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ven 27 mai 2022
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Crise de carburant à Brazzaville : L’espoir est dans la construction de la deuxième raffinerie de Pointe-Noire!

Brazzaville, la capitale, a connu, la semaine dernière, une sévère crise de carburant. Une pénurie qui a duré au moins une dizaine de jours et qui a fait mal, tant elle a perturbé les transports et affecté le fonctionnement des activités socio-économiques dans la ville. Depuis le début de cette semaine, la situation revient progressivement à la normale, les stations-service étant peu-à-peu livrées en stocks de carburant. Ce qui est curieux, c’est le silence observé par les pouvoirs publics. Ni le gouvernement ni la S.n.p.c (Société nationale des pétroles du Congo), personne n’a rassuré l’opinion face à cette crise qui a mis à rude épreuve les nerfs des automobilistes, particulièrement les transporteurs en commun. Plus que jamais, il apparaît que le pays ne pourra tourner la page de ces crises de carburant qu’avec la mise en service de la deuxième raffinerie en construction à Pointe-Noire.

Les perturbations dans la livraison des produits pétroliers raffinés affectent de temps à autres les stations-service dans le pays. Des fois, c’est le gasoil qui fait défaut. Quand il y a le gasoil, c’est le super qui manque à l’appel. La semaine dernière, le super était rare. Certaines stations-service sont restées fermées à longueur de journée. La crise du carburant fait la joie des trafiquants. Au marché noir, le litre du super, à 595 F Cfa dans les stations-service, a doublé. Le bidon de 25 litres était vendu à 30.000 F Cfa, à prendre ou à laisser.

La crise du carburant a pour caractéristique d’affecter le fonctionnement de plusieurs autres secteurs socio-économiques. Les prix des transports en commun ont augmenté par le jeu du morcellement des itinéraires, par les minibus privés. En taxi, c’est la distance qui détermine maintenant le prix de la course et le phénomène du jumelage des courses est devenu courant. Au moment où le gouvernement s’est lancé dans la mise en place d’un plan de résilience pour faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine, voilà que la crise du carburant a pointé son bout de nez. Brazzaville, la capitale, était sérieusement touchée la semaine dernière.

Cette crise serait due à l’arrêt d’activités observé au mois d’avril par la Coraf (Congolaise de raffinage), l’unique raffinerie dont dispose le pays à Pointe-Noire. Les réserves étant épuisée, la S.n.p.c (Société nationale des pétroles du Congo) n’a pas pu tenir la programmation de ses importations de produits raffinés, en raison des difficultés dues aux conséquences de la guerre en Ukraine sur le marché mondial des hydrocarbures. Il lui a fallu trouver d’autres fournisseurs et cela a pris du temps.

Le marché congolais en carburant (super, gasoil, kérosène, pétrole lampant, etc) est estimé à environ 1,4 million de tonne par an. La Coraf, qui a une capacité de production d’environ un million de tonne par an, ne couvre que 60 à 70% des besoins nationaux. Il revient à la S.n.p.c d’importer le reste, pour couvrir les 40 à 30% restant. Mais, quand la programmation des importations n’est pas respectée, les perturbations se font sentir sur le marché national. D’où la crise de carburant qui a sévi la semaine dernière dans la capitale.

Face à cette situation qui est récurrente depuis les années 80, le gouvernement a signé, en 2020, avec la société chinoise Beijing Fortune Dingheng, une convention de financement pour doter le pays d’une deuxième raffinerie d’une capacité de 2,5 millions de tonnes par an. Le 24 février 2021, le Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, a officiellement lancé la construction de la raffinerie atlantique pétrochimique de Pointe-Noire, dont les travaux s’élèvent à un coût de 600 millions de dollars (plus de 300 milliards de francs Cfa). La première phase de production de cette raffinerie est prévue pour démarrer avant la fin de cette année. Ce qui soulagera durablement le marché intérieur en produits raffinés.

Par ailleurs, il est prévu d’étendre les capacités de production et de stockage de l’usine de raffinage de la Coraf. Actuellement, le Congo ne peut assurer qu’un stock de sécurité de 30 jours alors que généralement, il devrait être de 90 jours au moins.

Troisième pays exportateur de pétrole de l’Afrique subsaharienne, avec une production oscillant entre 336 et 350 mille barils par jour, le Congo a adhéré à l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) en 2018 et il exerce même, cette année, la présidence tournante de la conférence des ministres de l’Opep, succédant à l’Angola qui l’a exercé en 2021. Mais, c’est un pays qui subit depuis des décennies un déficit énergétique qui retarde son développement socio-économique. Délestages d’électricité, crise de carburant, pénurie d’eau potable dans les réseaux urbains, absence de mise en valeur des énergies renouvelables sont chroniques dans ce pays de 5,7 millions d’habitants qui avait l’ambition, malgré le manque de maîtrise des énergies secondaires, d’être émergeant à partir de 2025.

Jean-Clotaire DIATOU

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