Le monde a célébré, le 8 mars 2022, comme à l’accoutumée, la journée internationale des droits de la femme, sous le thème «L’égalité aujourd’hui, pour un avenir durable». Au Congo, le pays a marqué cet événement par l’adoption, au parlement, de la loi Emilienne Mouébara présentée par la ministre de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement, Inès Népher Ingani. Cette loi, qui défend les droits des femmes, est une grande avancée dans notre société où la femme est victime de violences et de privation de ses droits dans les familles. C’est dans ce contexte que les proches d’une étudiante, Chancélia Moulounda (27 ans), ont marqué un triste anniversaire, celui de sa détention sans jugement, depuis un an, à la Maison d’arrêt de Brazzaville.
L’histoire de cette étudiante n’est pas banale.
Arrêtée avec plusieurs camarades, pour «tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat», la jeune dame n’a jamais été présentée à un juge, pour lui signifier le motif de sa détention et lui donner l’occasion de se défendre. Tout comme ses codétenus.
Pour ce qui la concerne, la violence dont on parle à l’égard des femmes, leurs droits qu’il faut défendre, n’est-ce pas d’être protégée contre toute forme de violence, comme celle du système judiciaire?
Dans son dernier discours sur l’état de la Nation, le Président de la République a eu des mots très durs sur la justice de son pays. «A ce niveau, je ne peux m’empêcher de relever certaines pratiques contraires à l’éthique et susceptibles d’entamer la crédibilité de nos cours et tribunaux», avait indiqué le Chef de l’Etat. Apparemment, les propos présidentiels n’ont pas eu l’écho espéré dans les milieux de la Justice, quand on voit ce genre d’archaïsme qui persiste: placer un citoyen en prison et l’oublier.
Comment peut-on maintenir en prison une femme pendant une année, sans jamais la présenter à un juge? Lorsqu’il s’agit d’une femme et, qui plus, est une étudiante, avouons que c’est un scandale.
Espérons que la justice finira par se pencher sur son cas, objectivement.

Jean-Clotaire DIATOU

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