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Conférence publique de Georges Sérignac, grand maître du G.o.f (Grand orient de France), à Brazzaville

«La logique maçonnique, c’est un rayonnement dans la société par un travail collectif»

En mission à Brazzaville, Georges Sérignac, le sérénissime grand maître du G.o.f (Grand orient de France), la plus ancienne obédience maçonnique française, a animé, mardi 10 mai 2022, dans la salle des conférences de l’Hôtel Ledger Plaza Maya-Maya, à Brazzaville, une conférence publique sur l’importance de la franc-maçonnerie. Mettant à profit son séjour congolais pour un partage d’expériences avec les frères du Grand orient de Brazzaville, il a saisi cette opportunité pour un recadrage de la pratique maçonnique. «La logique maçonnique, c’est un rayonnement dans la société par un travail collectif», a-t-il dit. Plusieurs frères, des profanes et des curieux sont venus suivre l’unique orateur, en présence du Très illustre frère Donatien Kivouvou, grand maître du Grand orient du Congo-Brazzaville, l’une des trois principales obédiences maçonniques du Congo.

Pour fixer les participants, Georges Sérignac a donné les moments qui ont marqué l’histoire maçonnique française. «Définir la franc-maçonnerie, c’est très difficile, parce qu’elle est faite de plusieurs éléments très différents. C’est d’abord un ordre initiatique, mais aussi un lieu de sociabilité, un laboratoire d’idées et un club des hommes et des femmes engagés pour la bonne cause», a-t-il souligné dans son mot liminaire.

Née au 18ème siècle, appelé «siècle des lumières», la franc-maçonnerie est un lieu de solidarité et d’entraide mutuelle. D’origine anglo-saxonne (1728), la franc-maçonnerie française a évolué jusqu’à la création du Grand orient de France, au 18ème siècle. Au Grand orient de France, a fait savoir l’orateur, «la franc-maçonnerie est un lieu d’engagement». «C’est une démarche personnelle, jusqu’à obtenir une satisfaction de soi», a-t-il précisé. C’est le sens profond de cette initiation. «La loge maçonnique est un lieu de sociabilité. Elle permet la progression des idées, afin de construire une pensée positive et collective». Un lieu de solidarité, «solidarité interne, solidarité dans la loge et dans l’obédience, également dans le monde profane qui est constitué de non-franc-maçons». «Un lieu d’engagement dans la cité», a-t-il poursuivi.

Le public était composé de frères et de profanes.
Le public était composé de frères et de profanes.

En 1848, les francs-maçons ont travaillé à l’abolition de l’esclavage et l’adoption, par la République Française, de la devise «Liberté, égalité, fraternité», qui est également la devise maçonnique. A l’assemblée générale des maçons tenue en 1877, ceux-ci adoptèrent l’obligation des croyances. Pendant leur rencontre, plusieurs questions sont débattues entre autres: le revenu universel d’existence; le numérique; le développement, etc. Dans sa communication, le grand maître du G.o.f a soutenu que «l’idée maçonnique est une idée formidable». «L’Afrique est le continent le plus initiatique, mais nous sommes surpris que les Africains ont des difficultés de devenir maçons et de vivre leur pratique maçonnique», a-t-il reconnu.

Des questions posées par les pratiquants et les profanes ont porté sur le rite égyptien, le laboratoire d’idées, la considération que certains Africains font de la franc-maçonnerie qui est pour eux «synonyme de sorcellerie», les difficultés de la franc-maçonnerie en Afrique de prendre position sur les événements politiques, alors qu’en France, cela se fait, la guerre russo-ukrainienne, etc.

En réponse, Georges Serignac a indiqué que la franc-maçonnerie n’est pas une secte. «Une secte retient ses adeptes et c’est très difficile d’en sortir. Je connais des personnes qui ont quitté la franc-maçonnerie, pour plusieurs raisons: professionnelles; familiales et de manque d’adéquation de la pratique maçonnique, parce qu’elles n’arrivent pas à passer deux heures dans un silence absolu pour n’écouter qu’une personne. Nous avons gardé d’excellents rapports avec tous ceux que j’ai connus qui sont partis pour ces raisons-là», a-t-il déclaré.

Un public très attentif pendant la conférence.
Un public très attentif pendant la conférence.

En France, le Grand orient compte en sein 50.300 membres. «Personne parmi nous n’est assis financièrement en France, parce qu’une secte rend riche et crée des grands patrons. Nous sommes, tous, des bénévoles. Personne ne touche de l’argent. La conférence a certainement confondu les esprits rétrogrades de ceux qui claironnent haut et fort que les francs-maçons sont des sorciers, des satanistes. En France, il est souvent dit que la troisième République est maçonnique. Il se trouve qu’il y a de nombreux francs-maçons qui étaient des hommes politiques de premier rang, parce qu’en ce temps-là, être franc-maçon était un passage conseillé pour faire une carrière politique».

«Il faut dissocier l’appartenance individuelle de ce qu’est la franc-maçonnerie. Souvent, les francs-maçons pris individuellement ne sont plus représentatif de l’idée maçonnique, quand ils exercent un pouvoir. La logique maçonnique, c’est un rayonnement dans la société par un travail collectif. Au Grand orient de France, on n’a pas une idéologie politique. L’idée, c’est d’occuper notre place dans une perspective historique. Nous sommes une sorte de point d’ancrage républicain, de sentinelle. L’idée, c’est la défense des principes républicains. Lorsque nous sentons que quelque chose semble menacer la République, nous réagissons. La décision est prise collectivement, parce que toutes les questions sont discutées en amont par visio-conférence». Pour lui, la crise russo-ukrainienne n’est pas une guerre des francs-maçons, mais l’expression de la liberté.

Chrysostome FOUCK ZONZEKA

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