Dans la Lékoumou, entreprises et administration sont désormais vent debout pour l’aménagement des unités forestières. Une grande première dans ce département où l’exploitation a souvent précédé l’aménagement.

Souriant et décontracté, Fabrice Kimpoutou, assistant à la recherche au sein de l’O.n.g R.p.d.h (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme), est visiblement satisfait. «Nous avons pu trouver ce que nous étions allés chercher dans le Département de la Lékoumou», se réjouit-il. En mai dernier, il avait conduit une mission de six jours dans la Lékoumou. Parmi les objectifs poursuivis: «mesurer l’état d’avancement du processus d’aménagement des forêts de ce département». Ce travail se fait dans le cadre du projet intitulé: «Utiliser les politiques européennes pour protéger les droits (des riverains d’exploitation forestière) et réduire la déforestation mondiale».
Financé par l’Agence norvégienne de développement (Norad), à travers le Programme norvégien pour le climat et la sauvegarde des forêts tropicales et exécuté par la R.p.d.h, avec l’appui technique de son partenaire, Fern, une O.n.g spécialisée dans le suivi de l’implication de l’Union européenne dans les forêts tropicales et grâce au soutien financier, ce projet, entamé en décembre dernier, a une durée de cinq ans. Il vise essentiellement à améliorer la gouvernance forestière au Congo en général, au Kouilou et dans la Lékoumou en particulier.
Dans ces deux départements comme un peu partout au Sud du Congo, les forêts ne sont pas aménagées. Ce qui prive les communautés locales et populations autochtones ou populations riveraines de jouir des retombées de l’exploitation forestière de ces départements.
Mais, à en croire l’administration forestière, les lignes sont en train de bouger dans la Lékoumou. «Aujourd’hui, nous avons deux sociétés dont les plans d’aménagement ont été approuvés. Il s’agit de Taman Industries qui opère dans l’Unité forestière d’exploitation (Ufe) Mpoukou-Ogooué (Cf. décret n°2018-286 du 18 juillet 2018) et Asia Congo industries dont les activités sont menées dans l’Ufe Bambama, comme le signifie le décret n°2018-287 du 18 juillet 2018», révélait Édouard Tabaka, chef de service forêts au sein de la Direction départementale de l’économie forestière de la Lékoumou, lors des échanges avec la délégation de la R.p.d.h.
Selon lui, d’autres plans d’aménagement sont en cours d’approbation ou de validation. D’autres entreprises n’ont pas encore de plans d’aménagement. En raison de plusieurs difficultés dont les finances, car c’est un processus «très onéreux».
Toutefois, le défaut de plan d’aménagement expose ainsi à plusieurs sanctions lourdes. «Sauf cas de force majeure signalé à l’administration, le défaut du plan d’aménagement donne lieu à des sanctions telles que le retour au domaine ou le retrait du contrat. Et l’État change de partenaire», explique Édouard Tabaka.
Mais avant la répression, l’heure est à la pédagogie. «Par rapport à la vision du Ministère à travers des initiatives à résultats rapides (I.r.r), nous sommes passés dans des chantiers pour administrer des formations sur l’aménagement, car on a plus besoin de partenaires qui connaissent la loi et la respectent que ceux qui l’ignorent et la violent». «En avril dernier, nous avons subi des séances de renforcement des capacités de la part des responsables de la direction départementale de l’économie forestière», reconnaît André Moupila, topographe en service à la base Sicofor du village Mbetegué, dans le District de Komono.

John NDINGA NGOMA

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