Dany Bitsindou, auteur du livre «Ultime combat de Guy-Brice Parfait Kolélas»

«Seul, le congrès mettra de l’ordre au sein de l’U.d.h-Yuki»

Alors qu’à Brazzaville, le parti traverse une agitation interne due à la mauvaise interprétation de ses textes fondamentaux (statuts, règlement intérieur), Dany Bitsindou, l’un des responsables de l’U.d.h-Yuki en France, auteur du livre «Ultime combat de Guy-Brice Parfait Kolélas», a organisé, le 29 octobre 2022, une causerie-débat autour de son livre, à l’Hôtel Campanile Porte d’Italie, à Paris. Les participants, pour la plupart membres dudit parti et amis de l’auteur, ont formulé le souhait de voir le parti de Guy-Brice Parfait Kolélas reprendre vie et tourner la page de la présidence intérimaire. Au cours d’une interview au téléphone, Dany Bitsindou a dit ce qu’il pense de la vie actuelle de l’U.d.h-Yuki et de ses dirigeants. Entretien!

* Malgré la médiation menée par le sénateur Ludovic Miyouna et l’ancien ministre Michel Mampouya, l’U.d.h-Yuki ne trouve pas le calme et la cohésion en son sein. A quoi est dû cet état des choses?

** Nous devons déjà saluer les efforts engagés par l’ancien ministre Michel Mampouya et le vénérable sénateur Ludovic Miyouna, pour avoir aidé la direction du parti à créer les conditions d’un consensus, avant les élections législatives et locales de juillet 2022. Bien entendu, dans tous les partis politiques, même ici en France, il y a des divergences de points de vue sur l’orientation politique. Raison pour laquelle il y a des courants au sein des partis.

Cependant, la particularité au sein de mon parti, l’U.d.h-Yuki, c’est qu’il ne s’agit pas d’un conflit de vision politique ni d’idées, mais d’un conflit touchant à l’intégrité et à la cohésion du parti, par la violation récurrente de ses textes fondateurs, sous le silence étonnant de notre secrétariat général sensé veiller au respect de ceux-ci et à l’équilibre des instances du parti. C’est simplement une trahison de la base militante et des médiateurs par les membres du Bureau politique et du Secrétariat général qui se dribblent entre eux, à travers les actes administratifs fantaisistes visant à organiser la pagaille et saboter le parti, pour leurs intérêts personnels.

* Le plus grand enjeu du congrès, c’est la mise en place des instances dirigeantes du parti. Feriez-vous acte de candidature au poste de président du parti? Si oui, une fois élu, quelles seront vos priorités?

** Je ne peux pas être candidat au poste de président du parti, car je soutiens qu’il faut supprimer ce poste en mémoire du président Guy-Brice Parfait Kolélas. Je pense plutôt que le congrès devrait permettre à tous ceux qui veulent être candidats à la direction du parti, de faire connaître leurs propositions sur les défis du parti, particulièrement la restructuration de son Bureau exécutif national et des autres instances intermédiaires, pour susciter une nouvelle espérance.

Donc, il faut s’organiser autour des motions. Ma modeste personne importe peu. Voyez-vous, actuellement le parti est otage des humeurs et caprices de quelques membres de son Bureau politique et la base militante est excédée.

Je crois que le parti devrait être dirigé par un délégué général qui sera accompagné par douze délégués départementaux, des délégués fédéraux et des conseillers nommés avec un secrétariat général efficacement restructuré. À chaque membre de cette équipe dirigeante sera attribuée une responsabilité. Voilà, à mon sens, l’un des grands enjeux du congrès nécessitant l’évolution des textes, donc un cadre préliminaire de concertation où les différents points de vue des instances dirigeantes intermédiaires du parti peuvent être recueillis, afin d’imaginer un projet des statuts et de règlement intérieur adéquats et amendables au congrès.

Malheureusement, cela ne me semble pas être le cas. Pire, une commission d’organisation du congrès a été créée, en violation flagrante des prérogatives du Bureau exécutif national et des engagements pris devant les médiateurs.

* Vous avez organisez un échange-débat, à Paris, autour de votre livre. Pour quel intérêt, lorsqu’on sait bien que votre livre est sorti depuis mars 2022?

** Mon cher frère, ne développe pas un syndrome de suspicion à chacune de mes actions (rire…). Mon intérêt pour cet échange-débat est purement littéraire. Cet échange avait d’abord été programmé le 6 août, avant d’être reporté au 29 octobre, pour des raisons pratiques. C’est un débat convivial avec les lecteurs; une occasion d’écouter les critiques sur le livre, pour permettre d’améliorer les projets qui vont suivre. Je profite de cette opportunité pour remercier toutes les personnes qui étaient à cet échange-débat et leur exprimer tout mon plaisir pour la qualité de nos échanges.

