Sélectionner une page

Côte d’Ivoire : Ouattara entame son troisième mandat dans un pays divisé et en proie à la violence

Côte d’Ivoire : Ouattara entame son troisième mandat dans un pays divisé et en proie à la violence

C’est une atmosphère de guerre civile qui pèse sur la Côte d’Ivoire, depuis la réélection, pour un troisième mandat, du Président Alassane Dramane Ouattara (78 ans), à 94,27% des voix, selon les résultats proclamés dans la nuit du lundi 2 novembre 2020 par la C.e.i (Commission électorale indépendante). Les deux autres candidats, l’ancien Président Henri Konan Bédié (86 ans), qui a récolté 1,66%, et Pascal Affi N’Guessan (67 ans), qui a eu 0,99%, avaient appelé au boycott du scrutin du 31 octobre. Ils ont conduit l’opposition à créer un Conseil national de transition, dirigé par Bédié, promettant la formation d’un gouvernement de transition. Depuis, le pouvoir traque les dirigeants de l’opposition, alors que le pays est maintenant dans un climat de terreur.

Comme on le pressentait, la candidature d’Alassane D. Ouattara pour un troisième mandat, rendue possible selon lui par la réforme de la Constitution, allait réveiller les vieux démons des violences fratricides en Côte d’Ivoire. Le pays s’est inexorablement dirigé dans cette voie. A l’origine de cette dégénérescence, la candidature du Président ivoirien pour un troisième mandat.
Pourtant, tout avait bien démarré. Alassane Ouattara avait annoncé, devant le parlement réuni en congrès, son intention de confier le pouvoir à une jeune génération et renonçait ainsi à briguer un troisième mandat. Il paraissait alors, aux yeux de l’opinion, comme un sage dirigeant africain, lui qui s’était parfois engagé à donner des leçons aux Chefs d’Etat qui s’accrochent au pouvoir.
Mais, le décès, le 8 juillet, de son poulain, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly (61 ans), à quelques quatre mois du scrutin présidentiel, l’emmène à changer d’avis. Il dit avoir écouté l’appel de son parti, le R.h.d.p (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix), à se présenter lui-même au scrutin présidentiel.
Après quelques semaines de suspense, il annonce sa candidature, suscitant l’ire de l’opposition qui crie à la violation de la Constitution. Le climat social se dégrade, alors qu’une flambée de violences menace le pays.
Pendant ce temps, les candidatures de l’ancien Président Laurent Gbagbo (65 ans) et de Guillaume Kigbafori Soro (48 ans), ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, en exil en Europe, sont rejetées.
Contestant la candidature d’Alassane Ouattara, l’opposition appelle au boycott du scrutin présidentiel.
La Côte d’Ivoire entre dans un climat de tension, avec des incidents de plus en plus graves entre la Force publique et les militants de l’opposition qui se livrent à des actes de sabotage et d’érection de barricades sur les routes.
Conséquences: l’élection présidentielle va se dérouler sur fond de tension et plusieurs incidents parfois sanglants seront enregistrés, des bureaux de vote saccagés, malgré le déploiement de plus de 35.000 agents des forces de l’ordre. Bref, la journée électorale sera marquée par un climat de violences qui ne permettra pas au plus de 7 millions d’électeurs d’accomplir leur devoir civique en toute quiétude. Malgré tout, la C.e.i a indiqué un taux de participation de 53,9%. Mais, aucun procès-verbal, selon des témoins, n’a été affiché devant un bureau de vote. Ce qui suscite beaucoup de réserve sur ce scrutin chaotique qui a aggravé la crise ivoirienne.
Réélu, le Président Alassane Ouattara est passé à la vitesse supérieure, en traquant les dirigeants de l’opposition qui ont créé un Conseil national de transition et qui ne reconnaissent pas sa victoire.
Pascal Affi N’Guessan, porte-parole de l’opposition et président du F.p.i (Front populaire ivoirien), le parti de Laurent Gbagbo, a été arrêté le week-end dernier, non loin de la frontière avec le Ghana. Il y aurait déjà sept dirigeants de l’opposition écroués, alors que d’autres, comme l’ancien Président Henri Konan Bédié, sont encerclés par la Force publique à leurs domiciles. Ils sont poursuivis pour «complot contre l’autorité de l’Etat», «mouvement insurrectionnel», «assassinats» et «actes de terrorisme». Après la confirmation de sa victoire par le Conseil constitutionnel, le Président Alassane Ouattara a invité son «aîné», Henri Konan Bédié, autour d’une table pour dialoguer. Ce dernier n’a pas encore réagi à cette invitation. Depuis l’éclatement de la crise, on déplore plus d’une quarantaine de morts et plusieurs arrestations et on n’est pas encore à la fin de la crise.

J.C.D.

Abonnez-vous à notre newsletter et rejoignez les 11 autres abonné·es de notre liste.
close
Abonnez-vous à notre newsletter et rejoignez les 11 autres abonné·es de notre liste.

A propos de l'auteur

l'horizonafricain

L'horizon Africain, un journal d'information paraissant au Congo Brazzaville

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

heure locale

03 décembre 2020, 11: 11

L’editorial de la redaction

LES CÔTÉS AMERS DE LA DÉMOCRATIE!

Des milliers de supporters du Président Donald Trump ont manifesté, samedi 14 novembre dernier, à Washington, pour protester, une fois de plus, contre la présumée «fraude électorale» qui aurait privé leur champion de sa victoire à l’élection présidentielle du 3 novembre. Ils sont allés manifester leur colère jusque devant la Cour suprême des Etats-Unis, dans le quartier du Capitol Hill, comme pour appuyer les recours en justice introduits par les avocats du Président Trump. C’est la démocratie, peut-on dire! Mais, la démocratie a ses côtés amers et on l’oublie souvent.

Lire la suite

Votre Publicité

Archives

Statistiques de notre site

  • 2
  • 2 550
  • 26 novembre 2020

Votre météo

booked.net