Sélectionner une page

Côte d’Ivoire : Ouattara brise le tabou constitutionnel et va à la conquête d’un troisième mandat

Côte d’Ivoire : Ouattara brise le tabou constitutionnel et va à la conquête d’un troisième mandat

Ça y est, c’est fait! Le Président Alassane Dramane Ouattara, Ado pour les intimes, est dans la course présidentielle pour conquérir un troisième mandat, le 31 octobre prochain, au mépris de la Constitution de son pays qui limite le cumul de mandats présidentiels à deux. Il l’a annoncé, dans un discours à la Nation, le jeudi 6 août 2020: «Je suis candidat à l’élection présidentielle de 2020». Le Président ivoirien est ainsi revenu sur son annonce du 5 mars dernier, «de ne pas faire acte de candidature et de passer la main à une nouvelle génération».

La mort, le 8 juillet dernier, de son dauphin désigné pour lui succéder, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly (61 ans), est un cas de force majeure qui l’a contraint à rechausser les crampons de la course présidentielle, à la grande joie de ses partisans, alors que ses adversaires crient au scandale.

La Côte d’Ivoire est rattrapée par ses vieux démons! C’est le moins qu’on puisse dire à la suite de la décision sans surprise du Président Alassane Dramane Ouattara de se présenter à l’élection présidentielle du 31 octobre prochain. Il a pris cette décision, pour répondre à l’appel de son parti, le R.h.d.p (Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix), mais c’est au mépris de l’article 35 de la Constitution ivoirienne qui indique que le Président de la République est rééligible qu’une seule fois. Cette Constitution avait été amendée en mars 2020 dans un contexte controversé. Mais, le Président Ouattara avait pris soin de ne pas faire sauter le verrou de la limitation du cumul des mandats présidentiels à deux, donnant ainsi un signal de sa volonté de ne pas chercher à briguer un troisième mandat.
En plus, le 5 mars dernier, il avait pris l’engagement, devant le parlement réuni en congrès dans l’Amphithéâtre de la Fondation Félix Houphouët-Boigny, à Yamoussoukro, de respecter ses engagements. «Je voudrais annoncer, solennellement, que j’ai décidé de ne pas être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération», avait-il déclaré, donnant ainsi une véritable leçon démocratique aux dirigeants africains accusés de s’accrocher au pouvoir. Or pour lui, la jeune génération, c’était seulement son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, un fidèle qui l’accompagne depuis 30 ans et qu’il avait désigné comme dauphin. Son décès inopiné le 8 juillet a tout remis en cause.
Le costume de démocrate africain qu’on a vite fait de mettre sur les épaules de Ouattara était une erreur. Le Président ivoirien est un fin calculateur qui n’entend pas céder le pouvoir. Il voulait faire tenir le pouvoir à son «petit de confiance», quitte à revenir cinq ans plus tard. A la Poutine! Gon Coulibaly devant seulement jouer le rôle de Dimitry Medvedev. Son décès a fait capoter le plan. Car en face, il y a Henri Konan Bédié qui, à 86 ans, a décidé de conduire les couleurs de son parti, le P.d.c.i (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), à l’élection présidentielle, pour tenter de prendre sa revanche sur son ancien allié, Alassane Dramane Ouattara.
Devant cette menace, le Président sortant a évoqué le cas de «force majeure» et feint d’entendre l’appel de ses militants, pour se lancer dans la course présidentielle, tordant ainsi le cou à ses propres engagements et marchant sur la Constitution qu’il venait d’amender. Car, il n’y a que lui dans les rangs de son parti, pour barrer la route à Bédié et tous les autres vieux loups de la politique ivoirienne, Laurent Gbagbo, l’ancien Président qui cherche à revenir au pays ou éventuellement Guillaume Soro.
Avec la décision de Ouattara de se porter candidat à un troisième mandat, les vieux démons se mettent à nouveau à hanter le pays. L’ancienne coalition formée en 2005 par Ouattara et Bédié, à travers le R.h.p.d, s’était brisée sur l’autel des intérêts partisans autour du pouvoir, après la réélection de Ouattara en 2015. Et même si Soro et Gbagbo ne pourront pas présenter leurs candidatures, le duel en perspective Ouattara/Bédié fait planer le spectre des violences fratricides sur un pays dont la stabilité dépend beaucoup de la bienveillance du grand-frère français.

Narcisse MAVOUNGOU

A propos de l'auteur

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

heure locale

20 octobre 2020, 12: 07

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

Lire la suite

Je m’abonne à la newsletter de l’horizon africain

Votre Publicité

Archives

Statistiques de notre site

  • 39
  • 37
  • 1 681
  • 3 551
  • 424
  • 579
  • 18 octobre 2020

Votre météo

booked.net