Dans le cadre du Projet «Prévenir et protéger les détentions, les arrestations arbitraires et la torture», le Cudhoc (Cercle uni des droits de l’homme et de culture de paix), en collaboration avec l’Ong française basée à Lyon «Agir ensemble pour les droits humains», a décidé de vulgariser sa campagne de sensibilisation et de lutte contre la torture, les arrestations et les détentions arbitraires au Congo. C’est ainsi qu’elle a invité les médias à couvrir son opération du 10 novembre dernier, au quartier Plateau des 15 ans, dans le quatrième arrondissement Moungali, à Brazzaville. A cette occasion, les animateurs de son équipe de sensibilisation ont fait le porte-à-porte, pour informer les populations sur les atteintes aux droits humains.
La campagne de sensibilisation et de lutte contre la torture, les arrestations et les détentions arbitraires au Congo, menée par le Cudhoc et l’O.n.g française «Agir ensemble» va durer un an, sous l’égide de Gaspard Mienantima, président du Cudhoc et de Mme Chloé Fabre, chargée de projets sur le terrain de l’O.n.g «Agir ensemble».
Lancée à Brazzaville en janvier dernier, elle va s’achever en janvier 2022. Ainsi, après les arrondissements 8 Madibou, 7 Mfilou, 9 Djiri, 6 Talangaï et 2 Bacongo, le tour est revenu à l’arrondissement 4 Moungali. L’objectif est de permettre d’aider les populations à se prendre en charge, en maîtrisant la loi. Car, pour agir ou réagir, il faut connaître les principes juridiques.
Sur le terrain, les difficultés ne manquent pas. «Dans un premier temps, les populations ne comprennent pas le bien-fondé de cette campagne. Mais, au fur et à mesure que nous expliquons, elles se rendent compte que c’est un message pertinent. Et puis, il y a de la réticence dans la dénonciation. Si nous allons vers les populations, c’est pour qu’elles dénoncent, parce que ce sont-elles les victimes», a expliqué Gaspard Mienantima.
Selon lui, dans les lieux de détention, la torture a changé de forme. Elle est devenue déguisée en quelque sorte. «Dans les postes de sécurité publique, en réalité, les policiers ne tapent plus. Ils ont donné le relais aux précédents détenus dans les cellules, qui prennent en charge les nouveaux venus dans ces cellules, au vu et au su des policiers qui assistent avec leur aval. Les détentions arbitraires sont devenues monnaie courante, parce que c’est maintenant un business. Il faut arrêter pour que les parents aillent payer les amendes, pour faire fonctionner, soit disant, leurs services. Pourtant, ils sont subventionnés par l’Etat», a-t-il poursuivi.
Pour sa part, Mme Chloé Fabre a expliqué le sens de ce projet. «On travaille en étroite collaboration avec des petites organisations telles que le Cudohoc. Nous sommes sur un projet financé par l’Union européenne et une fondation américaine dont l’objectif est de prévenir et réagir contre les actes de torture, de détention arbitraire et abusive en République du Congo. On travaille aussi avec l’Observatoire congolais des droits de l’homme (O.c.d.h). Ensemble, nous accompagnons les petites organisations locales à mener des activités sur cette thématique. Si nous menons tous ces projets, c’est parce qu’on s’est rendu compte que les populations n’étaient informés pas sur leurs droits. Ces actes de détention arbitraire, de torture sont répandus. Malheureusement, les populations ne sont pas au courant que les sévices subis ne sont pas admis par la loi. D’où l’objectif de cette forme de sensibilisation d’aller de porte-à-porte, pour être directement avec les populations, pour qu’elles se défendent, en connaissant mieux le droit», a-t-elle déclaré.

Martin BALOUATA-MALEKA

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