Délégation de l’Union européenne au Congo-Brazzaville

Accompagner les associations des M.s.g dans la protection de leurs droits

La délégation de l’Union européenne a organisé, mardi 6 décembre 2022, une conférence sur les minorités sexuelles et de genre (M.s.g) au Congo-Brazzaville, sous le patronage de l’ambassadeur Giacomo Durazzo, du directeur exécutif de l’Association cœur arc-en-ciel, Jean-Claude Pongault Elongo, du président d’Urgence congolaise L.g.b.t (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), et, à distance via Webex, de l’ambassadeur de la France pour les droits des personnes L.g.b.t, Jean-Marc Berthon, du point focal de l’action de l’Union européenne à l’étranger en faveur des droits des M.s.g, Marion Reach, sans oublier les membres des associations qui travaillent sur les questions des minorités sexuelles.

Dans son allocution, Giacomo Durazzo a rappelé la vision sociale de l’Union européenne. «La vision du monde par l’Union européenne est celle d’une société dans laquelle on célèbre la diversité en tant qu’élément de notre richesse collective à ces valeurs de justice, de tolérance et d’égalité. L’Union européenne a, elle aussi, clarifié le cadre qu’elle souhaitait donner au combat qu’elle mène contre les discriminations à l’encontre des minorités sexuelles et identité de genre», a-t-il déclaré. Selon lui, «2022 sera probablement l’année à retenir dans la relation que nous entretenons avec les organisations de la société civile de défense des M.s.g en général mais aussi plus spécifiquement avec l’Association de soutien aux groupes vulnérables, l’Association femmes égales ou même Urgence congolaise L.g.b.t».

Les participants et les diplomates pendant la conférence.
Les participants et les diplomates pendant la conférence.

Dans une modération de Hugo Thomas affecté à la section politique de la Délégation de l’Union européenne, les participants ont suivi trois thèmes à savoir: la situation de la communauté M.s.g au Congo, état des lieux et perspectives; l’engagement de l’Union européenne et de ses Etats membres en faveur des droits M.s.g dans le monde et le renforcement des capacités des organisations de la société civile M.s.g congolaise, sensibilisation et plaidoyer.

Selon Nelson Apanga, le travail en milieu estudiantin afin de protéger les étudiants L.g.b.t au Congo n’est pas facile. «Ils sont victimes, chaque année, de violences, de discriminations», a-t-il fait savoir. Il a invité les membres de sa communauté à «s’auto-discriminer, à s’imposer et à s’assumer».

Pendant son exposé, Jean-Claude Pongault Elongo a demandé à «l’Union européenne de voir dans quelle mesure les sociétés pétrolières peuvent organiser des journées d’information et de sensibilisation sur la lutte contre les discriminations dont sont victimes les M.s.g».

La communauté congolaise L.g.b.t a aussi demandé à la délégation de l’Union européenne de créer un cadre cohérent, pour l’épanouissement de ses membres et, surtout, de faire passer certains messages aux pouvoirs publics, pour la protection de leurs droits et aider les populations à comprendre que la communauté L.g.b.t doit vivre en liberté. Les messages peuvent aussi être passés à travers l’art: la musique; le slam; le théâtre…

Par l’organisation de cette rencontre, la délégation de l’Union européenne a prouvé son attachement à la question L.g.b.t et la participation de Jean-Marc Berthon, nouvel ambassadeur de France aux droits L.g.b.t, est un témoignage fort, pour le respect des M.s.g au Congo. Les associations congolaises de M.s.g demandent à la France et à l’Union européenne d’appuyer le mouvement L.g.b.t et de revoir l’enveloppe mise à leur disposition, pour la sensibilisation et le plaidoyer.

Narcisse MAVOUNGOU