Département de la Likouala

Des détonations au camp de la base aérienne d’Impfondo ont créé la panique

Impfondo, chef-lieu du Département de la Likouala, communauté urbaine avec ses 71 mille habitants, a connu une panique générale, dans la matinée du mardi 10 janvier 2023, à la suite des explosions venant du camp de la base, situé près de l’aéroport. Ne sachant pas l’origine des fortes détonations entendues dans la ville, à partir de 9h, les habitants ont couru dans tous les sens pour se mettre à l’abri. Certains, pensant même à une attaque militaire, sont sortis de la ville, pour se réfugier dans les villages environnants.

Les explosions d’Impfondo seraient dues à un incendie qui se serait déclaré au magasin de munitions de l’armée, au camp de la base. A l’exemple des explosions du camp militaire de Mpila, à Brazzaville, le 4 mars 2012. Au moins à Impfondo, on ne déplore pas de perte en vie humaine. Juste deux blessés légers et des dégâts matériels, notamment à l’intérieur du camp militaire. Mais, la panique était grande dans la ville et les populations perturbées dans leurs occupations.

Il a fallu attendre le journal de Télé-Congo, la chaîne nationale, à 20h, qui a commencé avec un retard d’une demi-heure, pour enfin avoir une version officielle de ce qui s’est produit à Impfondo. Invité du journal, le général de police de première classe Albert Ngoto, commandant de la sécurité civile, qui a fait partie de la délégation de la force mixte dépêchée à Impfondo, a expliqué la situation en ces termes:

«Nous connaissons, tous, le sensibilisme du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef suprême des armées, qui, informé de la situation, a tout de suite instruit les deux ministres en charge respectivement de la défense nationale et de la sécurité, afin de gérer la situation. A leur tour, ils ont ordonné au chef d’Etat-major général des Forces armées congolaises, coordonnateur du groupe d’anticipation stratégique, qui a cornaqué une délégation dans laquelle figurait le directeur des opérations de l’Etat-major général. Nous nous sommes donc rendus, en début d’après-midi, (à Impfondo). Nous nous sommes fait conter la situation par le commandant de la Zone de défense n°6 et les autres membres du commandement mixte de la force publique. Il s’agissait, en fait, de ce qu’aux environs de 9h, a été entendue une détonation, suivie de quelques autres, au niveau du magasin de munitions de la Zone de défense n°6. Les personnels de la zone ont pris des dispositions idoines au plan militaire et se sont mis à observer l’évolution de la situation qui a fait qu’au plan matériel, le magasin de munitions a été soufflé par l’explosion, et puis le secrétariat du commandant de zone dont les bureaux ont été endommagés, particulièrement le matériel informatique.

Au plan humain, il s’agit de deux blessés très légers: un motocycliste et son passager qui, pris de panique, ont chuté de leur moto. Nous sommes restés à Impfondo et le commandant de zone a donné des instructions, afin que toutes les dispositions soient prises pour que très rapidement et en collaboration avec les autorités administratives locales, que l’épicentre de l’incendie soit refroidi, par tous les moyens, en termes de réquisition et également par les moyens propres, car dans les alentours, il y a des centres de secours de la sécurité civile. Et des engins de secours vont y déferler, afin de participer à l’opération. Ensuite, le chef d’Etat-major général a ordonné également qu’une sensibilisation, très approfondie, soit effectuée à l’endroit des populations, afin que ces dernières vaquent très librement à leurs occupations. Ce qui était d’ailleurs déjà le cas, pendant que nous nous y trouvions, et qu’elles signalent tout engin suspect qu’elles découvriraient dans cette zone».

Plus de peur que de mal, la vie a repris son cours normal à Impfondo! Mais, on parlera encore longtemps de ces entrepôts de munitions qui prennent feu à la surprise générale et qui deviennent des lieux très très dangereux!

Urbain NZABANI