Pour permettre à la population d’avoir des prix du pain stables, face à l’inflation suscitée par la guerre en Ukraine, grand pays exportateur de blé, le gouvernement a décidé de subventionner l’achat du blé, pour maintenir le prix du sac de farine produit en République du Congo, tout comme il a créé les conditions favorables pour maintenir les prix des produits alimentaires. Ce faisant, l’exportation et la réexportation des produits alimentaires et des intrants agricoles sont formellement interdites. Malheureusement, il se trouve que parmi les commerçants, il y a des contrebandiers qui se livrent à l’exportation de la farine subventionnée dans les pays voisins, où les prix sont élevés, pour réaliser d’importantes marges bénéficiaires. Les services de contrôle du Ministère du commerce, des approvisionnements et de la consommation sont tombés sur certains cas, révélant ce phénomène. C’est un scandale auquel il faut mettre un terme!

Pour juguler l’inflation des prix des denrées alimentaires de première nécessité, en raison de la crise économique et surtout de la guerre en Ukraine, le gouvernement a fait des efforts pour alléger la fiscalité et même subventionner l’achat de certains produits comme le blé. Ainsi, les minotiers peuvent continuer à produire de la farine, en maintenant le prix du sac. Au bout de la chaîne, les consommateurs ont toujours le pain aux mêmes prix. Ils sont ainsi protégés des effets de la crise alimentaire aggravée par la guerre en Ukraine.
Pour qu’il en soit ainsi, le gouvernement a formellement interdit l’exportation et la réexportation des produits alimentaires et des intrants agricoles. Une véritable politique de stabilité que le ministre d’Etat Alphonse Claude N’Silou, ministre du commerce, des approvisionnements et de la consommation, considère comme un facteur de «paix sociale dans notre pays».
Malheureusement, des commerçants véreux, véritables contrebandiers, profitent de la situation favorable ainsi créée pour se lancer dans le trafic d’exporter ou réexporter des sacs de farine produits au Congo, vers des pays voisins où les prix ont augmenté, pour réaliser d’importantes marges bénéficiaires. «Il se trouve que la farine de blé, subventionnée, par le gouvernement, est actuellement vendue en grande quantité sur les marchés des pays voisins», constate le ministre du commerce. Ce dernier va plus loin en précisant que «ce trafic se fait avec la complicité de certains agents congolais de la police, de la gendarmerie, des douanes et du commerce évoluant dans les postes transfrontaliers». Comme quoi, il se passe des choses louches dans les postes frontières.
Comme on peut le percevoir, ce trafic de l’or blanc qu’est devenue la farine par les temps qui courent, a pour conséquence d’annihiler les efforts du gouvernement de maintenir les prix des denrées alimentaires à leurs niveaux connus et provoquer l’inflation par la baisse des stocks de marchandises sur le marché national, à cause de leur exportation vers les marchés des pays voisins où les prix sont élevés. Les conséquences peuvent s’enchaîner, car l’inflation des prix suscite le mécontentement des populations qui peuvent descendre dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol.
Voilà la raison qui commande à ce que le gouvernement prenne de grandes mesures contre les commerçants qui se livrent à ces trafics et leurs complices, les fonctionnaires des services cités, pour dissuader tous les autres pouvant être tentés de réaliser des profits par l’exportation des denrées alimentaires interdits d’exportation. Le ministre du commerce devrait déjà lui-même donner l’exemple, en étant intransigeants avec les fonctionnaires de son département, complices de ce trafic illégal.

Ralph Justin
OBILANGOULOU