A peine a-t-on fini de regarder en biais l’Occident, que d’outre-Atlantique nous parvient un rapport sur la sécurité nationale dans un pays africain. L’ironie du sort, c’est qu’au même moment, outre-Atlantique, sont mises en débat public deux situations de violence inouïe, une fusillade dans une école, mais surtout, une tentative de coup d’Etat, selon ceux qui instruisent cette affaire, avec voie de fait et violence sur des personnes détentrices de l’autorité publique et morts d’homme. 

On lit dans ce rapport que ce pays africain est classé 119 sur 163, avec un état de paix moyen; on «décourage même les voyages dans une région [de ce pays], en raison d’un passé de conflit armé, [avec] des vols à main armée après la tombée de la nuit dans ce secteur». Dans le même rapport, on peut également lire qu’il est «inclus un indicateur de crime «C» sur l’avis aux voyageurs, indiquant qu’il peut y avoir des crimes violents et/ou des crimes organisés répandus dans le pays, et/ou que les forces de l’ordre locales peuvent avoir capacité limitée de répondre aux crimes graves».
Bon, on ne peut pas nier l’existence de la violence et des crimes dans n’importe quel pays du monde. Dans le monde contemporain, la violence devient de plus en plus quotidienne, avec des formes les plus variées. Et, c’est légitime que des dispositions particulières soient prises pour protéger les populations et même pour informer l’altérité.
Mais, à bien lire ce rapport, on y décèle une forme de stigmatisation du fonctionnement institutionnel du pays cité, une forme d’arrogance de type «chez nous, c’est mieux». Le problème, c’est qu’ici, il n’y a pas de gamin qui se promène avec des armes de guerre et qui tue des écoliers. Le problème, c’est qu’ici, il n’y a pas de policiers qui tirent à tout vent, comme au bon temps du far west. Le problème, c’est qu’ici, on ne vend pas les armes d’assaut comme des petits pains. Le problème, c’est qu’ici, on ne s’imagine pas que dans un pays dit civilisé, on puisse organiser l’attaque d’un haut lieu de pouvoir et de démocratie, comme dans n’importe quelle république bananière. Le problème, c’est que là-bas, on se fait financer sa campagne avec l’argent d’un puissant lobby adorateur des armes, et qu’à cause de cela, aucune réforme en la matière n’est possible, pour l’instant, même si le peuple crie haut et fort «enough».
Le problème, c’est qu’ici, on pense que lorsque dans un pays dit civilisé, une partie de la population en arrive à proclamer haut et fort que «black lives matter», c’est que ce pays est en retard d’une civilisation ou d’un progrès social. On peut même dire que dans un tel pays, il y a crime sociétal, pire que ceux commis dans le pays que cite le rapport. Mais, comme on l’a dit la dernière fois ici même, «chaque civilisation a les ordures qu’elle mérite»; les crimes aussi.

Prométhée

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