La République du Congo et la Banque mondiale ont mis en place, depuis 2016, le Projet Durquap (Projet de développement urbain et de restructuration des quartiers précaires), destiné à faciliter l’accès aux infrastructures et aux services de base dans les quartiers. Malheureusement, de nos jours, nombreux sont les quartiers de Brazzaville qui ne disposent pas de services publics. C’est le cas des quartiers Ntsiélampo (Sadelmi) et Indzouli, en zone 11 du septième arrondissement Mfilou où les populations sont confrontées au manque de certaines structures publiques comme les écoles et les centres de santé.

Alors qu’un avant-projet du plan local d’urbanisme de Brazzaville a été validé le 23 septembre 2021, dans le cadre du Projet Durquap, la situation des habitants des quartiers Ntsiélampo et Indzouli, à Mfilou, est préoccupante. Les citadins qui vivent dans ces quartiers parcourent de longues distances, pour se rendre à l’école ou dans un centre de santé situé à plusieurs kilomètres de leurs domiciles, dans des conditions difficiles de transport urbain et des routes en très mauvais état. Un véritable calvaire pour les populations de ces quartiers.
Selon des citoyens interrogés, les écoles et les centres de santé de leurs quartiers sont privés. «A Ntsiélampo, nous n’avons qu’un seul établissement de l’Etat, c’est l’Ecole primaire d’Itsali, située à quelques kilomètres d’ici. Nous n’avons pas de collège, ni de lycée publics, alors que Ntsiélampo est un quartier très peuplé aujourd’hui. Avec beaucoup de difficultés, les enfants sont obligés, pour certains, de se rendre au C.e.g de Moukondo ou encore au C.e.g Ngamaba, vers le Camp militaire de la base. Etant donné que tous les parents n’ont pas la possibilité d’inscrire leurs enfants dans les écoles privées, on est contraint de faire avec. Nous demandons aux autorités de penser à nous, car le quartier est vraiment enclavé en ce qui concerne les infrastructures scolaires et sanitaires publiques».
«La Zone 11 du Quartier Indzouli n’aurait même pas eu un tronçon bitumé, n’eut été la présence de ce camp militaire», a déclaré Rostand, propriétaire d’une boutique d’alimentation. «Nous avons l’eau et l’électricité en permanence dans ce quartier. Mais, le véritable problème ici, c’est l’absence totale d’école publique. Les enfants se rendent à l’école primaire et au collège Mayindou, vers la mairie de Mfilou, et au Lycée de la Réconciliation, bravant les risques liés aux accidents de circulation. Nous nous sentons abandonnés, alors que nous sommes une partie de la ville. Si, réellement, il y a un projet de développement urbain de Brazzaville qui puisse exister, qu’il pense à nous. C’est le seul message que je pourrais lancer aux autorités», a-t-il poursuivi.
Signalons que les quartiers précités, situés sur des collines, sont touchés par le phénomène d’érosion et d’ensablement, qui rend l’accès difficile, à cause des constructions anarchiques et des occupations incontrôlées de terrain. C’est la raison qui milite à l’extension du Projet Durquap à ces quartiers, pour les désenclaver.

Roland KOULOUNGOU

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