Prélude à la mise en service de l’Hôpital général de Djiri, construit dans le cadre du PSTP (Programme Santé Pour Tous) initié par le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, le Docteur Michel Valentin Gbala Sapoulou, chef du Projet d’Opérationnalisation de l’Hôpital général de Djiri, dans le 9ème arrondissement de Brazzaville, donne un éclairage sur le processus d’ouverture de cet hôpital. Expert en santé publique, diplômé de l’Université de Boston (Etats-Unis), spécialisé en politique et management des services de santé, ancien chef du PNLS (Programme National de Lutte contre le Sida), le Dr Sapoulou pense que l’expérience du Programme de Santé Pour Tous doit inciter le corps médical congolais à «soutenir la vision du Président de la République, Chef de l’Etat, d’apporter des soins de santé spécialisés de qualité au plus proche des populations».

Dr Michel Valentin Gbala Sapoulou.
Dr Michel Valentin Gbala Sapoulou.

* Monsieur le chef du projet, pourquoi cet hôpital est-il appelé «Hôpital général»?
** D’abord, merci de l’opportunité que vous me donnez de pouvoir communiquer sur l’Hôpital général de Djiri. Pourquoi l’hôpital de Djiri doit être considéré comme un hôpital général? Simplement parce qu’il a pour vocation d’offrir des soins de santé spécialisés aussi bien en médecine, en chirurgie, en gynécologie obstétrique, qu’en pédiatrie, cardiologie, néphrologie, neurologie, etc. Bref, dans toutes les spécialités médicales. L’architecture de cet hôpital est assez spécifique et ne correspond pas tout à fait à celle habituelle des hôpitaux généraux : il y a d’abord un grand service de «Consultations Externes». C’est là où nous avons toutes les spécialités. Il y a ensuite un grand service d’«Hospitalisation Commune» où seront admis les malades de toutes les spécialités. C’est un peu ça la particularité… Les services ne sont pas cloisonnés comme dans les hôpitaux généraux traditionnels. Mais, nous avons toutes les spécialités médicales.

* Docteur, vous êtes chef du projet, donc vous suivez sa réalisation. Quelles sont les difficultés rencontrées dans l’exécution de ce projet, car il a pris du temps?
** Les difficultés ont été nombreuses. Vous savez que, pour la construction des 12 hôpitaux généraux, la première pierre a été posée à Kinkala en 2014. Aujourd’hui, nous sommes en 2021, nous allons inaugurer le premier de ces 12 hôpitaux, c’est dire que le chemin parcouru n’a pas été facile. Les difficultés, vous le devinez bien, elles sont d’abord d’ordre économique. Puisque nous sommes un pays en double crise: financière et sanitaire. Ce qui, évidemment, a réduit les ressources de l’Etat. Ce qui a fait que les travaux de construction ont été retardés. Mais Dieu merci, au début de cette année, le Président de la République a instruit le Gouvernement, pour que deux de ces hôpitaux, notamment celui de Djiri à Brazzaville et celui de Ngoyo, à Pointe-Noire, puissent être ouverts cette année. Donc, c’est d’abord la volonté politique du Chef de l’Etat que ces hôpitaux ouvrent. Mais, il y a eu aussi d’autres difficultés d’ordre technique, pratique… D’abord, il fallait acquérir tout le plateau technique requis. Il y a eu des problèmes de virements avec la Banque centrale qui a demandé l’intervention du Président de la République, Chef de l’État et du Premier Ministre d’alors, Clément Mouamba. Et grâce à leurs interventions, ces difficultés ont pu contournées. Les équipements acquis, il fallait ensuite connecter l’hôpital au réseau électrique publique de E2C. Ça aussi, ça n’a pas été facile. Mais, comme je vous l’ai dit, la volonté politique du Chef de l’Étant constante, ces travaux ont été exécutés.
Après l’infrastructure, il fallait trouver le personnel. Ça n’a pas été facile également. Le Ministère de la Santé et de la Population nous a aidé en nous affectant une bonne partie du personnel qui est censé être les fonctionnaires, disposant déjà d’un poste budgétaire au niveau de l’État, c’est-à-dire de la Fonction Publique.

* Quelles sont les structures qui sont intervenues dans l’exécution ou la réalisation de ce projet? ** Le maître d’ouvrage, c’est le ministère de la santé, le maître d’ouvrage délégué, c’est le ministère des grands travaux. Les travaux ont été exécutés par la société brésilienne Asperbras, le tout sous la supervision du Gouvernement.
L’autre aspect qu’i faut évoquer, c’est aussi l’infrastructure technologique: l’Imagerie Médicale avec le scanner de marque Siemens, les automates de laboratoire, etc.

