Même si les Congolais suivent très peu la Coupe du monde de handball féminin séniors Espagne 2021, par manque d’accréditation de la presse congolaise, les Diables-Rouges ont créé la sensation, lundi 6 décembre, en battant la Tunisie par 33 buts à 24, accédant ainsi au deuxième tour de cette grande compétition, pour la première de l’histoire du handball congolais. C’est une prouesse inattendue, vu que sur le papier, les Congolaises n’étaient pas favorites, du fait que les Tunisiennes les avaient déjà battues à la petite finale de la troisième place à la Can (Coupe d’Afrique des Nations) en juillet dernier. Cette qualification pour le deuxième tour de la Coupe du monde est arrivée dans un contexte chaotique pour les Diables-Rouges, qui font face à beaucoup de difficultés depuis leur préparation.

Nous l’avons toujours affirmé que le sport congolais regorge de beaucoup de potentialités, pouvant permettre au Congo de compter parmi les grands pays sportifs du continent et même du monde. Malheureusement, le retard pris dans la professionnalisation des différentes disciplines sportives, l’inorganisation chronique qui marque le domaine du sport, la mauvaise gestion financière, les querelles intestines des dirigeants sportifs dans les fédérations, les crocs-en-jambes, le manque d’encouragement des athlètes et le peu de volonté politique à financer et développer le sport, etc, condamnent le Congo à végéter parmi les derniers pays du continent.
Qualifiés pour la Coupe du monde de handball féminin Espagne 2021, par sa quatrième position à la Can 2021, les Diables-Rouges ont connu des difficultés dans leur préparation. Non seulement le sélectionneur n’a pas pu réaliser son programme de préparation comme prévu, faute de financements suffisants, mais encore les joueuses n’ont jusque-là pas touché leurs primes de qualification, affectant ainsi leur moral. A cela s’ajoute le non-paiement de leur assurance. La joueuse Joséphine Nkou, blessée au genou lors du match perdu contre le Danemark, samedi 4 décembre (18-33), doit être opérée. Ses frais médicaux et de manque à gagner doivent être pris en charge par l’Etat congolais. Or, il y a déjà des athlètes qui ont déjà subi ce sort et qui n’ont rien reçu jusque-là de la part de l’Etat.
Par ailleurs, le manque de rigueur dans la composition de la délégation participant à la Coupe du monde s’est tout de suite révélé avec la fuite de certains dirigeants et joueuses. Avant même le début de la compétition, la délégation congolaise a en effet enregistré la défection de l’intendant, Alban Wilfrid Mboungou, et de quatre joueuses, Lucrèce Bibila Moukietou, Princilia Itoua, Closette Mavoungou et Hymelda Obambo. Les quatre étaient renvoyées après l’étape de la Turquie où l’équipe était en préparation. Seule, la gardienne Malvina Apendi, a regagné le pays.
Partie de Brazzaville le 19 novembre, pour Eskisehir, en Turquie, la délégation congolaise composées de 22 personnes dont 17 joueuses, était bel et bien arrivée en terre turquoise pour un dernier stage de 10 jours, avant la compétition. 8 joueuses de la diaspora venues de France les avaient rejoints. A la fin du stage, le staff a retenu 16 joueuses pour la compétition.
Les joueuses de la diaspora à qui on voulait reverser seulement la prime de participation, sans manque à gagner, ont repoussé l’offre par solidarité avec les joueuses locales. Les dirigeants devraient rectifier le tir, afin de mettre nos athlètes dans les bonnes conditions nos représentantes pour qu’ils puissent mouiller le maillot comme il se doit pour la gloire du pays.

Luze Ernest BAKALA