Tribunal de grande instance de Brazzaville

Deux présumés délinquants fauniques à la barre à Brazzaville

Une audience portant sur une affaire liée au trafic d’ivoire est prévue, lundi 23 janvier 2023, au Tribunal de grande instance de Brazzaville. Deux présumés délinquants fauniques y répondent de leurs actes devant la justice. Il s’agit d’une affaire impliquant deux individus dont l’un avait été interpellé le 11 octobre 2021, à Brazzaville, par les agents du service des eaux et forêts, en synergie avec les éléments de la police. Interpellation faisant suite à la découverte, au poste de contrôle de Mbouambé-Léfini, d’une glacière contenant cinq morceaux d’ivoire et trois queues d’éléphants dans un véhicule en provenance de Makoua. L’autre présumé trafiquant serait l’expéditeur de ce colis. Il avait été rattrapé par la police, le 19 février 2022, à Makoua, dans le Département de la Cuvette.

Le présumé délinquant faunique interpellé à Makoua est accusé d’abattage d’une espèce animale intégralement protégée (éléphant), circulation et commercialisation de trophées de cette espèce, à savoir cinq morceaux d’ivoire et trois queues d’éléphant. Celui de Brazzaville, lui, est soupçonné de complicité de détention et circulation desdits produits. Informé depuis la première interpellation, le Palf (Projet d’application de la loi sur la faune sauvage) apporte son appui technique et juridique dans cette affaire. L’audience du lundi 23 janvier consacrée aux réquisitions et plaidoiries a été finalement renvoyée au lundi 6 février prochain.

Au cours des dernières années, le trafic des espèces fauniques est devenu plus organisé, plus lucratif et plus dangereux. Il a pris de l’ampleur au niveau mondial, au même titre que le trafic de drogue. Le commerce illégal de produits de faune conduit à l’extinction des espèces fauniques à travers le monde.

Conscient de ce fait, le Congo s’est engagé à protéger ses espèces animales en voie d’extinction et reste vigilant. Il sanctionne tous ceux qui entravent la loi en matière de protection de la faune sauvage. Dans ce sens, un grand travail est régulièrement accompli par les autorités. Les actes commis par les présumés délinquants de faune sauvage ne peuvent demeurer impunis.

En République du Congo, l’éléphant fait partie des espèces animales intégralement protégées. L’article 27 de la loi congolaise en matière de protection des espèces fauniques stipule: «L’importation; l’exportation; la détention et le transit sur le territoire national des espèces intégralement protégées ainsi que de leurs trophées sont strictement interdits; sauf dérogation spéciale de l’administration des eaux et forêts; pour les besoins de la recherche scientifique». Les contrevenants de ces dispositions légales risquent des peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement ferme et une amende pouvant atteindre cinq millions de francs Cfa.

Achille TCHIKABAKA