* Comment se présente l’hôpital général de Djiri, les services qui le composent, ses capacités d’accueil et la qualité de son plateau technique?
** L’hôpital est caractérisé par une architecture assez particulière. En ce sens, les différents services ne sont pas cloisonnés comme dans les hôpitaux généraux traditionnels. Nous avons d’abord un grand service de consultations externes, là où nous avons l’ensemble des spécialités : cardiologie, neurologie, maladies endocriniennes, Ophtalmologie, ORL, médecine dentaire, etc. A côté, nous avons un service d’Endoscopie Digestive, il y a ensuite le service des Urgences, un service d’imagerie médicale, un laboratoire, un bloc d’accouchement, un bloc opératoire, un service d’anesthésie réanimation, un grand service d’hospitalisation, pour tous les malades de toutes les spécialités, un service Covid-19. L’hôpital a une capacité d’environ 124 lits, nous disposerons à terme de 210 lits. Le plateau technique est très performant, nous avons un scanner, un appareil de radiographie fixe, deux appareils de radio mobile, les automates de laboratoire pour faire tous les types d’examens de laboratoire, de biochimie, de bactériologie, et même de virologie. Cet hôpital est un vrai bijou.

* Comment ça se passe pour le personnel? Est-il déjà recruté et formé par rapport à la vision de cet hôpital?
** Le personnel nous a été affecté par le Ministère de la Santé et de la Population. Il n’est pas au complet, mais nous le compléterons au fur et à mesure que le travail se fera. En fait, nous allons avoir un personnel fixe à l’hôpital et un personnel prestataire qui sera sur une sorte de plateforme rotative ou les acteurs vont travailler suivant un planning qui sera établi par pôles d’activités. Pour l’ensemble des spécialités, nous allons donc créer des pôles. C’est une organisation fonctionnelle que nous avons mis en place, pour pouvoir permettre à l’hôpital de fonctionner normalement… Nous avons donc des médecins propres à l’hôpital, et ceux d’autres hôpitaux, dans le cadre de la coopération inter-hospitalière, notamment les médecins du CHU, de l’Hôpital militaire, l’Hôpital de Talangai, Blanche Gomes, etc, qui seront sur une plateforme et qui vont travailler selon un planning qui sera défini au niveau de chaque pôle.

* L’Hôpital général de Djiri est le premier des douze hôpitaux généraux construits dans les douze départements du pays, à être inauguré. C’est la concrétisation de la vision du Président de la République à travers le Programme Santé Pour Tous. Comment voyez-vous le démarrage de cet hôpital?
** L’hôpital a déjà démarré.et c’est un privilège pour moi, de faire partie de l’équipe qui fait démarrer cet hôpital, et qui participe de ce fait à la concrétisation de la vision du président de la République et de la promesse qu’il a faite aux populations, de leur apporter au plus près les soins de santé spécialisés de qualité à travers la construction des 12 hôpitaux dans les 12 départements.

** J’aimerais que l’ensemble du personnel de l’hôpital garde à l’esprit que l’hôpital est un espace de fraternité, pour emprunter une formule au Directeur général du CHU. De l’accueil à l’hébergement, au séjour et la sortie du malade guéri, nous voulons que l’expérience de parcours de soins soit une expérience positive, fraternelle et chaleureuse, une expérience dont le malade se souviendra toujours avec reconnaissance et joie. Que cela ne soit pas une expérience traumatisante, comme nous le constatons parfois dans certains hôpitaux. Pour cela, il est important de s’aligner sur la vision du Chef de l’État qui nous demande d’offrir des soins de santé spécialisés de qualité à toute la population, à tous les individus, sans exception, et sans considérations de catégories sociales, ni discriminations. Enfin, si nous sommes arrivés au bout de ce projet de construction de l’hôpital, je voudrais exprimer ma gratitude, très humblement, d’abord à l’endroit de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Denis Sassou N’Guesso qui a accepté que j’assume cette charge, à Madame la Ministre Jacqueline Lydia Mikolo qui avait bien voulu me proposer et me nommer à ce poste et enfin à son successeur, le Ministre Gilbert Mokoki, qui m’a fait la confiance de me maintenir à ce poste, me permettant de conduire ce projet jusqu’à son terme, c’est-à-dire, à l’ouverture de l’Hôpital Général de Djiri. Je suis à ce sujet, un homme plus que comblé.

Propos recueillis par
Joseph MWISSI NKIENI

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