Dans le cadre de ses conférences-débats organisées à l’I.f.c (Institut français du Congo) de Brazzaville, la Fondation Niosi avait invité, jeudi 9 décembre 2021, un de ses membres, Alphonse Malonga, expert en décentralisation, pour présenter le thème: «La gestion municipale des marchés domaniaux: cas du marché Bernard Kolélas, ex-Total» de Bacongo. Sous la modération du Pr Josué Ndamba, le conférencier a focalisé sa communication sur l’organisation et le fonctionnement du Marché Bernard Kolélas et il a relevé la nécessité de réglementer la gestion de ce marché, l’un des plus importants de Brazzaville, pour un bon fonctionnement.

Selon Alphonse Malonga, les problèmes posés par la croissance accélérée de la population urbaine se retrouvent à une échelle réduite dans les marchés domaniaux des villes congolaises. Les mairies font face à l’occupation anarchique de l’espace, à l’accumulation des déchets formant des décharges à ciel ouvert, à l’insalubrité surtout en période de pluies, à l’imposition de taxes incontrôlées, à l’expansion anarchique du marché et bien d’autres situations nuisibles au bon fonctionnement du marché.
Tous ces problèmes soulèvent la nécessité d’instaurer une gestion citoyenne des marchés domaniaux, en organisant par exemple les commerçants vendeurs en associations. Pour le cas du marché Total, l’occupation anarchique des places et des rues adjacentes par les vendeurs ambulants, circonstanciels et occasionnels devient préoccupante. La demande de places est forte, malheureusement, la gestion du marché faisant défaut, les vendeurs s’installent là où ils peuvent, dans l’anarchie totale. C’est comme si secteur informel rime avec anarchie.
Le Marché Bernard Kolélas est un patrimoine municipal avec trois niveaux d’occupations. A ce jour, ce marché répond à trois caractéristiques: le marché officiel couvert; le marché réel éclaté; l’hyper-centre et les excroissances qui vont jusque dans les rues adjacentes. L’administration municipale n’arrive pas à freiner le développement incontrôlé de ce marché qui s’agrandit de façon exponentielle, pour aboutir à une saturation qui le rend incontrôlable, faisant ainsi le lit du désordre et de l’anarchie qui profitent aux esprits véreux.
Ainsi, on y relève plusieurs maux: insécurité; disputes; violences; encombrement; promiscuité; nuisances de tous genres (sonores, olfactives…); incivisme; vol; corruption; escroquerie; arnaque; abus de pouvoir; trafic d’influence, etc.
La bonne organisation et le meilleur fonctionnement de ce marché incombent aux autorités municipales que sont le Conseil municipal sur l’organisation et la gestion ainsi que le maire qui dispose d’un pouvoir de police générale et de polices spéciales. Jusqu’en 2014, le Marché Bernard Kolélas disposait d’une capacité de 8.000 places, dont 1.800 places couvertes et 6.200 non couvertes. Actuellement ses capacités sont de 2.000 places couvertes et environ 6.000 places officiellement recensées.
Les modes d’occupation des places de vente sont multiples: autorisations d’occupation temporaire; sous-location; cession; partage d’installations et occupation occasionnelle sans autorisation.
Le potentiel fiscal est variable. Le paiement de la concession est de 7.000 francs Cfa. Le droit d’occupation du domaine est de 9.000 f Cfa par mois. Le droit de place quotidien s’élève à 100 f Cfa. Le droit de balayage quotidien est de 300 f Cfa par jour. A cela s’ajoute d’autres taxes.
En résumé, tous ces problèmes sont constatés et multipliés par le manque de civisme. Vendeurs et gestionnaires ignorent leurs droits et devoirs. Le débat s’est conclu sur la nécessité de mettre en place une gestion basée sur une gouvernance responsable, pour mettre fin au désordre.

Martin BALOUATA-MALEKA

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