Département du Pool

Des coupeurs de route sur la route lourde dans le District de Mayama?

De l’insécurité sur le tronçon Pool de la route lourde Brazzaville/Pointe-Noire? En tout cas, on n’en douterait plus, au regard de ce qui s’est passé dans la soirée du mercredi 19 octobre 2022. Le phénomène de coupeurs de route semble faire son apparition sur cette route qui connaît pourtant un trafic automobile important.

En effet, au moins quatre véhicules ont subi des tirs d’armes automatiques Kalachnikov à hauteur d’un village du District de Mayama. Ils ont foncé jusqu’à Yé, dans le District d’Igné, où ils ont constaté qu’un véhicule de marque Toyota Prado, avec trois occupants à bord, avait des impacts importants de tirs d’armes automatiques. Un des chauffeurs a dit avoir perçu au loin dans la savane, des silhouettes de trois ou quatre personnes armées qui tiraient. Curieusement, on ne déplore ni mort ni blessé dans tous les véhicules qui ont subi ces tirs.

A la suite de cet incident, le trafic a été interrompu. Il l’était encore de 10h à 14h environ dans la journée du jeudi 20 octobre. Des officiers de sécurité sont partis de Brazzaville, pour aller s’en quérir de la situation sur place. D’après certaines indiscrétions, le pasteur Ntumi, contacté par les autorités locales du Pool, aurait décliné toute responsabilité dans cette situation. Il aurait avancé que ses enfants vont à l’école à Kinkala et qu’il a ses chantiers dans le Pool. Il ne voit donc pas pourquoi il créerait l’insécurité dans le département. Mais, cette zone du District de Mayama connaît une présence massive d’ex-combattants ninjas.

Ces attaques armées contre les automobilistes sont-ils alors le fait des militaires mécontents de leurs conditions de vie dans le Pool? En tout cas, c’est un secret de Polichinelle que les militaires restés déployés dans ce département n’ont pas régulièrement de ration alimentaire. Ils peuvent passer des semaines voire des mois sans que la ration alimentaire ne leur soit fournie. Depuis la fin des hostilités armées entre les rebelles ninjas du pasteur Ntumi et la Force publique, par la signature de l’accord de Kinkala, en décembre 2017, les militaires maintenus sur place se débrouillent pour vivre au jour le jour. Certains d’entre eux peuvent-ils s’aventurer jusqu’à créer ce genre d’incidents, pour attirer l’attention des gouvernants sur leurs conditions de vie? On ne saurait le dire. Surtout que depuis la survenue de ces incidents, le gouvernement est resté silencieux. Les appels au retrait des militaires restés déployés dans le Pool demeurent sans suite au niveau du gouvernement.

Récemment, la situation du Pool était au cœur de la rencontre entre le vice-amiral Jean-Dominique Okemba et les combattants de la diaspora, à l’Ambassade du Congo à Paris. Les incidents sur la route lourde sont venus rappeler que le Département du Pool est dans une situation de ni guerre ni paix, en raison des questions non encore totalement réglées comme la réinsertion des ex-combattants et le retrait des militaires déployés pendant les hostilités armées. L’accord de Kinkala a pourtant tout prévu, pour que la paix soit totale dans le Pool. Mais, le traitement intégral de ces questions requiert une volonté politique qui semble faire défaut depuis. A quand la paix définitive dans le Pool? La question reste posée!

Urbain NZABANI

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