Dans le cadre des conférences-débats organisées par la Fondation Niosi à l’I.f.c (Institut français du Congo) de Brazzaville, Joseph Badila, docteur en sciences de l’information et de la communication, était face au public, jeudi 7 avril 2022, à partir de 15h, pour présenter le thème: «La participation de l’homme au changement». Ce thème l’a conduit à parler de la jeunesse, confrontée selon lui, à la perte des repères, et à l’exhorter à une prise de conscience sur son avenir.

Dans un monde qui tend à devenir incohérent, la conscientisation de l’homme en général et de la jeunesse en particulier devient un impératif pour améliorer la société. Devant une assistance où l’on comptait des étudiants venus de différents établissements universitaires et d’autres invités, le Dr Joseph Badila, s’appuyant sur la pensée d’Edgard Morin, pense que les jeunes doivent créer les conditions de leur transcendance, c’est-à-dire faire des efforts nécessaires pour qu’ils se regardent et ouvrent d’autres perspectives.
Cette rencontre a été une occasion, pour le Dr Joseph Badila, de porter un regard critique sur la jeunesse de notre pays qui a «perdu ses repères» et qui est «coincée sous l’emprise des partis politiques».
Dans sa communication, l’orateur a fait savoir que l’homme doit créer les conditions qui lui permettent d’aboutir au changement. Il doit éviter d’être ignorant et doit mettre en exergue ses connaissances, pour améliorer la société. Il a déploré le fait que notre pays ait beaucoup régressé, contrairement à l’époque ancienne, tout en condamnant le manque d’impulsion de ceux qui ont la responsabilité de conduire les destinées du pays. «La politique a complètement changé, laissant place aux intérêts des uns et des autres», a-t-il souligné.
De même, le Dr Joseph Badila pense que la jeunesse est en perte de vitesse, à cause de l’absence d’une politique adéquate à son égard. «La jeunesse n’est plus intéressée par son avenir et que la politique politicienne n’est plus l’art de gérer la société», a-t-il affirmé. Selon lui, le changement nous impose de concevoir l’idéal national. «Il faut donc créer les conditions, pour que les gens sentent que nous sommes dans une Nation», a-t-il fait savoir. La société ne peut pas changer, si l’homme ne s’améliore pas. «L’homme est la clé fondamentale du changement dans la société», soutient le Dr Badila. Pour lui, la jeunesse représente l’avenir d’un pays, «quand un pays ne sent plus sa jeunesse, ce pays se meurt», a-t-il déclaré.
Interroger par la presse sur les mécanismes à mettre en place pour permettre à l’homme de se mouvoir dans la quête du changement, Joseph Badila, partant du principe d’Edgar Morin, a affirmé qu’«il y a deux notions qui sont essentielles: la famille et l’école qui ont une responsabilité de transmettre l’éducation pour permettre à l’homme de se créer une personnalité, afin qu’il puisse exister dans la société». L’avenir de l’homme congolais reste problématique aussi longtemps que l’école ne joue plus son rôle de former les citoyens. Raison pour laquelle il appelle les jeunes à une prise de conscience sur son avenir, et l’exhorte à éviter de se précipiter dans des distractions qui ne servent à rien. «Il faut miser sur la performance de chacun d’entre nous», a-t-il conclu.

Roland KOULOUNGOU