22.2 C
Brazzaville
lun 4 juillet 2022
spot_img
AccueilActualitéCongrès parlementaire : L’amendement de l’article 157 de la Constitution est passé...

Congrès parlementaire : L’amendement de l’article 157 de la Constitution est passé comme lettre à la poste

Après l’adoption, le mercredi 29 décembre 2021, du projet de loi fixant la procédure de révision de la Constitution par les deux chambres du parlement, au cours de leurs sessions extraordinaires respectives, le parlement s’est réuni en congrès, vendredi 7 janvier 2022, au Palais des congrès, à Brazzaville, pour l’adoption de l’amendement de l’article 157, à la demande du gouvernement. Présidé par Isidore Mvouba, président de l’assemblée nationale, le congrès parlementaire a adopté cette réforme, par un vote à main levée, à l’unanimité des parlementaires présents. Le groupe parlementaire de l’opposition U.pa.d.s avait appelé à voter oui, malgré les critiques exprimées par certains de ses élus.

Au cours du congrès parlementaire destiné à adopter l’amendement de l’article 157 de la Constitution du 25 octobre 2015, on retiendra, sans doute, l’intervention du député de la première circonscription de Dolisie (Département du Niari), Jérémih Sylvain Lissouba, du groupe de l’opposition U.pa.d.s. «A lire l’exposé des motifs du projet de loi constitutionnel en débat, les arguments sont tout à fait raisonnables. Il faut limiter les pesanteurs administratives et financières de prorogation de l’état d’urgence, pour permettre au gouvernement de répondre, avec plus d’efficacité aux urgences manifestes», a-t-il déclaré.
Cependant, le député de l’U.-pa.d.s a soulevé des interrogations: «Quelle est cette urgence qui a suscité tant de précipitation dans la procédure en cours de la révision de la Constitution? Et pourquoi tant de mystification autour d’une question autrement républicaine?». Jérémih Sylvain Lissouba a, en effet, épinglé la précipitation qui a caractérisé l’adoption de cet amendement qui s’est faite en moins de dix jours, y compris l’adoption de la loi organique fixant la procédure de révision de la Constitution. Il a qualifié ce processus d’oligarchique, alors qu’il doit être démocratique. Pour lui, la conséquence grave de cette réforme constitutionnelle, c’est de n’avoir pas donné la possibilité de solliciter l’avis du peuple souverain. «Je me refuse de soumettre les responsables de ce projet de révision constitutionnelle à un procès d’intention, encore moins au procès de la cité, dans le cadre duquel les seuls mots révision et constitution ont suscité un triste scénario catastrophe dans l’imaginaire de notre peuple. Cependant, je suis au regret de constater que cette prolifération de théories complotistes n’est pas le simple fait d’agitateurs, quels qu’ils soient, mais plutôt la conséquence d’une infantilisation manifeste et répétée du peuple congolais par sa classe dirigeante, infantilisation et manipulation qui, désormais, s’appliquent à nous, parlementaires, dérobés que nous sommes des prérogatives de représentation, de législation, de contrôle sur l’action du gouvernement qui sont les nôtres, pour n’avoir à dire que deux petits mots: oui ou non», a-t-il déclaré. Le député Lissouba a regretté qu’il n’y ait pas eu un débat franc, à la hauteur de la vie démocratique du pays.
Et le chef du groupe parlementaire de l’opposition, le député Pascal Tsaty-Mabiala, a enfoncé le clou, en assénant que «la révision constitutionnelle apparaît comme superfétatoire, c’est-à-dire non essentiel». Il a, cependant, nuancé son propos en rassurant que, «outre ces questions de forme et dans une moindre mesure celles de l’opportunité et prenant en compte tout ce qu’ont dit, ici, tous mes prédécesseurs, y compris ceux du sénat, le projet de loi constitutionnelle portant révision de l’article 157 de la Constitution du 25 octobre 2015 n’appelle pas de notre part une observation de fond qui pourrait justifier son rejet». Ce faisant, les parlementaires de l’opposition se sont associés à ceux de la majorité, pour voter, à l’unanimité, l’amendement de l’article 157 de la Constitution, qui est passé comme lettre à la poste. Ainsi, l’état d’urgence et l’état de siège ont maintenant un délai légal de 90 jours.

Ralph Justin
OBILANGOULOU

AUTRES ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

derniers articles

Commentaire