Dans le souci de doter la ville en infrastructures de base, le gouvernement avait entrepris, en 2009, de bitumer le tronçon de route reliant le Quartier Moukondo, après le rond-point Mazala, à celui de Mikalou, vers le Lycée Thomas Sankara. Seulement, ce chantier, lancé en 2010 et réalisé par la société Andrade, a été abandonné depuis 2014. Le tracé de la voie et les canalisations non achevées ont provoqué des érosions qui ont emporté une école et plusieurs maisons. Même le pont en construction est menacé par les érosions.
La route Moukondo-Mikalou va un tant soit peu soulager les citadins des deux quartiers, si elle est bitumée. Malheureusement, cette initiative pourtant salvatrice s’est vite transformée en cauchemar, car elle est la cause des érosions dans cette partie de la capitale. Le chantier abandonné est devenu l’enfer des populations riveraines. Sur place, des matériaux de construction, non encore utilisés, traînent un peu partout sur le tracé de la voie.
L’Etat n’aurait pas honoré ses engagements face à la société qui était en charge des travaux. «Les travaux de cette route ont été interrompus depuis 2014, par le manque de financement. Le gouvernement n’avait pas versé à la société, la deuxième tranche d’argent nécessaire pour faire avancer le chantier. Les experts sont retournés ici en 2020. On croyait que c’était pour relancer les travaux, mais depuis lors, rien n’a été fait», a déclaré Dutron, un habitant du quartier Mikalou II,
Il faut dire que l’érosion, provoquée par l’abandon du chantier, a déjà sinistré plusieurs ménages et risquerait de faire davantage de victimes, si l’on ne prend garde, comme nous l’explique Mme Solange: «J’ai une de mes sœurs qui vivait juste à côté, avec son mari dont le domicile a été emporté par l’érosion. Aujourd’hui, ce couple se retrouve locataire. Nous avons, à l’époque, un établissement scolaire public non loin, l’Ecole primaire Emeraude, qui ne reste que de nom, car engloutie par la même érosion. Avec l’arrivée des pluies, on s’inquiète sur l’état d’avancement de ce ravin. Que les pouvoirs publics nous viennent en aide. C’est toute cette zone qui est menacée».
Signalons que le pont érigé sur la rivière Tsiémé terre jaune, dans le cadre des travaux de cette route, est menacé par une autre érosion qui risque de couper la circulation piétonne entre les quartiers Moukondo et Mikalou. Le phénomène des érosions est, du reste, déploré un peu partout dans la ville, comme au quartier Itsali, à Mfilou, et à Nkombo, à quelques encablures du C.n.r.t.v (Centre national de Radio et Télévision).

Roland KOULOUNGOU