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sam 3 décembre 2022
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Concertation politique Owando : ceux qui participent et ceux qui boycottent !

Le plan de concertation politique nationale est, comme dans le passé, bien concocté par le gouvernement. Comme les précédentes, la Concertation politique d’Owando est rigoureusement encadrée. D’abord dans le temps (trois jours, du 3 au 6 mars), dans son ordre du jour (huit points précis) et dans le nombre de participants revu à la baisse à deux cents. Trois plateformes de l’opposition et pas des moindres renoncent à faire le déplacement d’Owando. A la majorité présidentielle, seul le P.c.t a fait entendre sa voix pour saluer l’initiative du gouvernement, mais aucun doute sur la participation des partis de la majorité présidentielle, ceux du centre et des partenaires de l’opposition.

C’est un remake qui prouve que le clivage politique au Congo garde le même contour au sein de la classe politique. D’un côté, on trouve les partis de la majorité, du centre et de l’opposition partenaire et de l’autre, les plateformes de l’opposition dite radicale. La concertation fournit la preuve qu’il y a deux camps politiques qui se regardent en chiens de faïence dans le pays, lorsqu’il s’agit de dialogue. Ainsi, la Concertation politique d’Owando pourra ne regrouper que le premier camp où l’on trouve les partis de la majorité, ceux du centre et de l’opposition partenaire, à savoir l’O.p.c (Opposition politique congolaise) dirigée par le député Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l’U.pa.d.s et chef de file de l’opposition (fonction constitutionnelle), et la Copar (Convention des partis républicains) dont le leader, Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint Eudes, est actuellement membre du gouvernement et des partis comme l’U.d.r Mwinda de Guy Romain Kinfoussia, l’U.r.c (Union pour la restauration du Congo) de Dominique Basseyla. Les institutions nationales, les structures administratives et les organisations conduites par le Conseil consultatif de la société civile étant naturellement représentées. Cependant, dans cette opposition participative, le son de cloche contraire pourrait venir d’Anguios Nganguia Engambé dont le parti, le P.a.r (Parti pour l’action de la république mâ) avait suspendu sa participation à l’O.p.c depuis la concertation de Madingou. L’autre camp, qui ne fera pas le déplacement d’Owando, est celui des partis estampillés comme opposition radicale où l’on trouve des plateformes comme la F.o.c (Fédération de l’opposition congolaise) dirigée présentement par Clément Miérassa qui a succédé à Claudine Munari, le C.p.o.c (Collectif des partis de l’opposition congolaise) que dirige Mathias Dzon. Le F.o.c regroupe trois plateformes :le Frocad (Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique), l’I.d.c (Initiative démocratie Congo) que dirige Michel Mampouya et la C.j.3.m que pilote Jean Félix Demba Ntélo. Dans ce camp du boycott se trouvent aussi des partis comme le Cap (Congrès africain pour le progrès) de Jean Itadi et des organisations de la société civile contestatrices.
Mais, il y a des dissidences, comme on l’avait déjà remarqué à la Concertation de Madingou, en novembre 2020. Le parti de Claudine Munari, le Must (Mouvement pour l’unité, la solidarité et le travail), membre du Frocad, a envoyé un représentant à Owando. Voilà schématiquement les deux camps constitués par les participants et les non participants à la concertation. Chacun des deux camps a ses arguments. Le P.c.t, principal parti de la majorité, «se félicite de cette démarche qui épouse la constance qu’incarne le Président de la République, Chef de l’Etat, qui fait de la concertation politique, un outil d’apaisement à l’approche des échéances électorales. La Concertation politique Owando 2022 est une opportunité supplémentaire qui s’offre au gouvernement de la République, à la classe politique et à la société civile d’échanger sur la gouvernance électorale», indique la déclaration du Secrétariat permanent du P.c.t du 22 février 2022.
Dans le camp des non participants, les arguments sont à l’opposé. Pour le parti Cap, «la Concertation d’Owando ne changera rien à la gouvernance électorale». A la place, il demande «la mise en place d’un vrai cadre d’échanges, préparé unanimement et rationnellement par tous les partis y compris la société civile, afin de débattre des sujets qui minent le pays». Son

président, Jean Itadi, ne veut pas être «complice de la promenade d’Owando». Mathias Dzon y ajoute un autre argument, pour justifier son refus d’y participer. Pour lui, cette concertation ne vise qu’à créer les conditions permettant au Président Sassou Nguesso de se faire succéder par son fils à la tête du pays. En somme, il n’y a rien de nouveau dans la galaxie politique congolaise. A chaque concertation, le même scénario: ceux qui participent et ceux qui boycottent.

Ralph Justin OBILANGOULOU

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