Le photographe belge Kris Pannecoucke tient une exposition à l’I.f.c de Brazzaville

Photographe et cinéaste belge né en 1969, à Kinshasa, en RD Congo, Kris Pannecoucke est l’invité spécial de la deuxième édition du Festival Kokutan’art (Rencontres internationales de la photographie d’auteur de Brazzaville), une initiative du photographe congolais, Lebon Chansard Ziavoula, alias Zed. L’artiste, natif de la rive gauche du Fleuve Congo, tient, depuis le 18 mai dernier, dans le hall de l’I.f.c (Institut français du Congo) de Brazzaville, une exposition-photos, objet de beaucoup de curiosité. L’auteur du livre-photos «Fleuve Congo river», publié en 2017, s’est prêté à nos questions, samedi 21 mai dernier, après la conférence de presse annonçant la tenue du Kokutan’art 2022.* Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?
** Je suis Kris Pannecoucke. Je suis photographe. Je fais aussi des documentaires pour la télévision. Je suis né en face, à Kinshasa. D’où peut-être ma passion de travailler en RD Congo et le fait que la majeure partie du temps, je travaille en tant que photographe dans ce pays. Mes photos, c’est plutôt dans le documentaire. J’investis le temps sur des sujets particuliers que j’essaie de développer. Ce sont des sujets à long terme qui prennent des mois pour être développés. C’est le cas de l’exposition que je tiens ici, à l’I.f.c.

* Comment et quand êtes-vous arrivé à la photo?
** Je pense que la première fois, c’est quand j’avais neuf ou dix ans. Mon père m’avait donné son appareil photo. Là, j’ai commencé à découvrir c’est quoi la force aussi de la photo. Mais, c’est beaucoup plus tard, quand j’avais, je crois, 18 ans, l’âge où on s’est dit: tiens, qu’est-ce qu’on doit faire dans la vie? Là, c’était quand même la passion pour la photo, pour les découvertes, les reportages qui m’a donné envie de faire ce métier.

* Vous êtes l’invité spécial de la deuxième édition du Festival Kokutan’art. Comment s’est faite la rencontre avec les organisateurs de cet événement?
** En fait, la rencontre, c’est avec Régis (ndlr: le directeur délégué de l’I.f.c). A l’époque, il était directeur de l’Institut français en RD Congo, à Kinsangani. C’est pendant une exposition à Kinshasa qu’il a vu mon travail et on est resté en contact.

* Vous prenez part, j’imagine pour la première fois, à Kokutana’art, quels sont vos sentiments?
** Effectivement, c’est pour la première fois que je prends part à ce festival qui est encore un bébé et la première édition a été organisée, à moitié, en virtuel, à cause de la covid-19. Mes sentiments, c’est que je suis très content, très fier de prendre part à cet événement. Je suis également très content de la naissance de ce festival. J’avais toujours pensé à l’existence d’un festival photos à Kinshasa, mais cela ne s’est jamais fait. Sur ce plan, Brazzaville a pris les devants. Je pense que ce festival est un grand moment pour échanger les idées, les expériences, la manière de regarder le monde. Je pense que le temps du festival, il y aura plein d’échanges, non seulement entre photographes, mais aussi avec d’autres artistes, avec le public. Ce sera par exemple l’occasion de discuter sur comment sera l’Afrique de demain.
En Afrique, il y a deux festivals de photographie déjà connus, celui de Bamako et de Lagos. Chaque édition, il y a énormément d’échanges, d’artistes photographes qui s’inspirent des expériences des uns et des autres. Je pense que ce festival va trouver sa place dans le monde des festivals photos en Afrique.

* Ceci dit, pouvez-vous maintenant nous parler de votre exposition?
** Mon exposition est composée d’une vingtaine de photos, divisées en deux. Il y a une partie constituée de photos qui sont le fruit d’un travail qui date. Chaque fois que j’avais un peu de temps libre, je partais sur le fleuve, découvrir la République Démocratique du Congo, un pays différent de la République du Congo, très vaste, où il y a peu de routes et où le fleuve et ses affluents sont extrêmement importants. En tout cas, si vous voulez découvrir la RDC, il faut passer par le fleuve. Et puis, il y a un travail qui est un peu plus récent sur lequel je travaille toujours d’ailleurs. C’est une série de portraits d’artistes performeurs qui récupèrent du matériel dans les rues, les poubelles, pour en créer des costumes qui ont, tous, une petite histoire derrière.

Propos recueillis par Nana KABA 

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