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Conférence de presse de la Copar (Convention des partis républicains) : Les mesures pour lutter contre les maux dénoncés sont loin d’être convaincantes

Plateforme de l’opposition modérée, la Copar (Convention des partis républicains) a tenu une conférence de presse, vendredi 31 décembre 2021, dans la salle des conférences de l’Hôtel Pefaco Maya-Maya, à Brazzaville. Le principal orateur, Chris Antoine Wallembaud, coordonnateur par intérim de la Copar, a abordé trois points, à savoir: l’actualité nationale; le bilan à mi-parcours du gouvernement Makosso et la concertation politique. «Le Président de la République a eu le courage, comme d’habitude, de faire l’état des lieux sans concession, mais les mesures annoncées pour venir à bout de tout ce qu’il a inventorié comme maux sont loin d’être convaincantes», a-t-il déclaré.

Dans le mot liminaire lu par le secrétaire permanent, Euloge Libota, la Copar a tout d’abord reconnu les efforts du gouvernement dans la lutte la pandémie de covid-19. «Le Président de la République et son gouvernement ont pris des mesures qui ont atténué, un tant soit peu, les effets néfastes engendrées par ce fléau. Notamment l’imposition des mesures barrières, la généralisation des tests P.c.r et maintenant la mise en place d’un passe sanitaire», a-t-il déclaré.
S’agissant du message sur l’état de la Nation du Président de la République, la Copar s’interroge sur l’inaction face aux anti-valeurs. «Pourquoi revenir, de façon récurrente, sur la corruption, la fraude et la concussion qui gangrènent, semble-t-il, l’administration, alors que des mesures punitives concrètes ne sont pas prises à l’encontre des auteurs de ces agissements quelquefois bien connus?», se demande la plateforme de l’opposition modérée. «Nous voyons çà et là fleurir des immeubles sans qu’aucun service de l’Etat en charge du contrôle ne daigne demander aux propriétaires déclarés, l’origine de l’argent qui leur a permis d’entreprendre des travaux aussi onéreux et ce, en peu de temps», constate la Copar.
Même interrogation concernant la justice: «Combien de magistrats ont été sanctionnés depuis que le Chef de l’Etat évoque la question des dysfonctionnements qui minent ce secteur sensible? La Copar se réjouit toutefois, de la détermination du Chef de l’Etat à mettre en œuvre la réforme de la justice. Au parlement, la Copar relève la même inaction: «Combien d’enquêtes ont été rendues publiques depuis le dernier discours du Président de la République dans les mêmes circonstances et quels sont les résultats obtenus par lesdits parlementaires dans la lutte contre ce que lui a qualifié d’antivaleurs?».
La Copar considère qu’il est trop tôt pour juger le bilan du gouvernement Makosso. «Toutefois, nous nous interrogeons sur sa capacité à tenir le cap fixé par le Président de la République, dans la mesure où il est manifestement constaté que de nombreuses personnalités ayant appartenu à l’équipe dirigée par feu Clément Mouamba et dont on avait dénoncé les agissements, continuent de figurer dans le gouvernement Makosso. Ce sont des thuriféraires du parti au pouvoir. Le nouveau Premier Ministre sera-t-il capable d’imposer sa vision à ces dignitaires?», souligne-t-elle. De même, la Copar se pose la question sur la reconduction à des postes «de responsabilité administrative, de certains cadres qui ont mauvaise presse dans la bonne gouvernance».
Au niveau politique, la Copar suggère la tenue d’une concertation politique, avant les élections législatives et locales, «afin d’accorder l’essentiel des violons avant la tenue des scrutins».
Dans la partie des questions, les journalistes ont axé l’essentiel de leurs préoccupations sur la corruption, à quoi ressemble la lutte contre la corruption au Congo; la nécessité de la concertation politique réclamée par la Copar; la lecture de la gestion de la covid-19, puisque vous êtes dubitatif, etc.
Selon Chris Antoine Wallembaud, il n’y a pas de développement dans un pays, lorsqu’il y a une évasion fiscale récurrente, c’est-à-dire les détournements de fonds et le vol. Car, les fonds qui devraient servir à l’investissement, à construire les écoles et autres infrastructures publiques, se retrouvent dans les poches de certains individus. C’est pour cela que la Copar fait sienne la préoccupation du Président de la République, quand il appelle à éradiquer ces maux. Mais, on constate que les lignes ne bougent pas, le Chef de l’Etat est revenu à la charge. Les institutions pour lutter contre ces maux existent et le Président les a même énumérées. Il est de notoriété publique que ceux qui volent dans ce pays ne sont pas arrêtés. C’est pour cela que le Chef de l’Etat considère que c’est du fait de la faiblesse de la justice.
Concernant la concertation politique, la Copar estime que la démocratie est une quête permanente. Donc, il vaut mieux dialoguer que de se faire la guerre. Vous voyez ce qui se passe, même dans la sous-région, le Congo apparaît comme un îlot de paix dans un océan de violences. Les Congolais qui ont connu les affres de la guerre ont appris désormais à dialoguer. On ne peut pas changer de paradigme, lorsque les stratégies mises en œuvre sont salvatrices et que les acteurs politiques s’accordent sur l’essentiel, avant l’organisation d’un scrutin. Chris Antoine Wallembaud a rappelé qu’avec les concertations antérieures, on a obtenu l’amélioration du fichier électoral par l’organisation du recensement administratif spécial de 2014, la parité dans toutes les instances d’organisation des élections, etc.
Au sujet de la crise sanitaire, la Copar estime que la gestion de la pandémie de covid-19 est un sujet à connotation internationale. Il est clairement apparu qu’il y a eu une cacophonie au départ. Comment comprendre que la ministre de la santé de l’époque, Jacqueline Lydia Mikolo, soit dessaisie au profit du ministre de la défense? Cela démontre qu’il y avait bel et bien un problème. L’impact de la pandémie est là, mais il n’est pas aussi grave qu’ailleurs. Le gouvernement doit mieux communiquer sur la pandémie, parce qu’il est établi que la seule voie pour protéger les populations, c’est la vaccination. Or, on sait très bien qu’il y a des résistances à la vaccination au niveau des populations. Même dans les grandes démocraties, ce phénomène existe. Malgré ces résistances, le gouvernement doit montrer l’intérêt de se faire vacciner.
Signalons que la Copar regroupe six partis à savoir, le P.r.l (Parti républicain libéral), le C.d.r (Congrès pour la démocratie et la république), le Codema (Congrès des démocrates africains), le M.i.s (Mouvement pour la sauvegarde des intérêts et le salut), le P.c.2.e (Parti congolais écologiste et d’éthique).

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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