* Quelles stratégies pour l’U.d.h-Yuki de reconquérir l’espace politique national, après la disparition tragique de son leader?

**Avant même de parler de la reconquête de l’espace politique national, il faut déjà une structure directionnelle à laquelle la base militante fait confiance. Il se trouve que cette confiance est altérée par les actes, méthodes et comportements managériaux qui ne consolident en aucun cas l’unité et la cohésion du parti. Nous avons, tous, connu le leadership du président Guy-Brice Parfait Kolélas. Il n’y a aucun trait de caractère entre son humilité légendaire et l’égo surdimensionné des nouveaux seigneurs de l’U.d.h-Yuki, après la disparition de notre leader.

Guy-Brice Parfait Kolélas.
Guy-Brice Parfait Kolélas.

Aussi, faut-il mener une réflexion collective et une analyse objective de l’encrage électoral du parti, en s’appuyant sur le rapport des élections législatives et locales de juillet 2022. Malheureusement, près de trois mois après ces élections, le Bureau politique reste encore en attente du rapport, si j’ai bien compris les demandes formulées dans la note circulaire n°4.

A mon avis, il faut convoquer une convention nationale, dans les meilleurs délais, pour évaluer la situation générale du parti, reconsidérer certains actes pris par le Bureau politique et mettre en place, en toute impartialité, une commission chargée de préparer le congrès, crédible et légitimée. Cette commission pourra être composée des députés et élus locaux, car ils jouissent de la légitimité électorale, des présidents des bureaux départementaux et fédéraux, parce qu’ils assurent la responsabilité de dirigeants au niveau intermédiaire, donc ils représentent bien la base militante; et par nécessité de fonctionnement, des cadres du parti dont la probité morale n’est pas entachée par la gestion en cours du parti. Les personnes qui constitueront cette commission ne pourront pas candidater à la direction du parti. Cela évitera les conflits d’intérêts.

* Que veulent les dirigeants actuels du parti?

** Que voulez-vous que je dise alors de ces dirigeants actuels de l’U.d.h-Yuki? Ils n’ont aucun projet viable pour l’avenir du parti et de sa jeunesse. Et pourtant, le président Kolélas responsabilisait déjà les jeunes cadres du parti. Vous avez vu pendant l’élection présidentielle de 2021. Les membres du Bureau exécutif national se dribblaient entre eux, pour avoir une position dominante au sein de la direction du parti, pour s’assurer la promotion sociale et les effets financiers y relatifs. Alors que l’U.d.h-Yuki, aujourd’hui plus grand parti de l’opposition congolaise et, selon moi, l’une des meilleures réussites politiques du président Guy-Brice Parfait Kolélas, doit jouer son rôle sur la scène politique.

Malheureusement, les dirigeants actuels sont en train d’organiser le chaos et entraîner l’U.d.h-Yuki dans un congrès de la division, puisque dans l’esprit même de la note circulaire numéro 04 prise par le premier vice-président, la Fédération U.d.h-Yuki France est déjà exclue du processus.

Tous, ils disent poursuivre la vision de Guy-Brice Parfait Kolélas, mais dans leurs actes, ils déconstruisent tout ce que le président Kolélas a construit politiquement, au prix de sa vie. Car, la Fédération France est bien une œuvre du président Guy-Brice Parfait Kolélas, dont il était lui-même le président du Conseil d’administration, conformément aux statuts de cette fédération. Et Dieu seul sait ce qui s’est passé, le jour de la mise en place de cette fédération. Vous demanderez à certains membres du Bureau politique de l’U.d.h-Yuki qui accompagnaient le président Kolélas, ce 6 janvier 2018, à Blanc-Mesnil où avait lieu l’installation du premier bureau de cette fédération, ils pourront sincèrement témoigner.

* Vous avez, peut-être, un dernier mot pour les cadres et militants de l’U.d.h-Yuki?

** J’invite tout le monde au dépassement, pour privilégier l’intérêt général du parti et non les positions personnelles. Il n’y a pas, entre nous, un super membre, quel que soit son rang dans le parti, pouvant bomber le torse qu’il était seul à côté du président Guy-Brice Parfait Kolélas, pour écrire toute l’histoire actuelle de l’U.d.h-Yuki. Chaque militant, à son niveau d’activité, de compétence ou confiance, a contribué à la construction de l’édifice. L’U.d.h-Yuki est notre héritage politique commun, préservons-le. Que Dieu nous aide à surmonter toutes ces épreuves!

Propos recueillis par Chrysostome FOUCK ZONZEKA