Transport aérien

Denis Christel Sassou-Nguesso a-t-il réellement convaincu sur la reprise d’Ecair?

Lors du premier forum sur les partenariats public-privé organisé du 30 au 31 mai 2022, au Centre de conférence internationale de Kintélé, au Nord de Brazzaville, par le Ministère de la coopération internationale et de la promotion du partenariat public-privé, le ministre Denis Christel Sassou-Nguesso a dû répondre à une question sur la compagnie aérienne nationale Ecair, en inactivité depuis octobre 2015, à la suite d’une décision de l’Asecna (Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et Madagascar) ayant cloué ses avions au sol, pour des arriérés de paiement. Mais a-t-il convaincu sur l’information qu’il a donnée à ses concitoyens? Il y a de quoi en douter.

Le 7 janvier 2022, lui et son homologue Jean-Marc Thystère-Tchicaya, ministre en charge des transports, avaient signé, à Brazzaville, un mémorandum d’entente avec le Sud-africain Eric Kenneth Mouritzen, président-directeur général de la société Allegiance capital, portant sur 25 millions de dollars américains (près de 15 milliards de francs Cfa), pour la reprise des activités d’Ecair. Lors forum sur les partenariast public-privé, le ministre Sassou-Nguesso est revenu sur cette convention, en ces termes:
Le ministre Denis Christel Sassou-Nguesso pendant son intervention sur Ecair
Le ministre Denis Christel Sassou-Nguesso pendant son intervention sur Ecair
«Je voulais revenir un peu sur la question qui a été posée concernant la société Ecair. Je pense que lorsque nous organisons un forum et que les membres du gouvernement sont présents dans la salle, nous devons donner une information exacte et précise à nos concitoyens sur un dossier qui est suivi par le gouvernement. Pour compléter ce que Madame la conseillère du ministre des transports a commencé à dire, sur le dossier Ecair, il faudrait que nos concitoyens sachent exactement où nous en sommes et ce que nous faisons. En ma qualité de ministre de la coopération internationale, c’est un dossier que j’ai suivi en étroite collaboration avec mon collègue des transports, puisque nous avons trouvé, ensemble, le partenaire, Allegeance capital.
Qu’en est-il aujourd’hui, de façon précise? Nous avons pris deux types d’obligation. L’Etat s’est engagé à prendre en charge, via la C.c.a (Caisse congolaise d’amortissement), la dette sociale que nous devons régler, puisque ces obligations sont contenues, aujourd’hui, dans le pacte d’actionnaires qui a été signé par le nouveau conseil d’administration. Donc, l’Etat s’est engagé, à travers la C.c.a, à payer la dette sociale. Nous devons payer la dette bancaire d’Ecair qui est identifiée et nous devons également payer la dette de l’Etat auprès d’un organisme qui s’appelle le C.t.a, le certificat de transport aérien, qui permettra à Ecair, une fois cette dette apurée, de pouvoir revoler.
De son côté, le partenaire s’est engagé à financer tous les investissements sur les quatre appareils d’Ecair qui, aujourd’hui, sont au sol, c’est-à-dire la remise en état, payer les assurances et faire tous les check aviation pour permettre à la compagnie de disposer de sa flotte. Mais, le partenaire ne s’arrête pas là. Dans le cadre de la convention que nous avons signée, le partenaire s’engage à continuer les investissements, pour développer une flotte pour le cargo et il va également développer une flotte pour l’aviation d’affaires.
Donc,  en réalité, les investissements de l’Etat ne se limitent qu’au passif qui est déjà identifié. Mais, le partenaire que nous avons identifié et avec lequel nous avons signé, va poursuivre toute la phase d’investissement». Fin de citation.
Alors qu’il a voulu donner à ses concitoyens, dont les agents d’Ecair qui attendent depuis bientôt sept ans de retrouver leur travail, «une information exacte et précise», le ministre de la coopération internationale s’est gardé d’avancer le moindre chiffre concernant la dette sociale que l’Etat s’est engagé à régler, via la C.c.a. Il n’a pas non plus dit le niveau de la dette bancaire et la dette auprès du C.t.a. Pas un mot sur la dette à l’égard des fournisseurs et de l’Asecna. Enfin, s’il y a des dettes identifiées, cela signifie-t-il qu’il y en a qui ne sont pas encore identifiées?
Enfin, on peut aussi se poser la question de savoir qui préside le nouveau conseil d’administration, car l’ancien, qui est responsable de la gestion désastreuse de la compagnie aérienne qu’il a laissée hyper-endettée, s’est tiré sans rendre des comptes. Et la compagnie aura-t-elle toujours la même direction générale, maintenant qu’il y a un nouveau partenaire actionnaire? Bref, attendons de voir les avions d’Ecair revoler, pour apprécier l’efficacité de la solution du gouvernement. D’ici là, ses agents ont encore du temps à passer à la maison. Car, l’Etat, lui-même déjà très endetté, va-t-il prioriser le paiement de la dette sociale d’Ecair? A combien s’élève-t-elle? On a l’impression de se retrouver dans l’histoire du serpent qui se mord la queue. Mais, ce n’est qu’une impression!
Jean-Claude DIATOU

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