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Commune d’Ewo (Cuvette-Ouest) : Malgré la modicité des moyens, le maire Simplice Kandza se bat pour la propreté de sa ville

Commune d’Ewo (Cuvette-Ouest) : Malgré la modicité des moyens, le maire Simplice Kandza se bat pour la propreté de sa ville

A l’instar de toutes les municipalités du Congo, la commune d’Ewo, dans le Département de la Cuvette-Ouest, éprouve d’énormes difficultés en matière d’assainissement public. Dans l’entretien que nous avons eu avec lui, le 15 septembre dernier, dans son cabinet de travail, le maire Simplice Kandza a réitéré son engagement à relever le défi de l’assainissement public et contribuer ainsi au bien-être de ses administrés, malgré la crise sanitaire et économique qui continue d’affecter le bon fonctionnement des structures publiques.

* Monsieur le maire, comment se porte la ville d’Ewo?
** D’une manière générale, la commune d’Ewo se porte bien, malgré la morosité économique et la pandémie de covid-19 qui continuent de dévaster le pays et le monde entier. En tout cas, on se bat pour y faire face et continuer à assurer le service public.

* J’ai sillonné la ville et le constat est qu’Ewo n’a plus sa splendeur d’avant. Que se passe-t-il?
**Le problème de l’insalubrité à Ewo est une situation générale qui concerne quasiment l’ensemble des villes congolaises. Donc, Ewo n’est pas une exception en la matière. Il ne s’agit nullement de mettre en cause la pandémie qui est arrivée il y a à peine sept mois. En effet, l’insalubrité est un problème de manque de moyens financiers. Malgré cela, on se lance à bras-le-corps pour maintenir néanmoins le centre-ville propre. Il s’agit de continuer à nettoyer la façade, question de ne pas être en déphasage avec les règles élémentaires d’hygiène. On est là pour ces tâches-là. Donc, même s’il n’y a rien dans les caisses, on peut se débrouiller tant bien que mal à sauver les meubles. Bref, c’est la situation économique du pays qui fait que la commune d’Ewo présente une image aussi terne.

* La commune n’a pas de budget, alors comment procédez-vous pour sauver les meubles?
** Je me rappelle, je n’étais même pas encore maire, le Président de la République avait dit qu’«il faut faire beaucoup avec peu». C’est cette directive que nous cultivons et conjuguons au quotidien. Donc, on ne peut pas croiser les bras et voir la ville être envahie par l’insalubrité. J’ai la chance d’avoir autour de moi des jeunes acquis à la cause de la ville. Même si les budgets ne suivent pas, les jeunes s’organisent à travers les associations pour soutenir l’action du maire de la ville. Leurs initiatives consistent, par exemple, à désensabler les artères, curer les caniveaux, élaguer les arbres qui encombrent les rues, nettoyer la gare routière, etc. Il s’agit, donc, d’un apport énorme qui me conforte de plus bel. Hormis ceux-là, j’ai aussi une quinzaine d’éléments qui se sont s’engagés à me soutenir depuis mon investiture officielle. Ils s’occupent de l’entretien du marché et le ramassage des ordures.
En ce qui concerne les fonds générés par la commune d’Ewo, ils sont très minimes et ne répondent pas aux charges qui sont énormes. En véritable patriote, nous avons accepté d’aider le gouvernement et travailler pour garantir le minimum de conditions de vie aux populations. Car, c’est là notre mission essentielle. Vous savez, ma commune est située à environ 40 ou 45 km du Gabon. Il faut éviter qu’un Gabonais arrivé dans la localité la trouve sale. Ewo est donc sensé donner une belle image du Congo vis-à-vis du Gabon. Nous devons préserver cela jalousement.

* La municipalité d’Ewo dispose officiellement de combien d’agents?
** Officiellement, la mairie d’Ewo n’a pas d’agents. Ici, nous n’avons que des bénévoles, par exemple les quinze éléments dont je vous ai fait état. A l’Etat-civil, par exemple, le maire ne peut pas aller transcrire les actes de naissance ou les copies lui-même. L’entretien du local, il faut aussi du personnel. Ces bénévoles travaillent 5 ou 6 mois. Malgré cette précarité, ils y sont. Il arrive aussi qu’on ait un peu d’argent pour les motiver tant bien que mal. Vu la situation économique difficile du moment, on ne peut pas prendre le risque de remplir la mairie d’agents qui ne seront jamais payés et donner des charges à l’Etat. Même mon cabinet n’est pas du tout pourvu en personnel, conformément au décret qui me nomme. Sur les quatorze prévus, je n’en ai que six.

* Actualité oblige, quelle est votre apport en ce qui concerne la lutte contre la pandémie de covid-19?
** A propos de la covid-19, beaucoup d’actions ont été menées. Sur instruction du préfet, j’ai eu à mettre en place un comité communal de gestion de la pandémie, constitué généralement de l’ensemble des conseillers municipaux et quelques sachants en la matière. Nous avons aussi organisé des campagnes de sensibilisation consacrées au respect des gestes barrières, notamment le port obligatoire et correct du masque, la distanciation sociale et le lavage régulier des mains.
Seulement, la désinfection du marché se fait en dents de scie à cause du manque de moyens. Je profite de l’occasion pour saluer l’initiative des parlementaires de la Cuvette-Ouest qui avaient fait un don important. Ce don nous a beaucoup aidés, en désinfectant régulièrement le marché et même les boutiques.

* C’est dire que depuis le déclenchement de cette pandémie, la mairie d’Ewo n’a jamais reçu un seul don officiel de la part de sa hiérarchie?
** Si à notre niveau, on vous dit qu’il n’y a rien, c’est que la hiérarchie dont vous faites état éprouve elle aussi des difficultés. Et qu’on ne doit pas tout attendre d’elle, car ce n’est pas facile avec la conjoncture économique du moment. Satisfaire toutes les communes du pays, c’est une tâche qui n’est pas du tout aisée.

* Il vous revient de clore cet entretien, Monsieur le maire!
** D’abord vous féliciter, féliciter le journal L’Horizon Africain d’avoir fait le déplacement de la Cuvette-Ouest pour s’enquérir de nos situations. Ça nous va droit au cœur. Je veux encore réitérer que malgré nos maigres moyens de l’heure, nous allons continuer à mouiller le maillot pour satisfaire tant soit peu nos populations.

Propos recueillis par
Hervé EKIRONO

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23 octobre 2020, 04: 06

L’editorial de la redaction

L’ÉDUCATION, LA FORCE ET LA QUALITÉ DE LA SOCIÉTÉ!

Ainsi donc, les élèves congolais ont renoué avec le chemin de l’école depuis le lundi 12 octobre. Après pratiquement six mois et demi d’inactivités (du 1er avril au 11 octobre) dus à la suspension des cours pour cause de pandémie de covid-19. Et la rentrée scolaire intervient sur fond de crise sanitaire, puisque le pays continue de faire face à la pandémie. Avec tout ce que cela induit de conséquences impactant la vie scolaire. Le ministre en charge de l’enseignement en a d’ailleurs informé l’opinion nationale.

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