La Concertation politique d’Owando a-t-elle déjà du plomb dans les ailes? En tout cas, l’une des plateformes de l’opposition, la F.o.c (Fédération de l’opposition congolaise), que dirige Clément Miérassa, n’y semble pas la bienvenue. Celle-ci a posé ses conditions: «Libérer les prisonniers politiques et organiser un dialogue national inclusif». C’est ce qu’elle a signifié, jeudi 3 février 2022, à François Lounceny Fall, représentant spécial pour l’Afrique centrale du secrétaire général des Nations unies, lors d’une rencontre à Brazzaville. Mais, déjà, la F.o.c considère la concertation politique comme une mascarade, suivant les propos de son président, Clément Miérassa, au micro de notre confrère, Arsène Sévérin, correspondant de la Voix de l’Amérique.

Venu à Brazzaville pour rencontrer les différents acteurs de la vie politique congolaise et de la société civile, en vue de la tenue de la Concertation politique d’Owando, prévue du 3 au 6 mars 2022, François Lounceny Fall a reçu la délégation de la F.o.c conduite par son président, Clément Miérassa. «Au terme de ces échanges, le président de la Fédération de l’opposition congolaise a remis au chef de la délégation des Nations unies, un document écrit qui est la contribution de la plateforme politique pour la sortie du Congo-Brazzaville de la grave crise multidimensionnelle qu’il connaît voici des décennies. Pour la Fédération de l’opposition congolaise, afin de sortir de cette crise, la bonne solution est politique. Pour ce faire, il est nécessaire et indispensable d’agir avec diligence à la décrispation et l’apaisement, en libérant, par une mesure d’amnistie, les prisonniers politiques et de procéder à l’organisation d’un dialogue national inclusif. Il s’agit là d’une démarche patriotique et un sursaut national pour sauver la Nation en péril», a écrit la F.o.c dans son communiqué de presse publié à l’issue de cette rencontre.
Au regard de sa prise de position, qui considère les concertations politiques comme une mascarade qui ne changera rien à la gouvernance électorale, aucune délégation de la F.o.c ne mettra les pieds à Owando. Au micro d’Arsène Sévérin, Clément Miérassa déclarait ce qui suit: «Ce que je peux dire au stade actuel, c’est que la Fédération de l’opposition congolaise va se retrouver, pour analyser en profondeur cette nouvelle information sur le dialogue à Owando. Nous, on a compris que ce n’était pas un dialogue, mais c’est une concertation. Et à ce propos, je dois vous rappeler les positions de la Fédération de l’opposition congolaise: ces concertations ne sont que des mascarades qui n’ont en rien amélioré la gouvernance électorale. Le souvenir de Madingou est encore vivace. Et Madingou, qui n’a été rien d’autre qu’une concertation du Parti congolais du travail, parti qui, du reste, n’est pas en conformité avec la loi, a abouti à un échec. Il a manqué le consensus qui a fait que plusieurs des participants à ces concertations ont refusé de prendre part à l’élection présidentielle, prétextant qu’on ne pouvait pas aller à une élection dont les résultats étaient connus d’avance.
Est-ce que les choses ont changé? Nous allons examiner ça en profondeur et nous tirerons les leçons. Mais, je dois vous dire, de façon claire, que pour le moment, la Foc a toujours été favorable et se bat et mène le combat pour la tenue, dans ce pays, non pas des concertations politiques destinées fort malheureusement qu’aux questions électorales qui, elles, n’arrivent pas, ces mascarades n’arrivent pas à atteindre les objectifs, la Fédération de l’opposition congolaise se bat pour la tenue effective d’un dialogue national inclusif, tel que le Président Sassou le soutient et l’encourage au Tchad, en République Centrafricaine et en Lybie. Et notre question a été toujours de savoir pourquoi il ne veut pas qu’on parle d’un dialogue national inclusif dans ce pays».

Urbain NZABANI