Trésor Chardon Nzila Kendet, directeur exécutif du C.a.d (Centre d’actions pour le développement), un nouveau-né des organisations de défense des droits de l’homme, a dénoncé, dans une conférence de presse organisée à son siège à Brazzaville, jeudi 23 septembre 2021, les graves atteintes à la dignité de la personne humaine infligées aux détenus dans les cachots de la police au Commandement territorial des forces de police de Brazzaville. Les conditions soumises aux détenus dans les cellules de la police sont horribles, indique la déclaration rendue publique par le C.a.d.

Pour mener son enquête, le C.a.d a rencontré des anciens détenus qui ont décrit leurs conditions de détention. Il y a une surpopulation des détenus dans des cellules infectées de cafards, de rats, de puces, de moustiques et bien d’autres insectes nuisibles à l’homme. Les détenus dorment à même le sol. Dès qu’un homme est arrêté par la police et qu’il doit être placé en cellule, il est systématiquement déshabillé. Les besoins sont faits dans des objets de fortune. Les urines stockées permettent d’évacuer les matières fécales. La lumière naturelle est très faible. La chaleur est intense. Les conditions sont inhumaines et dépassent le seuil de la gravité aux droits de l’homme, assimilables à la torture et à des traitements cruels et dégradants, souligne le C.a.d.
Pour Trésor Nzila Kendet, «les êtres humains sont traités comme des animaux dans les cachots de la police de Brazzaville».
Sous le prétexte de pandémie de covid-19, la Maison d’arrêt de Brazzaville ne reçoit que des cas exceptionnels. Les nouveaux prévenus sont transférés dans les cachots des commissariats de police et de gendarmerie, conçus juste pour des besoins de garde-à-vue, mais qu’on a transformés en prisons pour des détentions de longue durée. Il s’y trouve aussi des personnes présumées innocentes, qui ont besoin d’un minimum de dignité, mais qui subissent les mêmes traitements dégradants. Il y a des personnes qui sont au-delà des délais légaux de détention, avec huit, neuf mois ou plus d’une année. Même si une personne est condamnée, cela n’enlève pas ses droits en tant que personne humaine.

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