitue une source d’inspiration pour effacer ces haines et ces antagonismes», a répondu l’auteur suisse.
Né le 19 novembre 1956, à Evionnaz, Guy Mettan, artiste et personnalité politique suisse, est un ancien membre du P.d.c (Parti démocrate-chrétien). Député au Grand conseil du canton de Genève, depuis 2001. En 2019, il a fondé le parti Planète bleue.
En parallèle, il est également fondateur et coordinateur du Festival francophone de philosophie de Saint-Maurice, au Valais. Auteur de plusieurs articles parus dans la presse suisse, Guy Mettan a participé dans le cadre de travaux de l’Unesco dans lequel il a proposé de créer un serment déontologique des journalistes. Le 8 février 2017, la Russie lui a décerné la médaille de l’amitié et Reporters sans frontières l’accuse de servir de relais à la propagande de la Russie.

Nana KABA