Avec ses 80 mille habitants, la ville de Nkayi, dans le Département de la Bouenza, quatrième ville du Congo par la taille de sa démographie, connaît de sérieux problèmes de transport urbain. Certains trajets ne sont pas desservis par les taxis, depuis que la ville se développe. Pour pallier à cette difficulté, des triporteurs desservent tous ces trajets moyennant 200F Cfa par passager. Cette initiative fait la joie des populations d’une part, mais elle suscite le mécontentement des chauffeurs de taxis d’autre part. Afin de permettre une concurrence loyale, un protocole d’accord a été signé entre la mairie de Nkayi, le syndicat des transporteurs et celui des taxis-motos.

Le protocole d’accord signé mardi 7 décembre 2021, entre Gaston Mampassi, maire de la commune de Nkayi, Robert Kissambou, président du syndicat des transporteurs, et Aliou Guisse, président du syndicat des triporteurs, fait suite à l’attaque dont a été victime, jeudi 2 décembre, un chauffeur de triporteur répondant au nom de Rolland Kevin Djombi, par un groupe de chauffeurs de taxis au quartier Vouvou, sur l’Avenue Denis Sassou-Nguesso. Suite à cette attaque, le pare-brise du triporteur a été détruit et le commanditaire arrêté et placé en garde-à-vue au commissariat central de police de Nkayi.
Soucieux de la paix dans la ville et de l’harmonie entre transporteurs urbains, Rolland Kevin Djombi alias Sametone a lancé un appel à la confraternité. «Aimons-nous les uns les autres. Je conduis cet engin, parce que pour l’instant c’est ce travail qui me permet de me nourrir. A cause de la haine de la part des chauffeurs de taxis, j’ai failli mourir. Aujourd’hui, mon triporteur, une donation de mon frère aîné, a été caillassé par un groupe de chauffeurs de taxis… Je saisis cette occasion pour lancer un appel au calme et à la bonne collaboration entre nous, les transporteurs de triporteurs et ceux des taxis. Nous sommes là pour soulager ceux qui ne peuvent pas payer une course de taxi à moindre frais», a-t-il déclaré.
Prenant le maire à témoin, il a indiqué «nous nous sommes accordés sur les itinéraires que nous devons emprunter, afin de soulager les populations. Désormais, avec 200 F Cfa, une personne peut se déplacer d’un point à un autre, au lieu de 500 F Cfa, voire 1000 F Cfa».
La signature de cet accord a rassuré les citadins de la ville sucrière. «Depuis que ces triporteurs ont commencé dans notre ville, c’est pour la première fois qu’on voit ça. Merci pour la bonne compréhension qui existe entre tous les transporteurs urbains. Ces triporteurs soulagent et contribuent à l’amélioration des conditions de transport dans la ville», a indiqué Françoise Damba. Pour Jonathan Bakalafoua, «la mairie doit profiter de ces engins pour organiser les trajets de desserte des quartiers. Nous souhaitons l’augmentation du nombre des triporteurs, afin de desservir tout le département».
Il faut signaler que si dans le protocole d’accord, le prix du trajet est fixé à 150 F Cfa, la réalité sur le terrain est que les transporteurs demandent 200 F Cfa aux usagers. Ce qui est contraire aux décisions prises par l’autorité municipale. Un suivi doit être fait pour éviter les comportements véreux. Le triporteur a une capacité de quatre places, en dehors du chauffeur.
«Pour l’instant, nous comptons 11 triporteurs. Nous voulons que le nombre augmente pour que même nos enfants qui vont au lycée puissent emprunter ces triporteurs au lieu d’aller et revenir à pieds. Ceux qui ont les moyens financiers doivent investir dans le secteur, comme l’a fait Mamadou, celui qui fait venir ces engins et les revends sur place à 1.500.000 F Cfa».

Chrysostome
FOUCK ZONZEKA

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