La réforme du système de gestion des finances publiques a fait l’objet d’un débat, jeudi 7 juillet 2022, à l’I.f.c (Institut français du Congo), à Brazzaville, sous le thème: «La réforme des finances publiques: rôle du citoyen dans sa mise en application». Présenté par le Dr Rufin Sosthène Arsène Baghana, chef de la mission d’assistance technique au Prisp (Projet de réformes intégrées du secteur public), sous la modération du Pr Josué Ndamba, membre de la Fondation Niosi, ce thème a été développé dans le cadre des débats d’idées qu’organise la Fondation Niosi.

Depuis quelques années, le Congo a entrepris de grandes réformes de son système de gestion des finances publiques. Ces réformes sont l’aboutissement d’une transposition des six directives de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), dont le changement majeur est le passage du budget de moyens au budget programmes, pour rechercher la performance et rapprocher la population du débat d’orientation budgétaire.

Une vue  des participants.
Une vue des participants.

Pendant la conférence, le Dr Rufin Sosthène Arsène Baghana s’est appesanti sur les motivations qui ont conduit à la réforme du système des finances publiques. Cette réforme vise le mode de budget programmes, en introduisant la transparence, la rigueur, la responsabilité et la redevabilité, contrairement au mode de budget de moyens encore en application et qui n’empêche pas de tomber dans le gaspillage des fonds publics.
Le conférencier a expliqué que le mode de budget programmes assure l’atteinte des résultats, en introduisant la notion de contrôle. C’est un passage de la logique de moyens à la logique des résultats. C’est à ce titre que le Congo a mis en place le P.r.i.s.p, avec l’appui de la Banque mondiale. Ce projet vise à réformer la gestion des finances publiques et le budget de l’Etat qui doit passer au mode budget programmes. Tout ceci pour améliorer la gouvernance publique. C’est pourquoi il a été demandé aux organisations de la société civile de faire l’évaluation, par exemple, des investissements publics réalisés dans les budgets de 2014 à 2019.
L’objectif de ce travail des organisations de la société civile est de dire, au cours de cette année 2022, si les projets prévus dans les différents budgets, notamment la construction d’infrastructures dans les domaines de la santé et de l’éducation, ont été exécutés. Cette nouvelle façon de faire peut pousser les décideurs publics à changer de comportements, en mettant en œuvre la réforme des systèmes de gestion des finances publiques, une réforme qui doit amener le pays au budget programmes.
La gestion des finances publiques est un facteur important dans le développement d’un pays. Le Congo s’est donné comme objectif de réaliser la diversification de son économie. Pour le Dr Baghana, «le mode budget programmes offre beaucoup d’avantages, parce qu’il introduit la performance, avec trois éléments essentiels que sont l’efficacité, l’efficience et la qualité des services à la population». Selon lui, le système actuel, à savoir le mode budget de moyens, ne garantit pas l’efficience et la qualité des services.
«Le citoyen congolais doit savoir que, depuis quatre ou cinq ans, le Congo a adopté de nouveaux textes de gestion des finances publiques. Il faut qu’ils s’imprègnent de ces textes, pour comprendre quels sont les nouveaux droits qu’ils ont et les possibilités qui s’offrent à eux, de demander et d’appuyer l’action du gouvernement. Il y a aussi une responsabilité du côté de la population, c’est de s’impliquer, de travailler de concert avec le gouvernement, pour faire que la réforme puisse avancer et que les finances publiques soient gérées de la manière qui se doit», a-t-il souligné.
Martin
BALOUATA-MALEKA