Au quartier kibiina, dans le 8ème arrondissement, madibou, à brazzaville, un li­tige foncier, soumis en justice, menace d’expulsion des familles ayant acquis des parcelles de terrain dans ce quartier. le cudhoc (cercle uni des droits de l’homme et culture de paix) s’est engagé à défendre leurs droits. ainsi, dans une conférence de presse tenue samedi 2 avril 2022, au quartier kimpouomo, sous le thème, «les erreurs judicaires dans le règlement des propriétés: doivent-elles nous priver de notre droit de propriété?», gaspard miénantima, président du cudhoc, a appelé les autorités judiciaires du tribunal de grande instance de brazzaville à regarder sérieusement cette affaire sous le prisme du droit et du bon sens.

les litiges fonciers, on le sait, sont légion en répu­blique du congo. au quar­tier kibiina, un litige foncier op­pose la famille massengo, qui aurait acquis, en 1985, par des manœuvres judicaires fraudu­leuses, un domaine dans la zone 7 appartenant au défunt narcisse ndombi madzou, dont la succession avait procé­dé, des années plus tard, à la revente de cette propriété. ce­pendant, les gens qui avaient acheté des parcelles de terrain et construit des maisons où ils vivent avec leurs familles, sont menacés d’expulsion, après avoir perdu un procès émaillé d’erreurs, lancent un appel de détresse aux autorités com­pétentes. un propriétaire est décédé d’un a.v.c (accident vasculaire cérébral) à cause de cette affaire.Les membres du-collectif des acquéreurs.

les faits remontent à des an­nées avant, lorsque charles massengo décide d’exproprier la famille ndombi, en fabri­quant une attestation de vente de terrain non conforme aux normes légales attribuées à un acte sous seing privé portant la signature du défunt nar­cisse ndombi madzou, alors atteint de cécité à l’époque. pour réaliser son expropria­tion, charles massengo avait saisi le tribunal d’instance de bacongo-makélékélé qui s’était prononcé en sa faveur. mais, cette décision du tribu­nal sera confrontée à une ré­alité sur le terrain qui révèle la présence de plus de 300 par­celles de terrain habitées dans la zone en litige, vendues par la succession du défunt nar­cisse ndombi madzou, alors que le terrain revendiqué par charles massengo concerne 110 parcelles. aussitôt sai­si, le tribunal ne s’est jamais prononcé, se contentant de l’attestation de vente versé au dossier, sans se soucier de vérifier l’authenticité de cette pièce et la délimitation du ter­rain revendiqué par charles massengo.

après avoir interjeté appel et saisi le juge pénal contre l’at­testation de vente, considérée de «faux et usage de faux», par le biais d’une citation di­recte, le collectif d’acquéreurs de la succession du défunt narcisse ndombi madzou va être confronté à un huissier de justice qui, limité dans ses re­cherches, ne donnera pas une qualification convenable à la pièce, de manière à permettre au juge pénal de la disqualifier. voilà la situation qui menace d’expulsion plus d’une cen­taine de familles.

signalons que la conférence de presse a connu la partici­pation de jean-michel samba, secrétaire général du quartier kibiina et d’un échantillon de propriétaires de parcelles de terrain, regroupés en collecti­vité.

dans son propos, gaspard miénantima a exhorté la po­pulation à «faire confiance à la justice», bien qu’elle ait failli au départ, cela ne sera reprodui­ra plus. «l’etat ne fait pas son travail de vulgariser la loi au­près des populations et cette dernière, étant ignorante subit les conséquences», a-t-il déclaré. il en appelle à toute personne confrontée aux mêmes réalités de faire part de leur situation à cette o.n.g pour bénéficier d’un accompa­gnement.

eric kiassakoka mongo, membre du collectif des ac­quéreurs de parcelles estime qu’il n’est pas normal qu’un citoyen congolais se sente menacé dans son propre pays. «la justice, elle est pour nous, nous voulons bien continuer à lui faire confiance, qu’elle regarde cette ques­tion», a-t-il affirmé.

                                                                                         Roland KOULOUNGOU

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